Si tu fais rien ce week-end…

Salut!

Si tu veux, je suis au P’tit Baz’Art ce week-end. Genre demain de 10H à minuit, et dimanche 14H-20H. Site Alsthom à Nancy, 50 ru Oberlin.

Comme j’avais pas trop de temps devant moi et qu’en plus, vu que je bosse de nouveau avec des enfants j’ai BIEN ENTENDU chopé ce petit virus pénible qui te retourne l’estomac en huit, je serai là un peu en touriste. J’expose avec le fameux Sylvain Raybaud, dont tu as entendu parler forcément si tu suis Un Dimanche en Lorraine depuis un moment. J’espère juste que je serai pas trop mal en point et que je tiendrai le stand sur la durée indiquée ci-dessus. De mon côté ce sera photos locales principalement, accrochées avec des jolies pinces à linge parce que j’avais pas vraiment le temps de prévoir des vrais supports. Mais Sylvain, lui, il a prévu des belles choses.

Voilà, faut passer, ce sera l’occase de te causer et de te serrer une pogne et tout ça.

Ah! Tu pourras nous trouver à l’emplacement 18.

A y est.

Rompez.

(pas trop fort quand même)

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Les mauvais jours finiront (Nancy)

Juste vite fait, pour dire que je suis plus que jamais content, heureux et reconnaissant d’être Lorrain, dans cette Lorraine pour laquelle j’ai une tendresse infinie et si intime. Cette Lorraine que j’adore quitter, et dans laquelle j’aime plus encore revenir. Cette Lorraine pleine de gens très chouettes, Lorrains ou non, qui la font bouger, penser, changer, créer, imaginer, tout en sachant jouer avec ce qu’elle est, et ce qu’elle a été, et qui, par le mouvement de cet air frais, la respectent et l’aiment. Cette Lorraine pour laquelle j’ai aussi la critique facile, parce que l’autodérision c’est sain comme pas deux, ça décrasse le cerveau, et parce que j’aime rire en général, et surtout de moi et des miens.  Et aussi, comme dit par le passé, être heureux d’être Lorrain, savoir que je suis d’ici par mes racines, pour avoir un chez moi, donc une porte à ouvrir, une lumière au portail les nuits d’hiver, et un bol de ragoût (que soit avec ou sans lard, avec ou sans viande) toujours au coin du feu pour l’étranger de passage, qui se serait perdu, qui serait loin de chez lui, et qu’il faudrait accueillir. Quand on a la chance d’avoir un chez soi, de se sentir chez soi quelque part, on devrait comprendre d’autant mieux ce que ça doit être d’être arraché à son univers, et tendre la main, toujours.

Et que je laisse aux « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » la fierté, le désir morbide d’une identité culturelle imaginaire figée dans les musées; je leur laisse aussi le patriotisme et le nationalisme (qui sont, certes, deux choses différentes, mais que je n’aime ni l’une ni l’autre), la pureté, et la race. Je laisse ça aux Lorrains immobiles et terrorisés, qui ont peur de leur ombre et ne croient pas en la force et en la beauté de la Lorraine, qui ne semblent pas imaginer d’avenir pour elle. Qui la font crever en voulant l’empêcher de vivre et de créer, d’évoluer et de causer, ces gens ennuyeux et honnêtes qui préfèrent les natures mortes aux jardins qu’on cultive lentement et avec confiance; ces jardins bien vivants qu’on peut voir changer doucement depuis des siècles, au rythme des saisons, lovés dans leur terre immuable, mais qui n’est rien sans le rythme des oiseaux migrateurs et des insectes activistes qui ont la bougeotte, qui emmènent de nouvelles plantes, qui régénèrent, qui fécondent. Je laisse tous ces Lorrains qui aiment les animaux morts et empaillés, qui s’accrochent à leur culture hors sol qu’ils gardent sous clé, et surtout, qu’ils ne partagent en consanguins des idées qu’avec les gens comme eux.

Et tiens, en effet, qu’ils restent entre eux, et fassent un club avec ces autres qui vénèrent le Marché, qui veulent tout marchander, tout vendre, tout communiquer, tout mettre en vitrine, tout transformer en produits lisses, monnayables et consensuels, et qui salissent tout ce qu’ils touchent. Et qu’ils nous foutent la paix, et vu qu’ils s’aiment pas, qu’ils s’étripent entre eux jusqu’au dernier, dans leur club de cons.

Nous, on a une vie à vivre, et un avenir à continuer d’inventer pour le pas de notre porte et le reste du monde. Bref, on a encore beaucoup de boulot.

 

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Fumier d’hiver sous Blanzey

Comme je ne mets qu’une photo comme ça, pour dire que, j’en profite pour te parler de plusieurs choses. 

Par exemple, je te rappelle qu’il y a une page Facebook pour un Dimanche en Lorraine: www.facebook.com/dimanchelorraine

Je te rappelle aussi que je fais commerce de mes talents, à défaut de charmes, et que tu peux trouver comme un best of de mon travail hors thématique lorraine sur cette page: www.facebook.com/daduphotos

Bon, pis tu connais les coutumes locales sur Facebook, hein, tu cliques sur « j’aime », tu fais partager à plein de gens qui font pareil, et après les encore autres gens qui viennent sur la page, ils croient que je suis top célèbre et ils me font confiance et je les dépouille.

Sinon j’ai ajouté quelques liens dans la colonne de droite, avec par exemple Attache tes lacets, qui va te causer d’explorer des trucs un peu abandonnés, mais dans un esprit de ballade et de simplicité, loin du culte de l’adrénaline et du toujours plus grand toujours plus fort toujours plus audacieux qui semble s’emparer de cette activité depuis qu’elle est à la mode, et que le culte de la performance a remplacé les vertus de l’émerveillement.

Y’a aussi depuis un moment, mais je voulais t’en causer, As-tu déjà oublié, qui va te parler d’architecture moderne, en gros des années 50 aux années 70, sans te prendre ni pour un demeuré, ni pour un savant, avec des sources fiables, un discours malin comme tout et une documentation de qualité.

Enfin, des gens basés à Dombasle, L’Atelier Vert: des gens bien, avec des projets bien, et même un Festival Sauvage, et plein de nature(l). C’est dire. Il faut aller faire un tour sur leur site, tu sais.

Je te parlerais bien de Renov’Outils à Neuves-Maisons, des pépiniéristes Rougieux de Lanfroicourt, du refuge SPA d’Amance ou du carrossier de chez moi, mais là, ça devrait faire l’objet de billets complets dans les temps à venir avec des photos et tout le bastringue, alors hein…

Sur ce, merci de ton attention, et bonne journée, sous vos applaudissements.

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Rentre dans la boutique, tu vas prendre froid.

Oh bah tiens, je mets en ligne un site professionnel, dis-donc.

Ça fait un an que je dois le faire. Mais j’étais occupé à faire des photos et à avoir pas le temps (pas l’envie? Allons donc…)

J’suis super content du machin, hein, mais comme je suis un peu réservé comme garçon, ça me fait bizarre, j’ai l’impression de me foutre à poil. En plus, je déteste vendre des trucs, mais d’un autre côté, j’aime quand même gagner de l’argent pour m’acheter de la bière et du lard, et aussi payer mes factures.

Du coup, on va pas se mentir, c’est quand même un outil dans cette idée. J’ai essayé de rester très sobre, parce que les démarches clinquantes, même dans le ton du jour, c’est pas forcément trop mon truc. Et que c’est déjà un gros effort pour moi que d’appeler une rubrique «prestations». Tu vois le niveau. Jusque là c’était chouette d’en délivrer en n’utilisant ce mot que dans le secret complice, doux et moite des devis et des factures.

Sinon, y’a aussi une rubrique «actualité» qui sera un petit blog pour vous tenir au courant des choses que je fais. Ah, et puis les galeries qui montrent mon travail et servent à appâter le chaland (c’est toi, ça), mais qui me permettent aussi d’organiser les clichés. Et puis des tas d’autres bidules, comme une bio, un genre de de CV en expo et publications etc… bref, un outil qui me va bien. J’ai fait le truc tout seul, hein, et concevoir des sites, c’est extrêmement pas du tout mon métier. Y’a encore quelques trucs bancales, y’a encore beaucoup de matériau à apporter, quelques mentions légales manquantes (ah, le SIRET, mon ami le SIRET) et une ou deux rubriques supplémentaires feront sûrement leur apparition, comme une boutique et des liens chiadés vers chez les copains parce que sans les copains, hein, rien ne vaut la peine d’être vécu.

Autant à terme ce site risque de modifier ma pratique vis-à-vis de Chouette c’est le week-end et Tribute To the Old School, et de faire disparaître En Attendant Mieux, autant Un Dimanche en Lorraine, c’est ma cour de récré, ma cabane au fond des bois, ma grotte de sûreté, mon édredon, mon doudou, mon petit truc à moi, et je n’y toucherai pas.

Je ne saurai pas quoi vous dire de plus, à part «rentre dans la boutique, tu vas prendre froid».

LE LIEN DU SITE PROFESSIONNEL QUI RUTILE AU FIRMAMENT:

www.daduphoto.fr

 

Et maintenant, un peu de musique pour se remettre. Voulez-vous?

 

 

Information informative

Y’a quelques nouveaux liens à droite, là. Pas trop mais un peu.

Y’a aussi une nouvelle rubrique «Hall of Fame». A droite aussi. C’est moche mais c’est comme ça.

Elle contient des noms de gens que je connais, et des noms de gens que je ne connais pas. Mais c’est toujours un hommage. A un moment donné, c’est dur de pas dire merci.

Bien entendu, c’est un premier jet, et ça s’étoffera lentement avec le temps…

Revenons aux choses auxquelles on veut revenir

Après ce scandaleux billet d’aujourd’hui dans lequel je t’expliquais comment je sais tout mieux que tout le monde grâce à mon goût incroyable, revenons aux trucs chouettes. Comme par exemple des gens à aller voir à la Biennale de l’image de Nancy, et il te reste que demain, dimanche, ça va être chaud. Sinon tu peux aussi suivre ce qu’ils font sinon, hein. Ça empêche pas.

Alors.

Isabelle Chabot. Une série sur des gens dans leur jus, un peu comme toi et moi, leur jus de quartier, de «grand ensemble». Avec quelques paroles sur leur quartier, et puis quelques paroles sur ce que serait «ailleurs» pour eux. Ça ressemble à ce que j’aime bien faire. C’est pour ça, sans grande originalité de ma part, ça m’a beaucoup causé, ces portraits dans le quartier, toujours couplés avec une photo du quartier. Et puis y’a du texte, et moi, souvent, les photos sans texte, j’ai du mal de me concentrer réellement, je dois être un peu scolaire.

C’est pour ça que Vera Fon Sing. Alors là aussi, bon dieu, c’est chouette. Portraits intimes de personnes séropositives à Maurice, et récit de leurs espoirs, de leurs souffrances, de leurs regrets, de leurs joies. J’ai entendu dire par des visiteurs que c’était plombant. Moi je le trouve relativement heureux, ce travail, en particulier à la lecture du bouquin idoine. Il renferme plein de bouts de l’idée, tant dans le texte que dans l’image, que les gens vivent malgré tout, et malgré la gabegie des pouvoirs publics et de la société à Maurice à leur égard. Qu’ils vivent malgré tout, et même s’ils en crèvent aussi. C’est très très chouette.

Du coup, j’ai beaucoup aimé Irène Jonas, qui parle dans des images très dures et très tristes, mais aussi extrêmement courageuses, de l’agonie de son père, à l’hôpital et chez lui. Jusqu’au bout. Quand tu l’as pas vécu, c’est peut-être plus compliqué à aborder. Voire dérangeant. Insupportable. Mais si tu es passé par là, tu sais la dose d’amour désespéré qu’il faut pour faire ces photos, prises au sein d’un univers gris, aseptisé en surface, terriblement angoissant dans le dedans, un univers dans une apesanteur morbide, un temps aux nuit sans fin, et où tous les matins semblent un répit, une renaissance, une victoire temporaire et douloureuse, et une nouvelle épreuve en attendant la fin. Voilà comment je vis ça, comment ces images vont alpaguer des choses au cœur de mes souvenirs de ça. Peut-être aussi que si tu l’as vécue et suivie ainsi, cette mort d’un proche, tu n’as pas envie de la revoir. Ça peut aussi être une réaction. Compréhensible. Et preuve de la force de ces photos…

Olivier Brossard. Plus succinctement, une belle série sur la route, vaporeuse et inspirante. Peu de choses à dire, on entre là dans des impressions que je maîtrise mal. Mais ça donne envie d’écrire.

Jacques Desablens a donné une série très violente sur de gros plans de destruction d’immeubles à la pelle mécanique. Avec une foule de détails poignants. Parce que je suis un peu sensible quand un bâtiment est détruit, et rapidement ému. C’est comme ça, ça doit avoir un lien avec des trucs au fond de mes tripes, une fois encore, un lien qui me reste inconnu. Ou en tous cas informulable.

Je n’oublie pas Christophe Hargoues avec une très chouette série de transports, mais de transports en déroute, de longs transports, et des endormissements, des plongées individuelles qui s’ensuivent. Tu prends de longs trains, la nuit, ou de courts trains, mais aussi la nuit, et tu vois tout ça dans tes impressions. Ça dégouline. Le train de 0H01, qui me ramenait chez moi, à une époque, après le travail. Pendant trois mois. J’y pense immédiatement, à ces trente-cinq minutes de somnolence, et la vision de mes rares congénères en apnée, les yeux vitreux. Voilà, même si ce n’est pas exactement ce dont il cause, c’est à ça que je pense. On fait avec ce qu’on a.

Globalement, c’était plein de trucs chouettes (comme Jean-Charles Thomas), et c’était bien.

Regarde. Lis. Sinon.

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Voilà. Maintenant que je vous ai causé des autres qui m’impressionnent, je vous invite dès demain si j’ai envie à revenir lire et voir un billet un peu moyen, sûrement très égocentrique et assurément auto-satisfait.

Amance

Comme disait Kansas, c’est un peu la tournée des «Highlights» de ma vallée, hier Blanzey, aujourd’hui Amance. Comme on peut pas tout faire, il manquerait les coteaux d’Amance et Laître, le lavoir d’Amance, le Crany à Eulmont, l’église de Bouxières-aux-Chênes, de la forêt de Brin et l’étang afférent, la Bouzule, Fleufontaine, certains coins du plateau de la Rochette, le Pain de Sucre… ça manque pas de chouettes lieux à voir, par chez moi, et sur une toute petite surface. Ce qui est chouette, c’est que c’est comme ça partout.

Mais comme on était dans une phase de tourisme initiatique, on a bien entendu commencé par les appâts qui font revenir. Ainsi, Amance. Nous faisions visiter à des Mosellans de tout là-bas, là où qu’on n’a jamais été aussi proches de l’Alsace sans jamais autant s’en défendre. Là où on va pourtant volontiers en Alsace et à Strasbourg, et où on ignore superbement Nancy et sa région, qui sont bien, sans aucun doute, «de l’autre côté»; Un autre côté bien plus éloigné que l’Alsace qu’il faut pourtant atteindre en traversant les Vosges du nord.

Les différences culturelles et linguistiques, qui sont jolies et luttent contre l’uniformité lassante d’un monde lisse et efficace, sans une pointe de rugosité, valent montagnes quand il s’agit de les franchir. Mais ça se fait aisément, d’nos jours, savez. Si l’autoroute traverse les Vosges à Saverne en rigolant, on a aussi, tout en y tenant, et tout en défendant nos cultures locales, appris à prendre des autoroutes mentales pour discuter entre cultures différentes, qu’elles soient de Moselle ou de l’autre bout du monde, des cités de Nanterre ou d’un village d’Ardèche. Y’a rien de plus simple, si on y met du sien. Et ces particularités, ces grosses différences que je ne veux surtout pas voir gommées, ça nous fait des trucs à nous raconter et à échanger et à rigoler parfois un bon coup. Sinon on causerait boulot, carrière, performances des gamins, météo, insécurité, propriété privée, impôts et pognon toute la journée, et c’est vraiment pas ça qu’on veut, hein? Quoique la météo, c’est quand même super important.

Moi j’aime bien savoir d’où je suis, et où je suis, connaître mes lettres classiques et aimer mes contemporains dynamitant les lettres classiques. Parce que tout ça me constitue bien, ça me pose les pattes quelque part, sûrement dans une bonne et corpulente contradiction, et cette contradiction, ça me donne un pas solide pour y mettre une porte et la laisser ouverte à qui veut entrer, d’où qu’il vienne. J’ai besoin de mon accent, de mes mots, de mon folklore, de mes particularismes pour mieux m’en moquer, en être heureux et les aimer avec une grande humilité, maîtriser les codes pour jouer avec; j’en ai besoin pour aborder ceux des autres, les écouter, les comprendre, parfois les adopter quand ils me plaisent. Savoir d’où je viens, connaître et aimer mes origines, c’est de là que je peux devenir Serbe ou Lapon demain si je veux, mais sans me perdre dans le reniement, sans brader mon indépendance. C’est aussi de là que j’adopte un Turc ou un Japonais comme un Lorrain à part entière, sans exiger de lui qu’il se perde dans ma propre culture et qu’il se torde pour convenir à mon nombril.

En gros, «viens comme tu es», et on verra après.

J’en ai besoin, de mon local crasse, pour ne pas me perdre dans les globalisations ultra-libérales qui lissent tout au bulldozer, ou les nationalismes/régionalismes exclusifs qui uniformisent tout dans une culture figée qui se prend beaucoup trop au sérieux. Ce ne sont que les revers d’une même médaille qui me déplaît fort.

D’ailleurs, si je voulais faire du mauvais esprit lorrain-nancéien, je te dirais que c’est quand même plus simple d’échanger avec un Afghan ou un Polynésien qu’avec un Alsacien, non? Non? J’ai pas raison? J’ai pas raison?

Sur cet humour badin, et ces considérations qui oscillent entre anarchisme rural autogestionnaire et internationalisme urbain marxiste et prolétarien, rêvant de leur compatibilité, et avant d’aller relire un peu Élisée Reclus pour mettre, c’est un comble, de l’ordre dans tout ça, je vous laisse avec des images du beau village d’Amance au sommet de sa colline.

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En passant, les Mosellans sus-nommés disaient, là-haut: «on n’imagine pas qu’il y a ça à une heure de chez nous, on se croirait dans le Sud, qu’est-ce que c’est dépaysant!». Bah ils pouvaient difficilement me faire plus plaisir. Les gens qui ont encore la capacité de s’émerveiller de tout, de mettre de côté deux minutes leur cynisme (qui peut être marrant et parfois salvateur au demeurant) et de voir de l’exotisme à cent bornes de chez eux, je les aime, globalement. Ce sont les mêmes qui continuent de trouver que c’est incroyable de voler dans un avion, c’est tellement surnaturel de voler, pour un humain, et qui sont excités comme des puces, même si c’est leur dixième voyage dans les airs. Ceux qui au décollage lisent le journal sans sourciller et sans la moindre émotion portent en eux le cadavre putréfié du gamin qu’ils ont été et sont à mon avis dans un état proche de la mort cérébrale, des robots productifs et efficaces, sans épaisseur, sans grain, sans écorchures, sans sueur et sans odeurs. Le bruit et l’odeur, c’est surtout de la vie, quoiqu’en pensent certains pantouflards.

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Groupe d’humains émerveillés à Amance. 2014. Pourvu qu’ça dure.