En tournant autour de Dommartin-sous-Amance

Après faut pas tourner trop vite sinon ça fait vomir. Mais Dommartin est dans le trou, une sorte de trou surélevé, admettons, et ça c’est chouette. Depuis Dommartin, on voit toutes hauteurs environnantes et ça c’est chouette. Depuis Dommartin on peut aller à Laître, parfois à Amance ou à Eulmont pour les gens qui n’ont pas peur de l’aventure et ça c’est chouette. Parfois la nuit, se reflètent sur les nuages les lumières de la grande ville à l’ouest, au-delà du plateau, dont on dit que les grilles sont d’or et les façades de suie. J’irai, un jour, et je deviendrai riche. Et je rentrerai au village les mains remplies d’or. Et je changerai l’ampoule de ce putain de lampadaire en panne depuis des lustres, avec l’argent de la ville.

Autour du Pain de Sucre, dans le Grand Couronné de Nancy

Hé, ça sonne bien, hein, le Grand Couronné? Depuis môme j’ai toujours trouvé que ça sonnait bien. Mieux par exemple que «La Fille Morte», en Argonne. Au hasard. J’aime bien ce pays de collines, très contrasté, mais sans esbroufe. Avec ses longues vallées aux creux desquelles coulent de petites rivières et des ruisseaux discrets. Ses petites routes défoncées, et ses forêts profondes. Va te perdre en forêt de Champenoux, en forêt de Brin, en forêt de Jeandelaincourt, tu verras. C’est un coin fait pour l’enfance et les orages d’été, et les fruits gorgés de sucre, et le grésillement des guêpes qui viennent y puiser, les champignons, les histoires mystérieuses et rurales, les longues ballades en solitaire, quand on a envie de se retrouver un peu en s’égarant…

C’est le Grand Couronné.