Le prieuré de Blanzey

Si tu es rôliste, ou si tu aimes l’histoire, ou si tu aimes tout simplement les « vieilles pierres », ou si tu aimes le calme, ou si tu es porté sur la méditation, ou si tu as de l’imagination, ou si tu aimes les enceintes, ou les cryptes, ou les chapelles, ou si tu aimes le Grand Couronné, bref, si tu es comme moi (fastoche, hein?), tu aimes le prieuré de Blanzey. De toutes manières c’est un ordre.

Alors comme tu as un air chafouin, je le sais, ne nie pas, je suppose que tu te dis: « qu’est-ce que c’est encore que ça, là, son prieuré de Blanzey?« . D’abord je te ferais remarquer qu’il n’est pas à moi. Ensuite, j’en ai déjà causé. Aujourd’hui, je me concentre un peu sur la chapelle de ce bel ensemble qui se trouve sur la commune perchée de Bouxières-aux-Chênes. Le clocher et le chœur du prieuré, ils sont du XIIe siècle. Ça en impose. Les ouvertures de la nef sont du XVe. La façade est classique en diable, ce qui est fort peu à propos pour une chapelle.

Moi je ne te ferai pas un historique, vu que d’autres l’ont fait, et qu’un doublon est toujours inutile. On ira chez monsieur Jouaux pour en savoir plus. Pensez bien à aller en bas de chaque page sur son site, il y a le lien vers la suivante. Vous rateriez l’essentiel. Je te vouvoie? C’est le concept humain en toi que je vouvoie. Détrompe-toi.

Moi, je me bornerai à te dire que si j’avais voyagé par ici pendant la guerre de Trente Ans, par exemple, en sachant que des bandes de Suédois, au hasard, étaient en maraude dans le coin, à la nuit tombante, j’aurais sûrement été soulagé de voir là-bas, perché, le prieuré, et d’aller y demander l’hospitalité pour la nuit. Par exemple. C’est ça qui se passe, avec le prieuré.

Je te raconterai comment on tombe en amour avec lui, à moins d’être insensible de la pire manière, quand on découvre pour la première fois le lieu. Quand on observe avec délice la simple ordonnance de la chapelle, rustique et évocatrice. Tiens, tu sais quoi? Faut faire un tour sur la Base Mérimée, pour trouver une photo de l’aménagement antérieur. Que même si tu cliques sur la photo, elle est dispo en un peu plus grand.

Je ne t’offrirai pas des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas, vu que ça doit coûter un œil, mais je te raconterai que quand tu descends dans la crypte, bah tu te sens tout con, avec l’escalier inégal où on ne tient pas à un de front (en fait si, mais la formule me plaisait), et ce sol, en bas, en terre battue, cette odeur d’humidité chlorophyllienne, ces limaces qui font des concours lents de stock car sur les murs, avec toutes le carbu de bave qui fuit, qu’un harmonica y sonne avec joie, et que les chapiteaux y sont moins délicats que dans le chœur, mais c’est normal vu que tu es dans un monde souterrain peuplé de vampires.

Je te dirai que ce matin c’est la dame d’en face qui est sortie de chez elle en robe de chambre pour nous ouvrir, en nous voyant devant, vu que d’habitude c’est son mari mais qu’il est malade et qu’elle se sent responsable. Je l’en remercie ici vivement. « On se dit tous les jours que c’est un bonheur de vivre ici alors on en fait profiter« . Qu’elle a dit.

Et pour profiter, ça profite, et c’est tant mieux.

Bientôt j’habiterai pas bien loin. Alors des photos du prieuré, t’en auras beaucoup d’autres. Sauf si le chaos s’empare de moi, ce qui est régulier, et qu’en fait non.

3 Replies to “Le prieuré de Blanzey”

  1. J’avais bien aimé ton commentaire la première fois que tu en as parlé. Du coup, j’avais voulu y voir de mes propres yeux et je n’avais pas été déçue du voyage. C’est vrai qu’il y a de l’ambiance, surtout dans la crypte, glaciale quand t’arrive là en été en T-shirt léger et jambes nues… j’suis sûre que les vampires ils étaient là, tapis dans l’obscurité humide. En attendant, ils peuvent toujours bouffer les limaces : elles sont bénies !

  2. bonjour,

    je ne connaissais rien de tout ça.

    Merci pour cette page très riche et bien documentée

  3. […] De passage en Meuse, sur un éperon notoire des Hauts éponymes. Sur cet éperon, un village un peu chouette, Hattonchâtel, qui sourit aux visiteurs malgré sa destruction en 1914, qui domine les vergers gorgés de mirabelles, un de ces petits endroits perchés, beaux et un peu hors du temps, comme Amance sait l’être dans la région de Nancy. L’église, ancienne collégiale Saint-Maur avec les restes de son cloître, ce n’est pas rien. Surtout qu’on y trouve un retable qualifié par les plus grands experts de «pas dégueulasse» (je cite de tête, hein, il se peut que je modifie peu ou prou les propos des plus grands experts). Blague à part, voici encore une église où, même si l’on ne croit pas un foutu traître mot de ce que nous raconte le vieux livre de chevet des catholiques, il plane une ambiance bien particulière, un peu de souffle; le souffle du visiteur qui ralentit, qui se pose, qui s’apaise. Une architecture, une fraîcheur de la pierre, une pénombre attachante, ça te change une humeur, ça te change un cerveau. Comme au prieuré de Blanzey. […]

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