Jacques et Michel André place de la Croix de Bourgogne

Place de la Croix de Bourgogne, à Nancy, il y a des aménagements urbains assez laids, des merdes de chien -paraît qu’on est en concours à ce sujet avec Brest, mais on va gagner, j’en sûr, allez Nancy- et le monument tout vilain célébrant la victoire des Lorrains sur les Bourguignons en 1477 et rendant hommage au chef des vaincus, Charles le Téméraire. Ouais, en Lorraine, on est comme ça, on aime bien la condescendance, parfois. Alors que tout le monde sait bien qu’un vaincu s’écrabouille avec le talon de la botte, c’est la société de marché tolérante, éco-responsable et spectaculaire qui nous le raconte tous les jours en dernier ressort. Sinon, on pensera que ce monument porte la signature de Victor Prouvé, acoquiné avec Victor Chaize par exemple, et c’est vraiment pas la meilleure idée qu’il ait eu dans sa vie étant donnée la gueule du machin pas valorisé par son environnement il est vrai. Toujours est-il que la place de la Croix de Bourgogne, depuis mon adolescence, j’ai eu vachement des occases de la traverser de jour, de nuit comme au petit matin, dans divers états, pour cause de camarades limitrophes, constatant parfois la sortie des cons du Chat Noir. Oui, c’est comme ça, sortir du Chat Noir, c’est un signe de connerie, parce que ça implique que tu y soit rentré. Mais alors bon, pourquoi je vous parle de tout ça? D’abord parce que retranché dans la chaude sécurité de l’interaction virtuelle, c’est un peu moi qui décide, et ensuite parce que place de la Croix de Bourgogne, une camarade de haute tenue m’a fait savoir que l’on y trouvait un immeuble des frangins André, injustement oubliés des Nancéiens, alors qu’on leur doit quand même deux trois trucs pas négligeables.

Alors tu vas me dire bon. Tout ça pour ça. Et je t’appuie contre l’auteur de ce blog. Tout ça pour ça. Dadu Jones doit immédiatement procéder à son autocritique. J’envoie la Securitate. Ou alors non. Attends  un peu. Parce que tu vois, si ce n’est pas ce que les frères André ont fait de mieux à mon goût, que même j’aime pas trop, on notera pourtant la modernité du machin: nous sommes en 1933. On notera ensuite que sa situation étriquée n’aide pas à l’apprécier, et on notera enfin que quand on voit le quartier Meurthe-Canal, d’où Bénabar pourrait écrire des chansons simplettes sur la vie simple des quartiers populaires, finalement, c’était pas si mal l’immeuble des Frères André. Bon.

On la rappelle, la Securitate? Je te sens sceptique. Tiens, je te jette en pâture, pour te rassurer un peu, l’immeuble voisin de celui des frères Dédé, plus classique, celui de la « Mutuelle de l’Est », dont l’ensemble me parle peu, mais dont les détails me plaisent bien:

Hop.

Bon dieu, ça m’a foutu en gueule, les vacances.

One Reply to “Jacques et Michel André place de la Croix de Bourgogne”

  1. j’aime assez ces balcons en demi-lunes tronquées qu’on voit accrochés aux façades des clichés 3 et 4, formes élégantes et rassurantes, ce qui n’est pas plus mal pour ces machins nommés balcons mais qui restent avant tout de drôles de poches abusivement collées sur des verticales… à la différence du fer forgé de l’avant dernier photogramme, dentelle fragile aux attaches peu sûres… mais c’est là surtout le problème du fer forgé (plus que celui du balcon), c’est grande gueule mais ça n’assure pas !

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