J’allais à la rencontre (heureuse) des Hurteloups. Et tu sais quoi? Ils répètent juste à côté de la centrale de Blénod, le soir. Au bout du parking, c’est comme si on pouvait la toucher. Sauf que si tu tends un bras, un trente huit tonnes lancé à fond les ballons sur l’A31 te l’arrache. A une époque je jouais à un jeu de stratégie en ligne. Un gars qui intervenait toujours tard dans la nuit m’intriguait, il avait l’air de connaître le coin. Oui. Il travaillait de nuit à la centrale pour quelques mois, et s’y emmerdait d’ailleurs copieusement. D’où le jeu en ligne. Il me racontait que son Sud lui manquait. Bon, bah moi ça m’a marqué, ça. Voilà.

En arrivant à Loisy (non, je ne fais pas de pub pour Adlersberg. Je ne sais même pas ce que c’est, tiens)

En quittant Loisy, deux heures plus tard.
Dans le bas, là, dans la vallée, il fait une chaleur à crever, de ces chaleurs étouffantes qu’il peut faire en Lorraine, et qui font mieux comprendre le terme « dégradé » dans le terme « climat océanique dégradé ». C’est que nous, il fait pas chaud bronzette comme dans le Sud la journée, puis tiède feu de camp sur la plage le soir, avec la mer qui rafraîchit l’ambiance. Non. Ici, quand il fait chaud, il fait chaud cuisson grill intense, et la nuit, il ne fait pas tiède. Il fait chaud. La mer est loin, point de petite brise nocturne. C’est rude.
Alors il faut trouver des solutions, surtout quand t’as des grand-mères en vacances à la maison. Et des solutions qui sont de bonnes idées à part entière avant même que d’être des solutions, c’est toujours mieux. Parmi elles, il y a grimper à Amance, tout là-haut sur la colline, et se poser (et poser les mamies consentantes) sur le banc sous le cèdre du Liban, sur la terrasse de l’église.

Parce que là, il fait frais. Là, en haut, en face à face avec les Vosges qui font l’horizon lointain, il y a la petite brise. Parce que les branches du vieux monsieur libanais te protègent contre tout. Le jour d’une chute d’astéroïde géant mangeur d’hommes, je me réfugie là, car je ne vois pas ce qui pourrait m’y arriver.

Parce que juste là, sur la motte castrale, à quelques mètres, il fait chaud. Au-delà des branches.

Implacablement chaud, surtout pour des mamies. Il ne faut pas y aller. Il faut rester sous l’arbre inexpugnable.

Si vraiment ça tournait mal, on pourrait même observer ce qui se passe au loin depuis le clocher de l’église.

Mais comme ça se passe bien, on reste là. Sous l’arbre, avec la Lorraine dans le fond.

En attendant de devenir vieux.

Que cette Lorraine, quand j’ai ça sous les yeux, va savoir pourquoi je m’y plais tant.

Quitter Gorze, parcourir le joli vallon dans lequel se cachent les restes de la partie souterraine de l’aqueduc romain

Passer par cette grande réussite du pragmatisme économique le plus savant qu’est Vandières, et tout particulièrement sa gare le long de la ligne du TGV

Voir apparaître la butte de Mousson, bien caractéristique des buttes-témoin de la région

Au pied de la butte, juste au-delà de Pont-à-Mousson, prendre la route qui rejoint l’A31 via Lesmesnils, et siroter la vue sur la vallée de la Seille, qui serpente sans précipitation vers Metz, là-bas