La guerre à Amance

C’est qu’en 1914, et en particulier début septembre, on avait très envie côté allemand, et dans l’objectif de s’assurer Nancy, de grimper à Amance. On s’est étripé au pied du Grand Mont, du côté de Candale, de Quercigny, à Fleurfontaine, à la Fourasse qui fut prise et reprise maintes fois. Quand les allemands reculaient, les français avançaient, pénétraient la forêt d’Amance, les patrouilles se croisaient sous couvert, les coups de feu confus claquaient dans les bois… une dizaine de jours d’une affreuse intensité. On n’oubliera pas, il faut encore et toujours le rappeler, que 1914 fut une effroyable boucherie, que cette seule année, avec ses trois mois de combats, principalement d’août à octobre, fit plus de morts que n’importe quelle autre année de la guerre, y compris 1916 qui vit pourtant se dérouler les batailles de Verdun et de la Somme.

Passé septembre, le secteur devint «calme». Oh, on mourrait bien parfois dans les secteurs dits calmes, mais moins. Après l’incendie de septembre, les allemands abandonnèrent la forêt et se replièrent vers Brin-sur-Seille, où le front se figea. Les tranchées durables apparurent. On fit son trou, pourrait-on dire. Le Grand Mont d’Amance, pendant la bataille de septembre, avait bien entendu été très bombardé, y compris le village. L’artillerie française qui s’y trouvait a souvent été réduite au silence par les obus allemands. Mais après le repli de ces derniers, on se réinstalla, et on se fortifia à Amance. Il en reste des traces assez nettes au Grand Mont, sur la lèvre du plateau et sur les pentes orientées vers la forêt. De nombreuses tranchées françaises sont encore lisibles dans le sous-bois, et des abris en dur restent visibles, souvent pour les artilleurs, nombreux à cet endroit. Sur les vues aériennes actuelles, on voit encore bien le tracé de certains boyaux qui reliaient les batteries, qui ont également laissé leur marque dans les champs, aux abris voisins.

J’ajoute ce grand abri bétonné, aux entrées très développées, et qui possède un mur décoré par un cartouche malheureusement très dégradé. Abri à la réalisation très soignée dont la destination m’intrigue. Et qui en plus de sa valeur historique donne des résultats visuellement et graphiquement intéressants quand on lui balance du gros flash de viking dans la tronche.

Enfin, sur tout ça on reviendra. D’ailleurs, d’avance, merci encore à Marc l’indic à vestiges de guerre et à Yvan le mesureur de vestiges de guerre.

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