Chez les Gaudassiens, à Jouy-aux-Arches

Nan mais les Gaudassiens, gentilé des habitants de Jouy-aux-Arches, ont comme tout le monde le droit de se promener pieds nus hein. Voilà, je fais la blague direct, comme ça on n’a plus cette épée de Damoclès qui pèse sur notre sérénité.

Dis-donc. C’est pareil, tu crois qu’il va rien se passer, et bam! Un aqueduc! Gallo-romain! Comme ça! Moi je voulais juste aller à Metz via Nomeny parce que l’autoroute ça craint et que je l’évite quand je peux.

Mon objectif était de retrouver ma cousine qui sur l’échelle des gens cools est indéniablement dans le haut du panier, et de nous rendre ensemble dans une librairie où un autre éminent camarade, venu de Marseille pour l’occasion, signait des bouquins ou vendait des trucs je sais plus.

Je ne l’avais pas vu depuis longtemps, et on a passé un moment assez fameux, engoncés dans des fauteuils stylés entourés de livres comme si on était des stars de la critique littéraire, à parler de tout ce qu’on n’avait pas pu se dire depuis des années. On a pas mal parlé de la mort d’ailleurs. Étonnant.

Alors forcément j’avais pas l’air con, en route, avec mon aqueduc impromptu sur le râble. Pourtant je le sais bien que Jouy-aux-Arches ne s’appelle pas comme ça parce qu’il y a des archers ou des gros bateaux plein de bestiaux. Même mon grand-père l’avait photographié, cet aqueduc. Il m’était juste sorti de la tête. En scred, d’ailleurs, parce que vu la taille du machin, j’aurais dû m’en rendre compte.

Bon, tu vois, j’étais contrarié. J’allais juste à Metz bon sang. C’est tout! J’avais pas prévu de halte. Comme j’étais très énervé, et on le serait à moins, j’ai tenté de le mordre et tout pour le faire fuir, mais j’m’ai fait mal les dents, hein. Du coup, face à mon échec, je me suis arrêté histoire de tirer le meilleur parti de la situation pourtant effroyable (si j’en fais trop, faut me dire) et faire quelques photos. Hop. Feu de tout bois.

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