Boire des coups près de la gare à Nancy

Je te cache pas, j’aime bien la campagne. Le calme. Les zoziaux et les pesticides. Mais je te cache pas, j’aime bien la ville aussi. Les gens, la culture, les particules fines. C’est pourtant peut-être un peu moins vrai depuis le confinement. El Confinamiento de la muerte, comme aiment à dramatiser les chaînes d’info en continu, qui avant, pendant et après le confinement restent sur la même ligne qui consiste à faire des gros cacas équivalents de la moindre info comme de la plus fondamentale. Si tu as besoin de repères, les chaînes d’info. Vraiment, leur absence totale de remise en question en font un truc fondamentalement immobile. Un repère quoi. Les chaînes d’info et les kébabs, quand même. Kébabs qui sont plus utiles à l’humanité que les chaînes d’info. Du coup. Bref. Depuis le confinement, comme j’habite à la cambrousse, le bruit des voitures, ces parasites qui méritent de brûler une belle nuit de Saint-Sylvestre pour n’être plus jamais produites, ça me fait un peu mal.

Moi comme point de repère en ville, j’ai:

— Oh, moi ce sera un picon bière s’il vous plaît.

— Demi ou pinte?

— Bah? Je suis venu boire un coup quand même.

— Ok, pinte. Avec ou sans citron?

— Tu viens vraiment de me proposer du citron dans mon picon bière? On n’est pas chez les ploucs, hein, c’est la capitale ici. Propose-moi encore une fois du citron et j’appelle les flics. Et je te démonte la gueule en attendant. En payant des mercenaires parce que je suis pas trop costaud. Non mais.

Il va de soi que ce dialogue est un peu exagéré. Mais j’ai la nostalgie comme l’impatience de ces moments dans le ventre ville, là où ça grouille, là où tout est foutu d’avance, donc c’est pas très grave si c’est moche, et sale voire si ça sent la pisse, c’est comme ça, c’est une ville. Là où le picon bière vient ourler d’une subtile distraction l’observation attentive des passants et des passantes.

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