Nancy Gros Cul

Alors… ce titre. Bon. Je ne sais pas si il a un intérêt particulier, mais comme j’ai quand même un problème très sévère avec les expressions marketing de type « Nancy Grand Cœur » (ah ah ah), par contraste, ça me faisait plaisir. Et puis, l’hyper centre de Nancy, faut quand même dire qu’il est gros cul, un peu. Après, moi, ça me gêne pas, bien au contraire, même, les jours de soleil froid, ça lui donne une certaine gueule minérale qui ne manque pas de classe, quand on se recule un peu. Ou quand on prend du recul. Peut-être bien les deux. Autant Nancy Grand Cœur, j’ai l’impression qu’on parle pas de ma ville, ou qu’on essaye l’air de rien de me vendre un truc pas clair, avec un côté police du goût, autant Nancy Gros Cul, ça me cause, ça me plaît, ça pue, c’est sale, rebondi, incontrôlable: c’est vivant et c’est ce que je connais. C’est une ville. C’est ma ville. C’est le Nancy que j’aime, parmi d’autres. D’ailleurs, Nancy Gros Cul, c’est pour assouvir mes besoins scatophiles, hein. En vrai, c’est Nancy Gros Bide. C’est le ventre de la ville, l’expression qui correspond plus à ce que je veux raconter. La ville qui grouille, qui s’écoule, qui suinte, viscérale, pour le meilleur et pour le pire, cette part de densité humaine chaotique et hors de contrôle, qui échappera toujours à toute politique urbaine, urbanistique, sociale et architecturale. La part des anges, peut-être. Celle que ne génèrent pas encore les ARTEM et autres centres des congrès, toutes ces bondieuseries clinquantes, trop neuves pour être usées, marquées, lisibles: il faudra du temps pour que les humains tordent tout ça. Tu me diras, dans trente ans, quand les projets architecturaux eugénistes et nécessaires d’aujourd’hui seront devenus déglingués et immondes faute d’entretien, de pognon, de pérennité des institutions et des matériaux, voire faute de goût, y’a moyen que ça commence à bien me plaire. Le temps long, Dark Braudel, l’École gothique des Annales, Goubert le punk, tout ça. Vive la crise, quoi.

DSC_7958

DSC_7960

DSC_7961

DSC_7962

DSC_7963

DSC_7965

DSC_7966
Lui je l’adore. Affreux, sale et méchant, comme filmait l’autre. Il vient te couper la route en sortie du Pont des Fusillés, comme une sorte de grande porte du centre, où tu vas payer un octroi en métaux lourds.

DSC_7968

DSC_7970

DSC_7973

DSC_7974

 

8 Replies to “Nancy Gros Cul”

  1. Ce merveilleux slogan est une authentique trouvaille, m’sieur Jones. Simple et imparable. Il m’inspire énormément. On pourrait concevoir une identité visuelle, faire imprimer des kakémonos et des fresques pour recouvrir les palissades des chantiers, monter un atelier de quartier sur cette base, ahah, bouge pas, je commande le mousseux et j’appelle France 3. Je viens de pouffer quatre fois dans mon sandwich comme un gamin qui aurait vu la maîtresse en maillot de bain.

  2. Ah bon rat, je viens d’apprendre ce qu’est un kakémono. Mais y’en faudrait des gros alors. Du coup.

  3. Ce coin de Nancy est effectivement beau comme un camion !

    La dernière fois que j’y suis passée (le 10 mars : c’est pas si vieux ) il n’y avait pas d’échaffaudage sous le timbre ! Je parie qu’il va être effacé ! snif…

  4. Oui comme un camion. On m’aurait dit beau comme le vol d’un milan, j’aurais dit non. Mais beau comme un camion, je dis oui.

  5. M’étonnerai qu’il l’efface doit être tout aussi classé que le support non? Y vont plutot le rafraichir, croyez pas ?

  6. J’ai entendu dire qu’il allait être effacé tout de même. Mais, j’ai entendu dire. Je n’en sais rien, en vérité.

  7. Gros cul. Maintenant que tu l’as dit. Effectivement, il y a quelque chose de ça.
    Finalement, il y a plein de trucs qui se sont fait n’importe comment. Il y a 20 ans je n’avais pas remarqué ça.

  8. j’aime la photo en dessous de celle de l’affreux sale et méchant avec tous les balcons.

Laisser un commentaire