Le Meeting de l’Air à la base aérienne 133 à Ochey (partie 1)

C’est très compliqué. Si tu me lis régulièrement, tu sais que je jouis d’une culture très peu portée sur la patrie, la fierté nationale ou même régionale, et que j’ai grandi, je le revendique, avec l’idée que «j’peux pas encaisser les drapeaux, quoiqu’le noir soit le plus beau» (même si y’a plus trop de haine dans ses seringues). Je me suis formé avec ça, avec tout ce que ça a de bon et de moins bon. Les gens fiers me fatiguent, m’ennuient, me donnent envie de me jeter d’un pont (mais je le fais pas c’est quand même hyper dangereux). Les gens qui savent, ne doutent point, les gens arrogants, les gens qui associent les préjugés, les personnes aux groupes, ça me rend morose. Je me retrouve tellement dans ce qu’écrivait, sous les obus, Louis Mairet en 1916:

«Prenez cent hommes du peuple, parlez-leur de la patrie : la moitié vous rira au nez, de stupeur et d’incompréhension. Vingt-cinq autres nous diront qu’il leur indiffère d’être Allemand ou Français, que le nom ne change rien à la chose, que dans tous les pays les forts vivent sur les faibles, qu’ils ne connaissent pas cette patrie au nom de laquelle on tue, et on meurt, et que la patrie, s’il y en a une, c’est là où l’on vit bien. Le reste, entraîné dans le mouvement individualiste, renie un préjugé qui associe la personne au groupe, qui étouffe son libre développement, qui lui impose le danger, la mort, au profit d’une société de gavés.»

Autant dire que le monde militaire n’est pas mon monde. Autant dire que discipline, service, obéissance, exécution des ordres, sont des choses qui me hérissent. Autant dire que prendre activement le risque un jour de tuer ou d’être tué, les moiteurs viriles, le culte du corps, de la hiérarchie, de la performance, ce n’est pas mon univers. Autant dire que je manie mieux Louise Michel, Elisée Reclus, Stefan Zweig que Joseph de Maistre, Marcel Bigeard, Eric Zemmour.

Mais au final ce n’est pas si compliqué que ça. Ce à quoi je tiens surtout, c’est mon indépendance, ma et notre liberté et ma curiosité. Si je suis proche d’un certain nombre de mouvances, de partis, d’idées, je n’ai jamais été foutu d’adhérer à un syndicat. A un parti. Je n’ai jamais été foutu de signer en bas des feuilles pour me livrer pieds et poings liés aux côtés des copains. Dans un monde idéal, j’aimerais dire à la face du monde: «je ne prends d’ordres de personne, pas même de mes amis». Au-delà des mes tenaces et constantes affinités et haines idéologiques ou politiques, au-delà de ça, il y a le besoin de pouvoir agir librement et de pouvoir envoyer chier proprement mes propres camarades quand ils m’emmerdent avec leurs stratégies et leurs idéaux claquemurés dans un dogmatisme débilitant. Les dogmes sont nécessaires. Pas le dogmatisme. Si j’ai nombre d’amis d’extrême-gauche, voire issus des contrées situées au-delà, si j’ai des amis qui s’en battent le steak de tout, si j’ai des amis modérés, républicains de droite, des amis ouvriers, des amis artistes, des amis militaires, si j’ai même quelques rares amis qui votent et pensent à l’extrême-droite, je l’assume, et je le revendique. Plutôt la mort que l’entre-soi. Plutôt la mort que de laisser les préjugés bouffer les gens, même ceux du camp d’en face. Les gens passent avant tout le reste. Mon vieux copain de CE2 qui est devenu un peu facho, c’est d’abord mon copain de CE2, et pour le reste si on est pas trop con, on s’arrange. Je suis conscient que c’est le confort de vivre en paix, et pour le moment loin des guerres civiles. Quoiqu’en radotent les vieux réacs déclinistes, sûrs d’eux comme du flétrissement de leurs vies dans leurs pavillons de banlieue sous alarme (les gars si vous voulez une vraie guerre civile, je vous paie le voyage en Syrie, au Mali, voire un voyage dans le temps en Yougoslavie, en Algérie, peut-être même une petite incursion dans cette primesautière fin du XVIème siècle dans notre beau pays… vous m’en direz des nouvelles). Peut-être que ça nous pend au nez, peut-être, qui sait? mais quand quinze couillons d’une couleur qui vous fout la chiasse brûlent une voiture de prolo ou une médiathèque de quartier à [random]-sur-Yvette, c’est pas une guerre civile, les gars, c’est juste de la connerie; strictement de la bonne grosse connerie velue. Revenez sur Terre…).

Alors c’est quoi cette fascination que j’ai depuis toujours pour les guerres, les faits militaires et leur histoire, quel que soit l’angle d’attaque? Que le sujet soit les militaires, les civils, les opérations, l’expérience des combats côté civils, côté combattants, la sociologie des corps armés, les conséquences sociales, artistiques, l’histoire particulière des femmes dans les conflits, celle des enfants, les révolutions technologiques, médicales, sociales, artistiques liées aux conflits, le matériel, les sons, les odeurs, les bourreaux, les victimes, les animaux dans la guerre, l’écologie des conflits, l’homosexualité au front, les lettres, témoignages, récits de tous poils, de toutes époques… Pourquoi je me sens fondamentalement proche de tout ça? Pourquoi je suis tout ouïe et pourquoi je ressens une telle proximité avec quelqu’un qui raconte modestement (les arrogants et les fieraillons de tous bords méritent simplement le mépris le plus souverain) son expérience de la guerre? Si proche des familles de réfugiés venus de pays en feu avec lesquelles je travaille? De cet ami soldat qui a fait des séjours au Tchad, au Mali, en Afghanistan et tient un discours que j’ai pourtant en horreur alors qu’il me passionne ? De ce gars que je fréquentais il y a longtemps dans les concerts punks, qui s’est engagé par dépit, qui a été blessé en Côte d’Ivoire, infirme à vie, et qui n’a pas eu un mot de sympathie des anciens copains de concert qui l’avaient oublié? lui, notre bon vieux camarade, considéré comme un traître avec l’infamie du kaki tatouée sur le front ? alors que c’était juste une jeune gars paumé, et que surtout c’était avant tout notre vieux pote tellement au bout du rouleau, ce vieux pote du fin fond du prolétariat dont la porte de sortie, même bancale, s’était finalement révélée la perte de l’usage d’un membre et du désir de vivre ? Pourquoi je dévore les carnets de combattants, qu’ils soient froids, distancés, militants, patriotes, pacifistes avec la même ferveur ? Pourquoi je peux lire Ernst Junger comme Henri Barbusse, avec le même feu de connaissance des âmes, et la même tendresse pour les auteurs ? Pourquoi je dévore les récits de civils écrasés dans la tourmente ? Pourquoi je n’ai d’oreilles que pour ces amis qui me racontent leur périple d’enfants pendant la guerre Iran-Irak pendant que je regardais le Club Dorothée, leur vie d’enfants et d’adolescents sous les bombes de l’OTAN à Belgrade ou à Subotica en 1999 ? Pourquoi j’écoutais hypnotisé le récit de cet enfant soldat rwandais arrivé très esquinté dans un foyer où je travaillais y’a des lustres? Pourquoi je lis les ouvrages recherchant à comprendre les bourreaux, pourquoi je me tiens loin des jugements moraux faisant des saints et des démons? Si tu ne comprends pas comment ça fonctionne, la «Shoah par balles», si tu ne demandes pas à ton cerveau pourquoi et comment le groupe, le collectif, les idéaux peuvent imposer à l’individu le pire comme le meilleur, si tu sanctifies les victimes et repousses toute tentative de compréhension du bourreau (big up Manuel Valls et le père Desbois, même si le second par son travail vaut mille fois le premier), si tu ne cherches pas à comprendre ce qui se passe, bordel, chez un Salah Abdeslam, un Torquemada ou un Ratko Mladic, bon dieu, comment tu veux lutter contre les futurs eux ? Tu rates simplement la moitié du problème. (oui oui, j’ai bien aimé la série Mindhunters, bah oui).

Plus jeune, ayant déjà mes idées de liberté, d’indépendance, et d’internationalisme, pour le dire de manière brouillonne, je n’assumais pas toutes ces questions, ni cette attirance. Ça pouvait me rendre agressif et incohérent. Et puis on évolue, tranquillement on fait son chemin. Comme à l’époque, je n’assumais pas de réaliser mon attachement et ma tendresse à la Lorraine. Et puis un jour j’ai compris que je n’étais pas fier. Mais attaché. Tendre. Content. Serein. J’ai accepté de même mon intérêt pour des choses que je réprouve à une autre échelle, sur un autre plan, comme les avions de guerre, l’industrie lourde qui a bousillé la planète, l’agriculture industrielle qui l’empoisonne.

Peut-être parce que, justement, je ne me fixe pas de frontières, dans un premier temps. Comme je n’ai signé en bas d’aucune feuille, que je ne suis qu’un compagnon de route, que ma route suit celle de certaines valeurs de longue date, et la route d’autres compagnons de route dont l’importance est fondamentale, encartés ou pas, en tous cas les gens, encore, avant tout. Et puis, j’ai suffisamment confiance en ma morale, en mes valeurs propres, pour avancer à tâtons au gré des rencontres, de ce que la vie, dont je ne maîtrise pas grand chose et que je ne tiens pas plus que ça à maîtriser me balance au travers de la gueule au fur et à mesure que le temps se déroule dans mes cellules. Je n’ai pas peur. C’est peut-être là le premier nœud que je veux garder fermement serré. Le second, eh bien… je suis finalement tellement étranger par nature et par formation à toute cette foutaise d’armée, d’honneur, d’héroïsme et de frontières sur les cartes et dans les têtes que rien ne peut m’attirer plus que ça. L’inverse de mon idéal est ce qui me passionne, car je suis curieux. Comment ne pas passer sa vie à essayer de comprendre ce qu’on ne comprendra jamais? Le délice, la volupté et toute la douceur d’une entreprise interminable et vouée à l’échec. Comprendre les gens. Les choses faisables et achevées me font chier, je crois.

Car avant et après toute discussion, toute explication, comme écrivait un jour Yan Lindingre dans un trivial statut Facebook: «oui mais il y a les gens». Les expériences humaines et les rencontres qui nous modèlent comme-ci ou comme ça. Et la curiosité de savoir, et de percevoir chaque univers intime, d’une richesse toujours infinie, univers sans limites, qui peuple, parfois malgré lui, chaque être humain. Qu’il soit victime ou bourreau. Qu’il soit un héros ou un salaud. Souvent un peu des deux. En me souvenant de cet arrière-grand-père héros de «bataille du rail» à la ville, ayant sauvé maintes vies au péril de la sienne, et pourtant un affreux salaud tyrannique, incestueux et violent dans son foyer.

C’est pour ça que je sais parfaitement où est mon camp, mais qu’on ne me le fera pas choisir contre les humains. C’est pour ça que rien ne me prouve que mes idéaux soient justes, bons ou meilleurs que d’autres. Mais c’est aussi pour ça que malgré tout, je suis prêt à beaucoup pour les défendre. Même si je n’ai aucun espoir qu’ils soient réalisables. Ils sont un carburant avant tout, sûrement pas un objectif à atteindre à tous prix. Si je ne devais retenir qu’une seule citation du fameux 1984 d’Orwell:

«Je hais la pureté. Je hais la bonté. Je ne voudrais d’aucune vertu nulle part. Je voudrais que tous soient corrompus jusqu’à la moelle.»

Autrement… les gens, la curiosité et l’autodérision. Ma Sainte Trinité à moi. Peut-être aussi un peu ma meilleure défense contre la tentation de faire du noir et du blanc, ma meilleure arme pour nager avec bonheur dans ce monde tout en nuances de gris.

Tout ça pour dire que j’ai toujours adoré les avions, de préférence bruyants, les voir gueuler et les sentir puer me ravit, et je me sens bien sur une base aérienne. Aimer une machine et haïr son usage. En jouir et les admirer, alors que si demain on me donne le pouvoir de tous les clouer au sol et de les faire fondre sur place avec toutes leurs munitions et leur putain de kérosène destructeurs, je signe dans la seconde. Alors que si demain on me permet de convaincre tous les militaires de déserter et devenir des cultivateurs zadistes je fournis même le stylo pour signer. Et merde. Qu’est-ce que j’en ai à foutre que ce soit paradoxal? J’ai passé une excellente journée et c’est tout. J’ai vu voler un Typhoon et ça m’a plu. J’ai revu des 2000D en plateau et j’adore ça. J’ai observé la patrouille de France pour la millième fois avec un sourire en coin, en me disant pour la millième fois: bravo pour la performance irréprochable, c’est foutrement impressionnant, mais quand même, c’est décidément too much pour moi: les machines m’intéressent plus que les symboles.

Il n’y a qu’une chose, dans toutes ces photos, qu’une chose qui me met très mal à l’aise et contre laquelle ma Sainte Trinité ne peut rien: celles où l’on voit des enfants auxquels on fait tenir en main des armes de guerre, et auxquels on explique leur fonctionnement comme si c’était une scie sauteuse, et qu’il n’y avait pas d’autre implication. La cible, l’objectif, l’ennemi, dit le gars qui présente les tromblons. Bref, la personne que tu vas tuer. Qui va mourir par ta main. Bref, tout un univers infini que tu vas éteindre. Ce serait plus clair. Et merde, laissons aux moins les enfants en dehors de nos turpitudes d’adultes.

Putain, ça y est, c’est bon? Je me suis assez justifié d’être allé au meeting aérien à Ochey hein? On dirait un socialiste, pas trop convaincu lui-même, qui essaye péniblement de donner une explication altruiste à son passage la queue entre les jambes au camp de notre petite fadaise crotteuse de président.

Et tout ça pour quelques photos même pas sensationnelles. Hé, hein.

Si tu fais rien ce week-end…

Salut!

Si tu veux, je suis au P’tit Baz’Art ce week-end. Genre demain de 10H à minuit, et dimanche 14H-20H. Site Alsthom à Nancy, 50 ru Oberlin.

Comme j’avais pas trop de temps devant moi et qu’en plus, vu que je bosse de nouveau avec des enfants j’ai BIEN ENTENDU chopé ce petit virus pénible qui te retourne l’estomac en huit, je serai là un peu en touriste. J’expose avec le fameux Sylvain Raybaud, dont tu as entendu parler forcément si tu suis Un Dimanche en Lorraine depuis un moment. J’espère juste que je serai pas trop mal en point et que je tiendrai le stand sur la durée indiquée ci-dessus. De mon côté ce sera photos locales principalement, accrochées avec des jolies pinces à linge parce que j’avais pas vraiment le temps de prévoir des vrais supports. Mais Sylvain, lui, il a prévu des belles choses.

Voilà, faut passer, ce sera l’occase de te causer et de te serrer une pogne et tout ça.

Ah! Tu pourras nous trouver à l’emplacement 18.

A y est.

Rompez.

(pas trop fort quand même)

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Les mauvais jours finiront (Nancy)

Juste vite fait, pour dire que je suis plus que jamais content, heureux et reconnaissant d’être Lorrain, dans cette Lorraine pour laquelle j’ai une tendresse infinie et si intime. Cette Lorraine que j’adore quitter, et dans laquelle j’aime plus encore revenir. Cette Lorraine pleine de gens très chouettes, Lorrains ou non, qui la font bouger, penser, changer, créer, imaginer, tout en sachant jouer avec ce qu’elle est, et ce qu’elle a été, et qui, par le mouvement de cet air frais, la respectent et l’aiment. Cette Lorraine pour laquelle j’ai aussi la critique facile, parce que l’autodérision c’est sain comme pas deux, ça décrasse le cerveau, et parce que j’aime rire en général, et surtout de moi et des miens.  Et aussi, comme dit par le passé, être heureux d’être Lorrain, savoir que je suis d’ici par mes racines, pour avoir un chez moi, donc une porte à ouvrir, une lumière au portail les nuits d’hiver, et un bol de ragoût (que soit avec ou sans lard, avec ou sans viande) toujours au coin du feu pour l’étranger de passage, qui se serait perdu, qui serait loin de chez lui, et qu’il faudrait accueillir. Quand on a la chance d’avoir un chez soi, de se sentir chez soi quelque part, on devrait comprendre d’autant mieux ce que ça doit être d’être arraché à son univers, et tendre la main, toujours.

Et que je laisse aux « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » la fierté, le désir morbide d’une identité culturelle imaginaire figée dans les musées; je leur laisse aussi le patriotisme et le nationalisme (qui sont, certes, deux choses différentes, mais que je n’aime ni l’une ni l’autre), la pureté, et la race. Je laisse ça aux Lorrains immobiles et terrorisés, qui ont peur de leur ombre et ne croient pas en la force et en la beauté de la Lorraine, qui ne semblent pas imaginer d’avenir pour elle. Qui la font crever en voulant l’empêcher de vivre et de créer, d’évoluer et de causer, ces gens ennuyeux et honnêtes qui préfèrent les natures mortes aux jardins qu’on cultive lentement et avec confiance; ces jardins bien vivants qu’on peut voir changer doucement depuis des siècles, au rythme des saisons, lovés dans leur terre immuable, mais qui n’est rien sans le rythme des oiseaux migrateurs et des insectes activistes qui ont la bougeotte, qui emmènent de nouvelles plantes, qui régénèrent, qui fécondent. Je laisse tous ces Lorrains qui aiment les animaux morts et empaillés, qui s’accrochent à leur culture hors sol qu’ils gardent sous clé, et surtout, qu’ils ne partagent en consanguins des idées qu’avec les gens comme eux.

Et tiens, en effet, qu’ils restent entre eux, et fassent un club avec ces autres qui vénèrent le Marché, qui veulent tout marchander, tout vendre, tout communiquer, tout mettre en vitrine, tout transformer en produits lisses, monnayables et consensuels, et qui salissent tout ce qu’ils touchent. Et qu’ils nous foutent la paix, et vu qu’ils s’aiment pas, qu’ils s’étripent entre eux jusqu’au dernier, dans leur club de cons.

Nous, on a une vie à vivre, et un avenir à continuer d’inventer pour le pas de notre porte et le reste du monde. Bref, on a encore beaucoup de boulot.

 

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Fumier d’hiver sous Blanzey

Comme je ne mets qu’une photo comme ça, pour dire que, j’en profite pour te parler de plusieurs choses. 

Par exemple, je te rappelle qu’il y a une page Facebook pour un Dimanche en Lorraine: www.facebook.com/dimanchelorraine

Je te rappelle aussi que je fais commerce de mes talents, à défaut de charmes, et que tu peux trouver comme un best of de mon travail hors thématique lorraine sur cette page: www.facebook.com/daduphotos

Bon, pis tu connais les coutumes locales sur Facebook, hein, tu cliques sur « j’aime », tu fais partager à plein de gens qui font pareil, et après les encore autres gens qui viennent sur la page, ils croient que je suis top célèbre et ils me font confiance et je les dépouille.

Sinon j’ai ajouté quelques liens dans la colonne de droite, avec par exemple Attache tes lacets, qui va te causer d’explorer des trucs un peu abandonnés, mais dans un esprit de ballade et de simplicité, loin du culte de l’adrénaline et du toujours plus grand toujours plus fort toujours plus audacieux qui semble s’emparer de cette activité depuis qu’elle est à la mode, et que le culte de la performance a remplacé les vertus de l’émerveillement.

Y’a aussi depuis un moment, mais je voulais t’en causer, As-tu déjà oublié, qui va te parler d’architecture moderne, en gros des années 50 aux années 70, sans te prendre ni pour un demeuré, ni pour un savant, avec des sources fiables, un discours malin comme tout et une documentation de qualité.

Enfin, des gens basés à Dombasle, L’Atelier Vert: des gens bien, avec des projets bien, et même un Festival Sauvage, et plein de nature(l). C’est dire. Il faut aller faire un tour sur leur site, tu sais.

Je te parlerais bien de Renov’Outils à Neuves-Maisons, des pépiniéristes Rougieux de Lanfroicourt, du refuge SPA d’Amance ou du carrossier de chez moi, mais là, ça devrait faire l’objet de billets complets dans les temps à venir avec des photos et tout le bastringue, alors hein…

Sur ce, merci de ton attention, et bonne journée, sous vos applaudissements.

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Rentre dans la boutique, tu vas prendre froid.

Oh bah tiens, je mets en ligne un site professionnel, dis-donc.

Ça fait un an que je dois le faire. Mais j’étais occupé à faire des photos et à avoir pas le temps (pas l’envie? Allons donc…)

J’suis super content du machin, hein, mais comme je suis un peu réservé comme garçon, ça me fait bizarre, j’ai l’impression de me foutre à poil. En plus, je déteste vendre des trucs, mais d’un autre côté, j’aime quand même gagner de l’argent pour m’acheter de la bière et du lard, et aussi payer mes factures.

Du coup, on va pas se mentir, c’est quand même un outil dans cette idée. J’ai essayé de rester très sobre, parce que les démarches clinquantes, même dans le ton du jour, c’est pas forcément trop mon truc. Et que c’est déjà un gros effort pour moi que d’appeler une rubrique «prestations». Tu vois le niveau. Jusque là c’était chouette d’en délivrer en n’utilisant ce mot que dans le secret complice, doux et moite des devis et des factures.

Sinon, y’a aussi une rubrique «actualité» qui sera un petit blog pour vous tenir au courant des choses que je fais. Ah, et puis les galeries qui montrent mon travail et servent à appâter le chaland (c’est toi, ça), mais qui me permettent aussi d’organiser les clichés. Et puis des tas d’autres bidules, comme une bio, un genre de de CV en expo et publications etc… bref, un outil qui me va bien. J’ai fait le truc tout seul, hein, et concevoir des sites, c’est extrêmement pas du tout mon métier. Y’a encore quelques trucs bancales, y’a encore beaucoup de matériau à apporter, quelques mentions légales manquantes (ah, le SIRET, mon ami le SIRET) et une ou deux rubriques supplémentaires feront sûrement leur apparition, comme une boutique et des liens chiadés vers chez les copains parce que sans les copains, hein, rien ne vaut la peine d’être vécu.

Autant à terme ce site risque de modifier ma pratique vis-à-vis de Chouette c’est le week-end et Tribute To the Old School, et de faire disparaître En Attendant Mieux, autant Un Dimanche en Lorraine, c’est ma cour de récré, ma cabane au fond des bois, ma grotte de sûreté, mon édredon, mon doudou, mon petit truc à moi, et je n’y toucherai pas.

Je ne saurai pas quoi vous dire de plus, à part «rentre dans la boutique, tu vas prendre froid».

LE LIEN DU SITE PROFESSIONNEL QUI RUTILE AU FIRMAMENT:

www.daduphoto.fr

 

Et maintenant, un peu de musique pour se remettre. Voulez-vous?

 

 

Information informative

Y’a quelques nouveaux liens à droite, là. Pas trop mais un peu.

Y’a aussi une nouvelle rubrique «Hall of Fame». A droite aussi. C’est moche mais c’est comme ça.

Elle contient des noms de gens que je connais, et des noms de gens que je ne connais pas. Mais c’est toujours un hommage. A un moment donné, c’est dur de pas dire merci.

Bien entendu, c’est un premier jet, et ça s’étoffera lentement avec le temps…

Revenons aux choses auxquelles on veut revenir

Après ce scandaleux billet d’aujourd’hui dans lequel je t’expliquais comment je sais tout mieux que tout le monde grâce à mon goût incroyable, revenons aux trucs chouettes. Comme par exemple des gens à aller voir à la Biennale de l’image de Nancy, et il te reste que demain, dimanche, ça va être chaud. Sinon tu peux aussi suivre ce qu’ils font sinon, hein. Ça empêche pas.

Alors.

Isabelle Chabot. Une série sur des gens dans leur jus, un peu comme toi et moi, leur jus de quartier, de «grand ensemble». Avec quelques paroles sur leur quartier, et puis quelques paroles sur ce que serait «ailleurs» pour eux. Ça ressemble à ce que j’aime bien faire. C’est pour ça, sans grande originalité de ma part, ça m’a beaucoup causé, ces portraits dans le quartier, toujours couplés avec une photo du quartier. Et puis y’a du texte, et moi, souvent, les photos sans texte, j’ai du mal de me concentrer réellement, je dois être un peu scolaire.

C’est pour ça que Vera Fon Sing. Alors là aussi, bon dieu, c’est chouette. Portraits intimes de personnes séropositives à Maurice, et récit de leurs espoirs, de leurs souffrances, de leurs regrets, de leurs joies. J’ai entendu dire par des visiteurs que c’était plombant. Moi je le trouve relativement heureux, ce travail, en particulier à la lecture du bouquin idoine. Il renferme plein de bouts de l’idée, tant dans le texte que dans l’image, que les gens vivent malgré tout, et malgré la gabegie des pouvoirs publics et de la société à Maurice à leur égard. Qu’ils vivent malgré tout, et même s’ils en crèvent aussi. C’est très très chouette.

Du coup, j’ai beaucoup aimé Irène Jonas, qui parle dans des images très dures et très tristes, mais aussi extrêmement courageuses, de l’agonie de son père, à l’hôpital et chez lui. Jusqu’au bout. Quand tu l’as pas vécu, c’est peut-être plus compliqué à aborder. Voire dérangeant. Insupportable. Mais si tu es passé par là, tu sais la dose d’amour désespéré qu’il faut pour faire ces photos, prises au sein d’un univers gris, aseptisé en surface, terriblement angoissant dans le dedans, un univers dans une apesanteur morbide, un temps aux nuit sans fin, et où tous les matins semblent un répit, une renaissance, une victoire temporaire et douloureuse, et une nouvelle épreuve en attendant la fin. Voilà comment je vis ça, comment ces images vont alpaguer des choses au cœur de mes souvenirs de ça. Peut-être aussi que si tu l’as vécue et suivie ainsi, cette mort d’un proche, tu n’as pas envie de la revoir. Ça peut aussi être une réaction. Compréhensible. Et preuve de la force de ces photos…

Olivier Brossard. Plus succinctement, une belle série sur la route, vaporeuse et inspirante. Peu de choses à dire, on entre là dans des impressions que je maîtrise mal. Mais ça donne envie d’écrire.

Jacques Desablens a donné une série très violente sur de gros plans de destruction d’immeubles à la pelle mécanique. Avec une foule de détails poignants. Parce que je suis un peu sensible quand un bâtiment est détruit, et rapidement ému. C’est comme ça, ça doit avoir un lien avec des trucs au fond de mes tripes, une fois encore, un lien qui me reste inconnu. Ou en tous cas informulable.

Je n’oublie pas Christophe Hargoues avec une très chouette série de transports, mais de transports en déroute, de longs transports, et des endormissements, des plongées individuelles qui s’ensuivent. Tu prends de longs trains, la nuit, ou de courts trains, mais aussi la nuit, et tu vois tout ça dans tes impressions. Ça dégouline. Le train de 0H01, qui me ramenait chez moi, à une époque, après le travail. Pendant trois mois. J’y pense immédiatement, à ces trente-cinq minutes de somnolence, et la vision de mes rares congénères en apnée, les yeux vitreux. Voilà, même si ce n’est pas exactement ce dont il cause, c’est à ça que je pense. On fait avec ce qu’on a.

Globalement, c’était plein de trucs chouettes (comme Jean-Charles Thomas), et c’était bien.

Regarde. Lis. Sinon.

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Voilà. Maintenant que je vous ai causé des autres qui m’impressionnent, je vous invite dès demain si j’ai envie à revenir lire et voir un billet un peu moyen, sûrement très égocentrique et assurément auto-satisfait.