Un Dimanche en Lorraine

Balades à Nancy et en Lorraine, photos subjectives et humeurs arbitraires

Inventaire exhaustif des chats lorrains/ «Celui qui monte la garde dans un jardin d’Amance» #12

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Nancy sous les grues

Je vous propose de bien bien savourer la première photo. Parce que, pendant les travaux, vos magasins restent ouverts gna gna gna. Alors.

1°) Ce ne sont pas mes magasins. Ce sont ceux de leurs propriétaires. Si je viens prendre 200 dollars dans la caisse parce que c’est aussi un peu mon magasin, pas sûr que la proprio soit jouasse. Les communicants, là, comme on dit, faudrait voir à pas m’prendre pour une bille.

2°) Pour se changer les idées, c’est bien ce qui est marqué, il faut aller acheter des choses. Si, si, c’est quasiment marqué. C’est pas «venez chercher un truc dont vous avez besoin», c’est carrément se changer les idées. Aller boire un café ou une mousse chez un pote, aller dire bonjour à ta grand-mère, lire un livre, regarder un film, jeter des caillasses sur une permanence d’un grand parti politique au choix (y compris et en particulier le «néo-respectable»), faire de même avec une banque ou une agence de pub, te promener le nez en l’air, dormir sous un arbre au parc, écouter un bon disque, regarder par la fenêtre les gens passer ou causer avec tes voisins, c’est nul. Ça change pas les idées. C’est pas très productif, ni très rentable. Non non non. Ce qu’il faut c’est consommer. Çaaaaaaa c’est bien. Allez, les petit soldats. On va consommer. Zou. A Nancy pas mieux qu’ailleurs, garde les oreilles ouvertes, le cerveau disponible, et file soutenir la croissance. Durable, bien entendu. Infinie, même. Si possible.

3°) C’est quoi ce délire de planquer les grands travaux derrière des grandes palissades? Mais ils font des sacrifices rituels de bébés le soir pour rendre hommage aux actionnaires ou quoi? Cachez-vous pas les gars, hein! C’est quoi? C’est les ouvriers? En plein centre-ville, surtout si y’en a des pas très français et pas très avec des papiers que tu peux surexploiter tranquillou, ça va souiller la vue du bourgeois frileux qu’est le Nancéien traditionnel? C’est quoi? C’est pas ça? Ah j’ai eu peur. C’est pour nous faire une surprise? Ooooooooh c’est gentil ça! Comme c’est gentil! MAIS TE FOUS PAS TROP D’MA GUEULE, MA GUEULE!

Voilà voilà. Faut pas m’faire chier un samedi matin à sept heures, hein.

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Ouais, non, sans rire, ils ont craqué.

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Nancy, le caillon attractif annuel

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L’arbre taquin (Amance)

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Ah oui, j’oubliais…

Amance, là… c’est donc sur une colline, et sur la colline, y’a un plateau agricole, fort utile pour l’agriculture et l’artillerie en 1914, on en reparlera. Et aussi pour les émetteurs. En 2014, un plateau sans émetteur, c’est un plateau qui a loupé sa vie. Amance en a deux, dont un militaire. Amance donne dans la performance!

Allez hop, un petit tour sur le Grand Mont!

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Amance

Comme disait Kansas, c’est un peu la tournée des «Highlights» de ma vallée, hier Blanzey, aujourd’hui Amance. Comme on peut pas tout faire, il manquerait les coteaux d’Amance et Laître, le lavoir d’Amance, le Crany à Eulmont, l’église de Bouxières-aux-Chênes, de la forêt de Brin et l’étang afférent, la Bouzule, Fleufontaine, certains coins du plateau de la Rochette, le Pain de Sucre… ça manque pas de chouettes lieux à voir, par chez moi, et sur une toute petite surface. Ce qui est chouette, c’est que c’est comme ça partout.

Mais comme on était dans une phase de tourisme initiatique, on a bien entendu commencé par les appâts qui font revenir. Ainsi, Amance. Nous faisions visiter à des Mosellans de tout là-bas, là où qu’on n’a jamais été aussi proches de l’Alsace sans jamais autant s’en défendre. Là où on va pourtant volontiers en Alsace et à Strasbourg, et où on ignore superbement Nancy et sa région, qui sont bien, sans aucun doute, «de l’autre côté»; Un autre côté bien plus éloigné que l’Alsace qu’il faut pourtant atteindre en traversant les Vosges du nord.

Les différences culturelles et linguistiques, qui sont jolies et luttent contre l’uniformité lassante d’un monde lisse et efficace, sans une pointe de rugosité, valent montagnes quand il s’agit de les franchir. Mais ça se fait aisément, d’nos jours, savez. Si l’autoroute traverse les Vosges à Saverne en rigolant, on a aussi, tout en y tenant, et tout en défendant nos cultures locales, appris à prendre des autoroutes mentales pour discuter entre cultures différentes, qu’elles soient de Moselle ou de l’autre bout du monde, des cités de Nanterre ou d’un village d’Ardèche. Y’a rien de plus simple, si on y met du sien. Et ces particularités, ces grosses différences que je ne veux surtout pas voir gommées, ça nous fait des trucs à nous raconter et à échanger et à rigoler parfois un bon coup. Sinon on causerait boulot, carrière, performances des gamins, météo, insécurité, propriété privée, impôts et pognon toute la journée, et c’est vraiment pas ça qu’on veut, hein? Quoique la météo, c’est quand même super important.

Moi j’aime bien savoir d’où je suis, et où je suis, connaître mes lettres classiques et aimer mes contemporains dynamitant les lettres classiques. Parce que tout ça me constitue bien, ça me pose les pattes quelque part, sûrement dans une bonne et corpulente contradiction, et cette contradiction, ça me donne un pas solide pour y mettre une porte et la laisser ouverte à qui veut entrer, d’où qu’il vienne. J’ai besoin de mon accent, de mes mots, de mon folklore, de mes particularismes pour mieux m’en moquer, en être heureux et les aimer avec une grande humilité, maîtriser les codes pour jouer avec; j’en ai besoin pour aborder ceux des autres, les écouter, les comprendre, parfois les adopter quand ils me plaisent. Savoir d’où je viens, connaître et aimer mes origines, c’est de là que je peux devenir Serbe ou Lapon demain si je veux, mais sans me perdre dans le reniement, sans brader mon indépendance. C’est aussi de là que j’adopte un Turc ou un Japonais comme un Lorrain à part entière, sans exiger de lui qu’il se perde dans ma propre culture et qu’il se torde pour convenir à mon nombril.

En gros, «viens comme tu es», et on verra après.

J’en ai besoin, de mon local crasse, pour ne pas me perdre dans les globalisations ultra-libérales qui lissent tout au bulldozer, ou les nationalismes/régionalismes exclusifs qui uniformisent tout dans une culture figée qui se prend beaucoup trop au sérieux. Ce ne sont que les revers d’une même médaille qui me déplaît fort.

D’ailleurs, si je voulais faire du mauvais esprit lorrain-nancéien, je te dirais que c’est quand même plus simple d’échanger avec un Afghan ou un Polynésien qu’avec un Alsacien, non? Non? J’ai pas raison? J’ai pas raison?

Sur cet humour badin, et ces considérations qui oscillent entre anarchisme rural autogestionnaire et internationalisme urbain marxiste et prolétarien, rêvant de leur compatibilité, et avant d’aller relire un peu Élisée Reclus pour mettre, c’est un comble, de l’ordre dans tout ça, je vous laisse avec des images du beau village d’Amance au sommet de sa colline.

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En passant, les Mosellans sus-nommés disaient, là-haut: «on n’imagine pas qu’il y a ça à une heure de chez nous, on se croirait dans le Sud, qu’est-ce que c’est dépaysant!». Bah ils pouvaient difficilement me faire plus plaisir. Les gens qui ont encore la capacité de s’émerveiller de tout, de mettre de côté deux minutes leur cynisme (qui peut être marrant et parfois salvateur au demeurant) et de voir de l’exotisme à cent bornes de chez eux, je les aime, globalement. Ce sont les mêmes qui continuent de trouver que c’est incroyable de voler dans un avion, c’est tellement surnaturel de voler, pour un humain, et qui sont excités comme des puces, même si c’est leur dixième voyage dans les airs. Ceux qui au décollage lisent le journal sans sourciller et sans la moindre émotion portent en eux le cadavre putréfié du gamin qu’ils ont été et sont à mon avis dans un état proche de la mort cérébrale, des robots productifs et efficaces, sans épaisseur, sans grain, sans écorchures, sans sueur et sans odeurs. Le bruit et l’odeur, c’est surtout de la vie, quoiqu’en pensent certains pantouflards.

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Groupe d’humains émerveillés à Amance. 2014. Pourvu qu’ça dure.

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In the mood for Blanzey

En même temps, le vieux prieuré de Blanzey sur le côté de Bouxières-aux-Chênes, là, c’est pas bien compliqué d’être d’humeur à y faire un tour, avec sa chapelle et sa crypte à limaces…

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Un coup de vent à Tomblaine (2011)

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En passant par Moulins, hameau de Bouxières-aux-Chênes

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Dombasle en noir & blanc – rives du Sânon

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