Aller à Toul, mais parler d’autre chose

Aller à Toul, depuis Nancy, c’est une démarche qui te fera, si comme moi tu as la stupidité de passer par l’autoroute et donc de faire l’absurde économie d’un passage par Maron, c’est une démarche, disais-je, avant de m’interrompre au risque de rendre flou mon propos, c’est une démarche, et suppose que je fais un effort de concision, c’est une démarche, oui, qui te fera passer par le Haut du Lièvre puis par le Champ le Bœuf, et donc rencontrer des constructions cheloues qui depuis mon enfance me taraudent.

Alors ça commence bien, parce que le « Jardin des Carrières » (le « Jardin »… la gueule du jardin..), c’est vraiment récent, et quand j’étais gamin, c’était loin d’exister. Ce bâtiment, je ne sais pas quoi en dire. Mais il me taraude.

Lui, tu sais, il est au croisement avenue de la Libération, rue de la Colline et euh… la rue qui descend de Gentilly. Il est là, il est étrange, MAIS, comme la CRAM de la rue de Metz ou le bâtiment de neurologie de l’hôpital central, je l’ai toujours bien aimé, car depuis bien longtemps il ressemble aussi à l’idée de la base spatiale que je me suis fabriquée dans mon enfance. Tu sais, avec des vaisseaux qui rentrent dedans en faisant frououfhhchchchfr et des mecs avec des casquettes grises qui font le contrôle aérien, mais aérien spatial, le contrôle, genre le contrôle qui déconne vraiment pas. Ce bâtiment est un peu petit pour recevoir des vaisseaux, mais il ferait une bonne base avancée sur une planète hostile où le vent radioactif soufflerait en faisant ffffzfrffffzrffffzrf.

Ah tiens, la caserne de pompiers de Gentilly. Attention. PROUVÉ. C’est bon? Tu lis? Normalement, c’est magique, ça retient l’attention. Oui, Prouvé, non, pas Jean, non, pas Victor; oui, c’est ça: Henri. Henri Prouvé dont on gagne à considérer le travail en ne le considérant pas que par rapport à celui de Jean. Un peu comme pour Claude. Compliqué, hein les Prouvé? Cette caserne de pompiers de Henri Prouvé, c’est ma frustration d’adolescent. Non, je n’ai jamais voulu être pompier, je ne dois pas assez aimer les gens pour les sauver sauf quand c’est des chats. Bref, si au lieu de choper des mycoses aux panards j’avais continué la plongée sous-marine, c’est dans leur cuve à eau d’extinction eud’feu que j’aurais dû passer mon genre de certif’ de mec qui gère les paliers. Bon, bah voilà, ça n’a jamais eu lieu. A cause de vulgaires champignons qui ne sont pas très reconnaissants vu comme je les aime, surtout les trompettes. Dommage d’ailleurs que mes mycoses d’alors ne fussent point à base de trompettes…

Tiens je suis bavard moi ce matin. Bon, on a quoi d’autre? Ah ah! Ouais! La SNVB. Dans ma famille, ça faisait deux générations qu’ils étaient à la SNVB. Quelque peu désappointé par la désagréable impression d’entrer au Carlton dans leurs agences, puis harcelé pour des découverts insignifiants, reçu par des conseillers aux dents longues et atterré devant leur communication (ah, les pubs vomitives du CIC!), je me suis barré ailleurs, où c’est d’ailleurs pas beaucoup mieux. Le problème, c’est les banques en général, en fait, pas une banque en particulier. Mais c’est une autre histoire. En parlant d’histoire, la SNVB st un acteur important de l’histoire nancéienne, et le sujet est très intéressant à étudier, dans le contexte de l’industrialisation locale aux confins du XIXème siècle, et de son conséquent XXème. Ici, c’est le siège social. Avant je le trouvais moche mais fascinant. Maintenant, je le trouve fascinant et intéressant. Pas vraiment beau. Mais pas vraiment moche. En fait je ne me pose pas la question. On le doit à Jean-Luc André, fils de Michel, frère de Jacques, tous deux fils d’Émile, pour remonter à l’École de Nancy. Ouais, les André, à Nancy, c’est compliqué et passionnant comme si c’était des Prouvé. Bref, retiens: Jean-Luc André, siège de la SNVB au Champ-le-Bœuf. La légende veut qu’il ait proposé la maquette à base d’un empilement savant de boulons. Tu gardes ça en tête, et tu vas jeter un œil au bâtiment non en esthète, tu oublies ton jugement naturel au vestiaire, tu ne fais pas ta Marie-Antoinette évaporée et tu vas penser structure, conception, ingénierie. Tu vas voir, ça change tout.

Voilà. Après tu prends direction Paris, tu sors à Toul. C’est comme ça quand tu vas à Toul.

11 Replies to “Aller à Toul, mais parler d’autre chose”

  1. Je ne passe pas souvent par là, Maron, c’est mieux, mais ces immeubles, sauf le premier, me sont familiers. J’ignorais pour André.
    Ta 2ème photo, au départ, c’était Apple. Ça explique sans doute un modernisme que Verdior-bis ne justifie pas.
    J’aime assez le look de la CIC.

  2. Apple? Ho? Hou, j’apprends un truc, là. Y’avait des locaux Apple à Nancy. Mazette. C’était hype Nancy.

  3. La rue qui descend de Gentilly, en passant devant la pistache, c’est Pinchard. Ouais, bizarre.
    Sinon, je me souviens aussi qu’il y avait effectivement de l’informatique au coin, dans le truc vert de la deuxième photo.

  4. Elle est longue comme ça la Pinchard? Je ne pensais pas qu’elle survivait au rond-point pour bifurquer ainsi.

  5. Oui, c’est un peu n’importe quoi, mais elle fait le tour du rond-point pour venir descendre à gauche et se terminer devant l’ex-magasin Apple de MamLéa. Biscornue à souhait.

  6. Hahaha on arrive dans mon (ex) quartier là ! Aaah l’immeublre de SNVB ! Celui d’à côté avec une maison au-dessus, c’est quoi déjà ?
    Aaah, ce coin quand derrière le Lycée Geroges de la Tour (et de SaintJo aussi) il n’y avait que des champs de colza… (et un batiment abadonné + une résidence). Je me demande si je n’ai pas de photos du coin….

    1. Poupou: je me demande aussi si tu n’as pas des photos du coin. Et si tu en as, dis, tu ne trouves pas qu’elles feraient bien ici même?

  7. On peut donc aller de l’IRTS à la piscine de Gentilly sans changer de rue? C’est fameux.

  8. La Mère Roulettes dit : Répondre

    D’ailleurs, il me semble que juste à côté de George il y a un bâtiment désaffecté de toute beauté.

  9. Si si, c’est l’Institution Saint-Joseph, un grand gâchis mais une friche assez incroyabel.

  10. Pad’bol, je n’ai rien retrouvé. Je n’ai peut-être rien pris en photo.

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