Le lac des Corbeaux et la sociologie objective

Salut. J’ai bien envie de te dire qu’il y a les Lorrains un peu faibles d’esprit, sans imagination, qui l’été venu, partent dans le Sud se baigner sur des plages tellement bien aménagées que tu peux pas mettre un pied devant l’autre; ils pénètrent une eau tiédasse où les bactéries s’épanouissent, bondissant des mycoses de pieds d’Allemands en surpoids; ils bronzent sur des plages confortables, au sable fin et doux, tellement fin et doux qu’il faut pousser les chairs cramées pour le trouver. Bref, ce sont de petites natures banales et sans envergure, qui perpétuent le dévoiement du bel esprit de l’été 36.

Jusque là, je suppose que tu es d’accord avec moi, tant mon étude sociologique très fine évite les préjugés et la mauvaise foi.

Pour la suite, je te conseille quand même de prendre une bonne inspiration avant de commencer la phrase.

Et il y a les vrais Lorrains, ceux qui savent qu’un lac vosgien est un sommet de beauté, un moment de communion indicible avec une nature complice, ceux qui n’envisagent pas la vie autrement que dans la sensibilité d’une intelligence à l’abstraction redoutable et pourtant ancrée dans la réalité des choses, dans le quotidien poétique de l’essence des êtres et de la Terre, ceux que la fraîcheur d’une régénération aqueuse attire, quitte à jouir de l’instant, quitte à entrer dans l’eau en caleçon du jour tant le bonheur et la sérénité d’une âme bien née s’expriment avec l’autorité d’une spontanéité qui confine au sacré. Point. Soufflez un peu. Allez pas crever, hein. On respire.

Ouais bref. Tu vois l’idée, un lac Vosgien, en l’occurrence celui des Corbeaux, ça tabasse.

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One Reply to “Le lac des Corbeaux et la sociologie objective”

  1. Subtilement argumenté tout ça !
    Avec une grande envie de me joindre au second…

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