Faubourg Oberlin

A Nancy, y’a mon Faubourg des III Maisons. Je ne m’inquiète pas pour lui, il est aimé, la ville s’y intéresse, même si elle y fait parfois un peu n’importe quoi, à tel point que certains jours on se dit que ça serait bien qu’elle lui lâche la grappe. Ouais, je suis jamais content, et je trouve ça pas mal, si tout le monde était toujours content et positif, on n’avancerait pas des masses. Bref, les III Maisons, c’est vivant, dynamique, ouvert, traversé. Cependant, il y a, plus loin au bord du canal, un autre Faubourg, et c’est le Faubourg Oberlin. Lui, il est gentiment oublié, et plus somnolent. Moins à la mode. Plus populaire aussi. Il mérite le détour, il mérite mieux: un tour. Ou deux. Il mérite qu’on s’y attarde. C’est le Faubourg Oberlin, là, entre la Meurthe et le canal. Salut à toi, l’Autre Faubourg.

On remballe chez Alsthom

Nancy, rue Oberlin, c’était le P’tit Baz’Art, le marché d’artistes machin. Tu veux que je te dise mon moment préféré? C’est quand on remballe. Quand ça ressemble à l’évacuation d’un entrepôt d’après l’apocalypse, les zombies, les dragons, les aliens ou les Américains, et tout ça. J’ai un truc avec les fins urgentes. Les fins nocturnes et fébriles. Humides. C’est toujours un peu mieux. Ranger le contenu d’une grosse usine, ici ex-Alsthom, de jour par beau temps avec une petite brise sympathique, ce serait ridicule. Chacun ramène ses beaux décors, ses cartons, ses affiches, ses photos, de plus ou moins bon goût, dans sa voiture. En vrac. La magie est tombée, reste l’urgence. Les gars de la sécurité font des bruits dans leurs talkie-walkie. On fuit. On se disperse. La Menace ne doit plus être très loin. Il faut se dépêcher, on est parmi les derniers!

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Du côté où qu’c’est chouette

A Nancy, y’a toujours le long de l’ancienne voie ferrée derrière Longometal et Alsthom, au bout du Faubourg, le long du canal, de très belles choses à voir, gratuitement, comme ça, tout en se promenant, en plein air. Il y avait un moment que je n’y étais pas allé. Et c’est bien de laisser du temps, pour éviter trop de redite. J’aime particulièrement les 3, 9 et 10. Tout ceci est à voir avant les travaux promis, très retardés (et pourvu que ça dure) de route «pénétrante», qui feront qu’il n’y aura absolument plus rien du tout à voir par ici.

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Nancy Nordwand

Nordwand? Hé, c’est un film absolument parfait, cent fois au-delà de ce que ses diverses et déjà chouettes présentations laissent présager. A voir en allemand, c’est important. Tu as droit aux sous-titres, mais c’est bien parce que c’est toi. Ce film c’est… ah!

Bon, Nancy Nordwand, la face nord. La banlieue nord. Maxéville, Malzéville, chacune campée sur ses pentes en vis-à-vis. L’industrieuse populaire et la paisible boisée, les yeux dans les yeux.

Voilà, maintenant que tout le monde croit que je parle allemand couramment, et m’acclame discrètement en un plébiscite virtuel, passons aux photos.

Les vues sont prises depuis un bâtiment des Vins de la Craffe, pour note. Vinguette! qu’est-ce que j’aime ce nord de Nancy.

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Vue vers Maxéville à la limite avec Saint-Max. On voit sur la droite les beaux immeubles du quartier Jéricho, côté Malzéville.
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On vise ouvertement l’est de Nancy. Au milieu de la photo, la ligne de la voie rapide dite VEBE, qui enjambe la Meurthe et la masse rassurante des Grands Moulins en bordure du Faubourg Oberlin.
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Au premier plan, on quitte Maxéville pour l’entrée de Nancy, avec le canal de la Marne au Rhin qui longe à droite le Faubourg des III Maisons, et à gauche les jardins du Grand Meix, juste derrière les premières maisons au bord du canal. Pendant pas mal d’années j’ai habité quelque part aux premiers plans de cette photo.
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La hauteur qui domine ici Maxéville est la Fourasse, éperon barré, comme on dit, dans le cadre normé ISO 666 d’un établissement celte. Au pied, la sortie nord de Maxéville vers Champigneulles et l’autoroute de Metz.
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La jolie vue vers le poumon rive droite de Nancy, le plateau de Malzéville, dont les lisières pentues viennent lécher le fondement des dernières maisons avant la forêt. C’est plein de renards, là-bas. Au-dessus, sur le plateau, l’émetteur. Quand je serai grand je me marierai avec les pentes du plateau un soir d’été.
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Légèrement plus au nord. On voit dans la pente, à peu près au centre, l’ensemble sidérant des immeubles dits Balcons de Velchée, un endroit à voir, totalement dépaysant, dans un site curieux. Au premier plan, la station d’épuration de Maxéville cache la Meurthe qui passe juste derrière.

Du côté des Grands Moulins

A Nancy, si y’a bien un monument que j’aime bien, n’en déplaise au gros Dédé faiseur de verrues et de beautés, c’est celui-là. Les Grands Moulins. Ils ont une dignité toute verticale qui m’accompagne depuis le milieu des années 90, tant je suis souvent passé devant, à côté, en dessous. J’y ai même passé une partie d’une nuit de février, en dessous, à regarder tomber la neige en buvant des reubiés en joyeuse compagnie. C’est pour dire.

A côté des Grands Moulins, le quartier Oberlin, et puis la rampe de la VEBE, la voie rapide qui se transporte au-dessus de la Meurthe et depuis laquelle la vue vaut la peine. Comme j’ai vu aujourd’hui une photo des Grands Moulins d’origine -ceux que l’on voit aujourd’hui sont une reconstruction d’après-guerre-, ça m’a tout ému, même si j’ai pas pleuré quand même, hein; c’est pas non plus la une politico-fessière et racoleuse du Républicain Lorrain.

Bref, quelques images de nos jours, et un lien pour en voir une des ceusses d’avant lors de leur incendie en 1944.