Le col de la Chapelotte -2- Les cimetières allemands

Quelques images des deux cimetières allemands de la Chapelotte. Perdus dans la montagne, le premier est assez accessible, et le second vraiment perdu dans un petit bois de sapins. On a de quoi rester arrêté devant ces sépultures abandonnées, et ce naturalisme romantique très germanique, qui domine sur les symboles religieux. Un air païen, au milieu de la montagne, devant ces pierres oubliées qui exaltent la symbolique patriotique avant tout, dominées par la feuille de chêne. On croirait que l’on observe les sépultures de vieux guerriers oubliés comme dans les gestes héroïques anciennes, et point de soldats conscrits ou engagés d’une armée permanente et industrielle du XXème siècle. En ceci, l’effet recherché est atteint, et perdure. On n’oublie pas une fois encore que les Allemands n’ont pas de tels lieux dans leur pays, l’intégralité de ce front se trouvant en France ou en Belgique. On pense aussi à l’importance de la thématique du sol sacré dans ces années-là, en particulier en Allemagne: là où l’on enterre nos morts est le sol sacré de la patrie. Tout un univers, un imaginaire qui trouve prise sur un réel fort différent, souvent contradictoire, dans ce traitement des morts et de leurs sépultures. On se souviendra aussi qu’il existât, pendant la guerre, tout un mouvement en Allemagne qui consistait à planter un arbre sur le sol allemand pour symboliser chaque soldat mort. Quelques forêts doivent leur existence à la guerre, si l’on peut dire.

Cette manière d’aborder la réalité crue du conflit par la bande est passionnante: comment les imaginaires nationaux, fut-ce dans des thématiques patriotiques, voire telluriques, réalisent une sacralisation du fait guerrier au milieu d’un conflit industriel, d’une mort de masse, anonyme, technologique? Ce type de cimetière allemand, monumental, naturaliste et forestier existe-t-il ailleurs que dans les Vosges? Je me demande par là si la topographie, proche de celle de certaines régions allemandes, et propice au naturalisme romantique, ne favorise pas ce type de réalisations?

Autant de questions à approfondir…

NB. Sur la dernière photo, je ne suis pas convaincu qu’il s’agisse d’une pièce de sépulture. Mais comme dit Alain Litaize: « Ça a au moins le mérite d’exister ».

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7 Replies to “Le col de la Chapelotte -2- Les cimetières allemands”

  1. Comment se fait-il que les Allemands aient totalement abandonné ces tombes et ne les aient pas non plus regroupés dans des CM ?

    Je me permets : http://vuparmam.blogspot.fr/2013/01/cimetiere-militaire-allemand-de.html
    et
    http://vuparmam.blogspot.fr/2013/02/bouillonville-freidhof.html

  2. cimetière désaffecté, non?

    1. Je n’ai pas d’infos supplémentaires pour le moment, mais je suppose que les corps ont été déplacés dans des cimetières institutionnels; il me semble probable également que vu que ce cimetière était « informel » pourrait-on dire aux yeux de l’État français, et que bien entendu l’Allemagne n’avait aucun droit sur un tel lieu après guerre, il est ainsi tombé dans l’oubli, d’autant plus qu’il se trouve dans une zone difficile d’accès…

  3. pour infos je suis allée voir ce cimetière il a pas si longtemps en septembre 2016 il a était restauré……

  4. Lequel? Celui sur le chemin j’imagine…?

  5. re.. oui tout ta fait sur le chemin….j aime me promener a la chapelotte bon c est sur ce lieux a était tragique malheureusement mais pour moi il reste plein de mister et de chose a découvrir et comme vous dite tomber dans l oublier…..a bientôt….

  6. le cimetière accessible a été restauré… en fait, les pierres ont été reproduites exactement dans leur forme et leur matière pour éviter les vols, comme celui du centenaire de la naissance de Bismarck. Les pierres originales sont conservées à Badonviller. A l’occasion des travaux, nous avons découvert une pyramide tronquée qui porte le nom des médecins du poste de secours.
    L’autre cimetière est en terrain privé et le propriétaire en interdit l’accès. Les corps sont au cimetière de Reillon
    Des 5 cimetières français, il ne reste que le monument du cimetière des Colins et la tombe du capitaine Rochegude dans le cimetière communal de Pierre-Percée. Le monument Sartorio de la Chapelotte est actuellement dans la mairie de Badonviller

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