Un après-midi d’été en Lorraine -4- Entre Bezaumont et Sainte-Geneviève

Cette journée s’est terminée sur les hauteurs qui dominent la vallée de la Moselle, à la recherche d’un peu de fraicheur. Introuvable. Le soleil écrasait tout autant la Lorraine sur ces hauteurs que dans les vallées, plus encore peut-être. Depuis, la pluie est tombée, il serait intéressant que je refasse ces photos d’ici quelques semaines, pour noter le contraste…

Un après-midi d’été en Lorraine -1- De Pierre-la-Treiche à Villey-le-Sec, sur la route de Gondreville

Il y a les étés lorrains. Les après-midi sans fin qui s’affaissent sur eux-mêmes le soir, pour dégénérer en orages, parfois. Ce ciel bleu écrasé de chaleur, qui devient laiteux, qu’aucun vent ne vient nettoyer, et ces arbres au loin qui foisonnent comme une mousse prodigieuse. Tout est lent. Tout est dur. Ce jour-là il faisait 36°C, et j’avais entrepris un périple qui partait de Pierre-la-Treiche, puis filait à Villey-le-Sec, Gondreville, Liverdun, pour terminer du côté de Bezaumont et Sainte-Geneviève. Quand tu as tout un après-midi pour toi, à raouer, c’est un véritable voyage. Tu te laisse porter par des vagues de chaleur, la route t’amène où elle veut, tu peux décider tout et n’importe quoi, en fonction de l’humeur, de la distance, des images à faire, et beaucoup de ta géographie intime qui est tout sauf efficace et rationnelle, et c’est une bonne chose.

A Pierre-la-Treiche, l’immobilité dominait. Je m’étais invité chez des amis en sortant du travail à midi, et ni une, ni deux, sympathique conversation et omelette sur le pouce (cette expression est quand même curieuse). Dans le village, pas un mouvement entre midi. Le clocher emmêlé de fils, qui partent dans tous les sens, fut mon attraction. La camarade Mamléa, chez qui on mange donc de bons œufs, en a fait un sujet de prédilection.

Après manger, l’attraction de la vallée de la Moselle, qui boucle fort par ici, fut trop forte pour que j’y résiste. Je prends donc la route de Villey-le-Sec, je traverse le barrage où ma grand-mère est venue souvent se baigner dans la lumière des étés 46, 47 et 48, dans un pays nouvellement libre. Il en reste de belles photos. J’y venais souvent aussi en vélo depuis Nancy. Il était délicieux de s’y poser. Je traverse donc Villey-le-Sec, et redescends vers Gondreville. Là, nouvelle pause pour deux trois photos: l’effet de chaleur est saisissant, tout est sec autour de moi, je me crois une seconde dans un film. Dans l’Arizona. Sans exagérer, hein, s’entend. Au fond, Toul se planque sous ses collines en espérant y trouver de la fraicheur. Puis je plonge vers Gondreville. Mais… c’est une autre histoire!

à suivre…

Un deuxième 31 août: que voit-on du Champ-le-Boeuf?

Je te fais le coup du deuxième billet du 31 août, parce que merde, on va pas laisser août filer comme ça non? Bon. L’autre jour j’étais dans une tour du Champ-le-Boeuf, côté Laxou. C’était donc août. Banlieue ouest de Nancy. Et la vue, eh bah elle est pas dégueu. Et tiens, soit dit en passant: le prochain qui me sort que la Lorraine c’est pas vert, je le tape.

C’est clair ou pas?

Fin d’après-midi autour de Château-Voué

Château-Voué est un petit village qui se trouve carrément en Moselle, près de Morhange, dans un coin calme. Calme? Désert, oui! Mais c’est une assez bonne nouvelle. Il est perché, comme ça, au bout d’un plateau battu comme un chien par les vents froids. Une tour en ruine qui yoyote, quelques rues, des chiens genre malinois qui sont heureusement derrière un grillage. Terre de chasseurs, que veux-tu… des maisons basses, mitoyennes, profondes et étroites: la Lorraine qui se blottit contre les vents d’hiver, qui plus est sur ce plateau nu. Tout autour, des forêts humides, des étangs, des baraques de chasse, de grosses fermes isolées. Pour moi, le Nancéien, tout un délicieux frisson face à cette hostilité supposée, que les oies véhémentes symbolisent parfaitement. Si la campagne n’est que douceur, gentillesse, lapins souriants et ruraux serviables, proches du bon sauvage, quel intérêt d’être citadin de formation? Faisant fi de tout optimisme, j’avoue que je suis dans mon imaginaire (qui aura changé dans dix secondes) plus Massacre à la Tronçonneuse que gîte rural trois épis, quoi. Au moins, le méchant plouc crasse n’y fait que souligner la bêtise médiocre du citadin. Et c’est bel et bien.