Un Dimanche en Lorraine

Balades à Nancy et en Lorraine, photos subjectives et humeurs arbitraires

Une fin de semaine au verger en Meuse

Le verger. Comme (presque) tous les ans, il faut prendre la voiture, et passer là-bas au pied de Bouxières-aux-Dames pour attraper l’autoroute et ho, pas bien loin, sortir à Pont-à-Mousson, traverser la dite ville avec sa grande rue toute étroite pleine de gens qui achètent du pain en double file et c’est rigolo même si ça avance pas, et puis changer de lieu, d’univers, quitter la vallée, monter sur le plateau de l’autre côté, traverser les champs de bataille de 14-18, filer sur Thiaucourt et tourner (en suivant toujours peu ou prou le front) vers Vigneulles, le havre de paix et de verdure blotti sous les belles côtes de Meuse, qui sont magnifiques à l’arrière-saison avec le soleil de plus en plus rasant, de plus en plus beau et expressif, loin du zénith tout plat de l’été. On flirte avec un rond-point, on lève un œil gorgé d’admiration vers Hattonchâtel, on regarde un peu la route quand même, et là, le verger, là tout de suite, avec tout là-bas de l’autre côté des champs pourtant sans fin, la silhouette du Montsec et du TGV. En se disant, putain, qu’est-ce que c’est beau ce coin de Meuse quand même, bordel, toute cette délicatesse et cette poésie, saloperie de chiotte, qu’est-ce que c’est beau, bon dieu! Tout en finesse, quoi. Mais quand ça déborde, l’admiration, que ça submerge, ça s’embarrasse pas trop sur la forme…

Mais c’est qu’il y a des pommes à récolter pour manger tout l’hiver et pour amener au pressoir pour faire du jus en masse: assez, dans l’idéal, pour tenir jusqu’à l’année prochaine. Et cette année a été bonne, puisque ce sont aux alentours de 350 kilos de pommes, qui ce matin discutent avec mes bras courbaturés, que le verger nous a consenti. Merci verger!

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Bataville -2- du dedans

Ceci fait suite à un premier billet qu’on lira ici pour en savoir plus, si on veut bien.

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Du côté où qu’c’est chouette

A Nancy, y’a toujours le long de l’ancienne voie ferrée derrière Longometal et Alsthom, au bout du Faubourg, le long du canal, de très belles choses à voir, gratuitement, comme ça, tout en se promenant, en plein air. Il y avait un moment que je n’y étais pas allé. Et c’est bien de laisser du temps, pour éviter trop de redite. J’aime particulièrement les 3, 9 et 10. Tout ceci est à voir avant les travaux promis, très retardés (et pourvu que ça dure) de route «pénétrante», qui feront qu’il n’y aura absolument plus rien du tout à voir par ici.

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En repassant au Faubourg et à la rue Vayringe

C’est ça mon quartier. Un peu plus Vayringe que III Maisons, mais III Maisons quand même. C’est une question de quartier, d’expériences, de gens, mais de quartier vachement quand même.

A tel point que tu te dis parfois: «tiens, avec ma maison d’aujourd’hui à la cambrousse un peu loin mais pas trop loin, est-ce que j’atteindrai un jour le niveau de Nirvana que c’était de vivre avec les copains dans le même immeuble rue Vayringe?».

Oh bah on va pas commencer à regretter sinon on ne s’en sort jamais, mais juste se souvenir, avec des cœurs ridicules dans les yeux.

Et puis bon. Faut pas être non plus naïf. Le Faubourg s’embourgeoise, se « gentrifie », la mixité tourne lentement, vers des gens qui ont un peu plus les moyens, achètent, cassent des murs, agrandissent. La population change, les vieux, Portugais ou non, finissent par mourir. Le quartier se normalise tranquillement, institutions et promoteurs viennent renifler la valeur ajoutée, notion maléfique s’il en est. Ah mais c’est que ça reste vivant, hein, et spontanément, point besoin d’événements, de happenings ou d’events, pour causer grossier. Rien de tout ça. Mais la roue tourne, le quartier devient plus fréquentable pour les élites culturelles de la ville. Est-ce un mal? Moi, j’ai un regard un peu acide là-dessus, mais ce n’est pas mal pour autant. Qui serais-je pour en juger au-delà de mes propres émotions? C’est un cycle parmi les autres. Le précédent, celui des ateliers, des fabriques et des petites gens se termine, le nouveau, moins populaire, plus branché, arrive. Un autre cycle commence, qui se terminera aussi, sûrement dans un moment, quand je serai vieux.

La seule chose qui est sûre, c’est que sur Terre, si y’a bien un endroit où je suis chez moi, c’est au Faubourg des III Maisons et dans la rue Vayringe, à Nancy. Vaille que vaille…

Avec (deux jours de suite, c’est du vice) des merci aux copains de là-bas, de l’époque parfaite, Pauline, Pascale, Ivar et Lohan. Et merci aussi au(x) lecteur(s) de ce blog, Antoine en particulier, avec qui il fut fort agréable de faire plus ample connaissance hier et de faire un rapide tour du quartier, un peu nostalgique pour moi, mais vite débordé par le comment qu’c’est chouette ici!

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Le Faubourg et ses côtés italianisants.

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La normalisation en route rue Jean Lamour et rue des Glacis. Les promoteurs des nouveaux immeubles à droite ont-ils bien insisté sur le fait que ces constructions sont assises sur l’ancien cimetière de la paroisse Saint-Epvre dont la très grande majorité des sépultures sont toujours là? Pensez-y, nouveaux habitants du Faubourg, quand vous allez à la cave ou dans le garage souterrain… Stephen King n’est jamais loin…

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Au carrefour de la Croix, lieu emblématique du Faubourg, tu trouveras, après un apéro bien senti à La Croix, où on rempli le ballon un peu plus haut que le haut du verre, le restaurant qui paye pas de mine « Le Laissez-nous Cuire », où tu mangeras de bonnes choses, avec un plat plus ou moins unique selon le timing serré du taulier. Sachant que ce sera toujours fort bon, vas-y, c’est bon, mangez-en.

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Moussey/Bataville: l’église

L’usine Bata, ouverte en 1931, fermée en 2001, au fin fond de la Moselle, n’était pas seule. C’était Bataville, autour. C’était une intégration poussée à l’extrême de la vie ouvrière autour de l’usine, par l’usine, et pour l’usine. Oui, on vivait Bata, on naissait Bata, on se mariait Bata, on mourait Bata. Pour l’anecdote, l’église, construite très tardivement, était conçue pour ne pas dépasser la hauteur du moindre bâtiment de production, la religion officielle devant rester le travail et le mérite. Pour les amateurs de jeux vidéo, il y a du Bioshock à Bataville:

«Le jeu prend place en 1960. Le personnage incarné par le joueur, survivant d’un accident aérien en pleine mer, découvre la ville sous-marine de Rapture. Une ville construite par un mégalomane milliardaire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale afin d’y réaliser ses rêves les plus fous de société utopique, loin de toute morale extérieure.» (selon Wikipédia)

Il y a vraiment de ça.

Bataville était au moins jusqu’au début des années 70 un système redoutablement efficace, allant au bout d’un concept mélangeant socialisme utopique, pensée objectiviste et paternalisme. Ce système procurait aux ouvrières et aux ouvriers des conditions de vie indéniablement «idéales» autour du culte de la personnalité du fondateur, Tomáš Baťa, pourtant mort en 1932. Tout ceci génère une certaine idée de «bonheur obligatoire», selon l’expression du réalisateur de Bienvenue à Bataville, François Caillat. Bataville, cité idéale et repliée sur elle-même.

Je ne peux qu’être en admiration et à la fois sourdement inquiet dans un endroit comme ça, pourvoyeur de progrès social (en avance même sur le Front Populaire!) en échange d’une aliénation consentie. J’espère bien faire quelques entretiens d’anciennes et d’anciens de Bata, histoire d’aller toucher ça d’un peu plus près.

En passant, pour avoir organisé la sortie qui m’a beaucoup marqué à Bataville, et probablement me permettre de rencontrer des gens ayant travaillé là, je dois dire un grand merci à Charline J. de Dieuze (qui en passant est capable de transformer mon préjugé sur Dieuze en intérêt: la fameuse idée selon laquelle regarder quelque chose plus de cinq minutes suffit à le rendre intéressant). Merci beaucoup!

On va commencer par l’église, hein, et puis on sortira voir un peu dehors. Ce seront des séries de photos assez sommaires, les conditions (visite en groupe) n’étaient pas idéales -photographiquement parlant, parce que humainement c’était du gros Label Rouge.

J’espère y retourner et peaufiner tout ça.

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La nuit à Vandœuvre (au pied levé)

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Un été sur les crêtes vosgiennes: des bestiaux et des humains

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Un été sur les crêtes vosgiennes

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Histoires du plateau de Malzéville

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Question du jour

Le 11 juillet dernier, je photographiai complètement au débotté depuis une voiture ces gens place Saint-Epvre à Nancy. Depuis, je suis dubitatif. Quelqu’un a une idée sur la question?

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