Nancy, faire le combat ordinaire dans les bouts de la ville -1-

Tu me crois ou pas mais Nancy est une ville comme les autres. Ce qui ne me permet pas de comprendre pourquoi elle m’est si chère. Peut-être que j’y ai vécu longtemps? Peut-être que j’aime les zones de confort, qui n’inquiètent que les fuyards et les couards?

Peut-être que j’aime l’endroit où j’ai vécu, indépendamment de la succession des bons maîtres et des débats enflammés à la vacuité appliquée qui continuent à faire sombrer les réseaux sociaux? Peut-être.

Pourtant Nancy est une ville comme les autres. Elle a ses quartiers pourris, ses quartiers chiants, ses quartiers branchés, ses quartiers résidentiels moyens, ses coins rupins. Elle a ses monuments.

Et, ce que je préfère, c’est que dans tous ces endroits intéressants, du plus chiant au plus emblématique et réputé beau comme un camion, il y a des gens qui passent, qui travaillent, qui vivent leur quotidien plus ou moins chouette, plus ou moins épanoui, plus ou moins joyeux.

Et c’est ça qui fait la ville. Le reste, la place Stan, la tour Thiers, les villas de Saurupt et les maisons de Beauregard, le Cèdre et le Tilleul, ce n’est qu’un décor stérile sans intérêt particulier. Le Cèdre est chouette car la nuit on voit de loin les petites lumières aux fenêtres le soir qui sont autant de gens qui font à manger, causent, se disputent, s’aiment, vivent et meurent.

L’Hôtel de ville est chouette uniquement parce que des gens qui se marient en sortent en fanfare sur la place élue monument préféré des Français (qui n’ont que ça à foutre que de plébisciter des tas de cailloux dans des concours biaisés titillant lourdement les fiertés mal placées).

Mais peu importe, ils sortent, les mariés et les mariées, sur la place du gros Stan parfois en fringues tradi néo-conservatrices, d’autres dans des ambiances guinguette un peu trop hype pour ne pas être islamo-gauchistes, d’autres entourés de chants kabyles, d’Afrique centrale ou de Mauritanie.

Nancy, si les gens ne venaient pas la fertiliser depuis coin de la rue ou depuis l’autre bout du monde, elle serait un tas de cailloux et de béton inutile.
Mais comme écrivait un jour un dessinateur messin au style Fluide: «oui mais voilà, il y a les gens…»

Merci les gens, qui donnez un sens, que je l’aime ou non, à ce décor que j’aime, lui, indéfectiblement.

2 Replies to “Nancy, faire le combat ordinaire dans les bouts de la ville -1-”

  1. Content que tu sois de retour.

    1. Content de l’être!

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