Pour Chambrey, clignoter à droite (mais ça dépend)

Chambrey c’est ce village sur la route de Nancy à Château-Salins, qui domine légèrement la vallée de la Seille. Un peu mais pas trop. Pendant très longtemps, de l’autre côté de la vallée inondée à la moindre goutte de pluie, je voyais le village surnager tandis que je passais sur la route nationale. En effet, qui tournerait vers Chambrey? A part une grenouille ou une carpe, je veux dire? Pour te dire, je ne savais même pas si c’était en Meurthe-et-Moselle, ou déjà «de l’autre côté», en Moselle (tu sauras, c’est en Moselle). Mais erreur! il faut y aller. Féru de Première Guerre Mondiale comme d’autres de point de croix, j’avais entendu parler de la gare allemande de Chambrey, que l’on voit sur ces photos. J’ai donc mis mon clignotant à droite un jour (jeu: devine d’où je venais) et pouf, je suis tombé sur la gare. Ma détermination avait payé. Surtout que bon, comme détermination, c’était pas de ouf.

Ah bah oui. Effectivement, ça aurait été dommage d’ignorer le lieu plus longtemps. Les Allemands et leur propension à frimer à coups de parpaings. La gare de Chambrey, première gare allemande que l’on rencontrait pendant l’annexion en arrivant de France, elle en jetait pas qu’un peu, avec en plus ses quais calculés pour des chevaux et de l’artillerie. Eh bah oui, si vis pacem et tout l’toutim. La gare de Chambrey faisait passer les gares françaises du coin comme celle de Moncel pour de vulgaires cabanes de chantier. Du coup, bien joué les mecs, on voit bien qu’en Allemagne c’est mieux (rappelons que l’annexion de 1873-1918 était une véritable assimilation, donc il y avait côté impérial une volonté de montrer aux Mosellans et Alsaciens qu’être Français, c’était quand même la lose et que c’était mieux comme ça).

Ah et puis Chambrey s’est pris l’automne 44 en pleine gueule. 1944, dans le coin, c’était pas spécialement la fête à Bébert, hein, ça a quand même un peu frité. Donc Chambrey, complètement bousillé, s’est reconstruit sur place. D’où le peu de portes de granges traditionnelles, et surtout l’église moderne qui quoiqu’on en dise a de la gueule, là, sur sa hauteur. Voilà c’était Chambrey, et à la fin, même, des reflets à la surface de la Seille, comme quoi si j’veux je suis moi aussi un grand romantique allemand, ou mosellan ou français, je sais plus trop.

 

L’ancienne centrale électrique de Chambrey

La route de Nancy à Château-Salins traverse l’ancienne frontière entre la France et l’Allemagne. Si tu es curieux, tu tourneras à Chambrey pour voir la gare monumentale construite par les Allemands. On en reparlera sous peu. Mais aussi, camarade, tu apercevras au loin comme un silo… non, un immense réservoir de… non, un donjon… mais? Qu’est-ce que c’est que ce machin? Après avoir été sur place, toujours conscients d’être sur le tracé de l’ancienne ligne de chemin de fer de Nancy à Château-Salins, un peu férus d’architecture industrielle et après renseignements glanés auprès du voisinage, nous nous rendîmes bien vite à l’évidence: au milieu des champs, à Chambrey, il y a une ancienne usine électrique, qui d’ailleurs fait gentiment face à une vieille plâtrerie ruinée, encore plus au milieu des champs. On notera que l’usine électrique est habitée, et que ça doit être un truc dément d’habiter un lieu comme ça. Aussi, ça veut dire que si tu vas faire un tour là-bas, tu auras à cœur de passer tranquillement sur le chemin sans embêter les braves gens, hein.

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Hors saison

Ce n’est pas parce que j’aime l’été, que j’aime parler de l’été, que l’été c’est super chouette, qu’il faut oublier que ma saison préférée, c’est bien l’hiver, et que parfois il me manque un peu. Quelques images sur les routes de Moselle datant de la fin décembre 2010 en attendant mieux…

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La gare impériale de Chambrey

Les gares allemandes, ça en jette. Surtout près de l’ancienne frontière, quand le but était de dire aux Français qui arrivaient: « alors coco, t’as vu ça? c’est pas d’la gare de latin dégénéré, ça, c’est du solide. Tu me croiras ou pas, mais tes anciens copains français, ils sont bien contents d’avoir été annexés et d’êtres enfin citoyens d’un vrai pays couillu, hein. Si. J’te jure« .

Notons que pour une gare de village, sur la ligne Nancy/Château-Salins, l’effet est à son comble.

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Une jolie fin de journée dans le Val de Seille (et ses annexes)

Ces derniers jours ont prouvé avec véhémence à quel point l’hiver a une supériorité incontestable sous peine de lynchage à vocation pédagogique sur l’été. Parce que le soleil rasant, là, qui vient te souligner l’ensemble des choses soulignables de l’univers… tu crois que celui de l’été, qui est un étoile différente, il te donne les mêmes sensations? Non. Non non non. Non. C’est définitif. Si l’hiver était un Pokemon, il serait forcément le dernier en lice avec les oignons. Car si l’on bascule entre les registres et qu’on cause cantoche, y’a quoi à part les oignons? Le lard? Oh, je te sens partisan, quoique je t’approuve. Mais non. Les oignons. Quel que soit ton régime alimentaire ou ta religion, les oignons sont un summum d’importance inévitable. Personne ne l’interdit. Alors. Bon. Bref. Pour en revenir à la supériorité écrasante de l’hiver, quelques images de ce dernier en approche dans le Val de Seille (et ses annexes).

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