Lunéville, l’église Saint-Jacques

Je ne sais pas quel est mon problème avec cette église, mais je n’arrive pas à retenir son saint, si je puis dire. Je convoque souvent saint Laurent ou saint Philippe pour la nommer, sans succès. C’est pénible sans avoir non plus un impact décisif dans ma vie. D’autant plus que je n’ai pas d’affection particulière pour elle. Mais enfin, elle est là, j’aurais tort de ne pas la regarder, elle a fait l’effort d’exister, il faut tout de même valoriser ça.

Ah sinon il me reste un peu de pompes funèbres, j’vous les mets ?

Meurthe minimale

Un midi de décembre 2020, je descends de mes hauteurs quotidiennes pour raouer vers les brasseries de Champigneulles. Elles ont longtemps été l’horizon indépassable des mes balades de fin de journée, après le boulot. Alors, la vieille habitude, les souvenirs, la bière, je ne sais pas exactement ce qui m’a attiré là. Mais c’est un beau jour, de ces jours où la lumière est infinie dans un brouillard qui limite tout. Le va et vient entre ces deux sensations me transporte, je ne sais pas si j’ai touché terre. Pas sûr.

Aujourd’hui, dans la chaleur moite d’un juin désagréable, l’hiver me manque plus encore qu’à l’habitude.

Maron, la forêt et les filles

Maron on voit tous. Un grand parmi les bleds de la Boucle de la Moselle (dois-je préciser que tous le sont sûrement?).

La forêt, bon, c’est la forêt de Haye, cet immense massif naturel qui regorge de petits mystères de pacotille et de fonds de forêt magiques et ténébreux.

Les filles, y’en a une je suis pas pour rien dans son existence, l’autre, c’est sa copine.

Et quelque part en face de cette pauvre Marie Chanois et du gouffre des Chiens, avant le carrefour Charlemagne, au-dessus des Chalades, au milieu de tous ces noms énigmatiques qui font la forêt, on se promenait là, avec les filles, à cueillir de l’origan pour l’hiver (et trop tard dans la saison).

Pensez à emmener les enfants dans la forêt, dès que possible. Loin des parcours de santé, loin des sentiers de découverte, loin même des sentiers de grande randonnée. Là où le sentier est flou, là où la forêt domine, là où on a peur d’être heureux, et content d’être inquiet. Au cœur des forêts, là où elles font encore la loi. Là où l’on n’est plus rien qu’un invité à peine toléré…

Dans la boucle de la Moselle à Villey-le-Sec

Dans un autre lieu qu’on nomme réseau social, j’avais chouiné comme quoi j’avais perdu le blog à cause de ma procrastination chérie. Et puis finalement non, l’hébergeur préférant les sous aux règles qu’il édicte. A la bonne heure. Sauf que depuis j’ai rien foutu, fallait bien que je me repose du stress occasionné, tu vois bien. Moi tout ce que j’ai retenu de la startup nation, c’est boire des coups et jouer aux jeux vidéo tu vois. J’ai sélectionné des trucs. Pas con. lever des fonds et bosser, c’est pas pour moi, au-delà du fait que fondamentalement c’est complètement con. Même si ça fait tourner mon blog quand d’autres le font, hein. Mais comme je suis pas le centre du monde et que ce blog l’est encore moins, au pire si ils avaient arrêté de bosser, ça leur aurait fait une respiration et la disparition de cette version d’Un Dimanche en Lorraine aurait changé le monde dans la large proportion de 0,000000. Et puis mine de rien, récupérer le blog sans rien faire, ça m’a déjà pas mal épuisé.

Ouais alors bref. On disait quoi déjà?

Ah ouais. Bah j’ai été traîner à Villey-le-Sec, dans la vallée. C’est toujours aussi chouette. Ça fait 27 ans que je fréquente les lieux. Et je ne m’en lasse pas.

Nancy, faire le combat ordinaire dans les bouts de la ville -1-

Tu me crois ou pas mais Nancy est une ville comme les autres. Ce qui ne me permet pas de comprendre pourquoi elle m’est si chère. Peut-être que j’y ai vécu longtemps? Peut-être que j’aime les zones de confort, qui n’inquiètent que les fuyards et les couards?

Peut-être que j’aime l’endroit où j’ai vécu, indépendamment de la succession des bons maîtres et des débats enflammés à la vacuité appliquée qui continuent à faire sombrer les réseaux sociaux? Peut-être.

Pourtant Nancy est une ville comme les autres. Elle a ses quartiers pourris, ses quartiers chiants, ses quartiers branchés, ses quartiers résidentiels moyens, ses coins rupins. Elle a ses monuments.

Et, ce que je préfère, c’est que dans tous ces endroits intéressants, du plus chiant au plus emblématique et réputé beau comme un camion, il y a des gens qui passent, qui travaillent, qui vivent leur quotidien plus ou moins chouette, plus ou moins épanoui, plus ou moins joyeux.

Et c’est ça qui fait la ville. Le reste, la place Stan, la tour Thiers, les villas de Saurupt et les maisons de Beauregard, le Cèdre et le Tilleul, ce n’est qu’un décor stérile sans intérêt particulier. Le Cèdre est chouette car la nuit on voit de loin les petites lumières aux fenêtres le soir qui sont autant de gens qui font à manger, causent, se disputent, s’aiment, vivent et meurent.

L’Hôtel de ville est chouette uniquement parce que des gens qui se marient en sortent en fanfare sur la place élue monument préféré des Français (qui n’ont que ça à foutre que de plébisciter des tas de cailloux dans des concours biaisés titillant lourdement les fiertés mal placées).

Mais peu importe, ils sortent, les mariés et les mariées, sur la place du gros Stan parfois en fringues tradi néo-conservatrices, d’autres dans des ambiances guinguette un peu trop hype pour ne pas être islamo-gauchistes, d’autres entourés de chants kabyles, d’Afrique centrale ou de Mauritanie.

Nancy, si les gens ne venaient pas la fertiliser depuis coin de la rue ou depuis l’autre bout du monde, elle serait un tas de cailloux et de béton inutile.
Mais comme écrivait un jour un dessinateur messin au style Fluide: «oui mais voilà, il y a les gens…»

Merci les gens, qui donnez un sens, que je l’aime ou non, à ce décor que j’aime, lui, indéfectiblement.

En promenade dans Nancy avec un gens cool (juin 2021)

J’aime bien quand quelqu’un que je ne connais pas me dit dans un commentaire, un MP ou au creux de l’oreille : «Ah bah tiens ça fait un moment que je te suis sur le blog/sur Facebook/sur Instagram (la retape…), on va se promener ou quoi?»

Moi souvent je dis: «bah ouais» et puis on guette Nancy ou ailleurs et je vole le regard de ces yeux nouveaux pour en faire quelque chose ou pas et moi j’aime bien ça. J’ai rencontré des amis, dont deux trois qualitativement irréprochables et éternels (big up Sylvain R., big up Micheline M.), par ce biais. Ce jour-là encore, j’étais avec une personne fort sympatoche qui m’avait dit: «on va se promener ou quoi?».

Ouais, j’ai utilisé «fort sympatoche». Ouais je suis vieux. Ouais j’avais déjà du poil aux pattes (mais pas beaucoup) quand Kurt Cobain s’est flingué. Alors tu vas faire quoi?