Au barrage d’Aingeray

Tu vas pas me croire, sûrement parce que je ne suis pas crédible, mais si y’avait pas les barrages, je serais moins heureux. Peut-être que je dépérirais comme un animal sauvage dont on massacre le lieux de vie et de reproduction pour faire des barrages et… ah oui, merde, j’ai rien dit du coup

Mais tout de même, quand je suis un barrage du coin, Aingeray ou Villey-le-Sec, je suis tout à mon affaire fascinante. En particulier et bien sûr quand ça charrie de l’hectolitre comme Bernard Kouchner qui parle de son œuvre.

T’es là sur cette passerelle qui a l’air bien fluette, sur cet obstacle mobile que submerge l’eau de la rivière, et bon sang, ce grondement qui envahit tout, les embruns puants, car la Moselle pue, qui viennent cajoler ta peau, tu sens même les vibrations de la masse formidable qui viennent chatouiller tes pieds… un barrage, c’est plus fort que toi.

Et même si en vrai, on devrait juste pas construire au bord de l’eau, préserver le lit des rivières et aimer les prairies d’inondations. Quand tu vois à quoi ressemblait la Moselle, avec ses bancs de sable, ses irrégularités, son fond inégal et que tu compares avec le barreau standardisé que c’est devenu… disons qu’il est épatant que ce soit toujours aussi joli malgré tout!

Pour conclure, c’est le problème de la fascination, ça ne s’embarrasse pas vraiment de morale. Mort aux barrages, mais vive la fascination qu’ils exercent sur moi

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