Les variations du Champ-le-Bœuf à Maxéville

Je suis tombé amoureux de ce quartier, et c’est peu dire. Ce quartier, ses gens, ses trucs chouettes, ses trucs moches. Quand t’es amoureux t’es obligé de tout prendre. Et puis j’ai appris il y a très peu que ce gros village en béton est intimement lié à mon histoire familiale. Et ça, c’est pas rien. Allez, varions, en ayant des vues sur Laxou, voisine de 0.2 encablures.

Un week-end sous semi-terre

C’est pas comme ça? Des caves semi-enterrées, c’est sous semi-terre, non? En tous cas, un week-end à faire le guide à Maxéville, Nancy banlieue-nord, aux anciennes Brasseries de Maxéville/Vins de la Craffe, c’est festif pour l’imaginaire et les rencontres, et pour exprimer comment qu’on aime bien un endroit quand même. J’ai passé un très bon moment, même si la fréquentation était parcimonieuse. Mais il faut bien le dire, et comme me le disait un visiteur non sans esprit: « Il faudrait écrire à la mairie de Nancy pour qu’ils construisent de nouveaux monuments historiques d’ici l’année prochaine, parce qu’on commence à les avoir un peu tous vus ».

Je signe.

En attendant ces grands travaux, je vous propose quelques petites images en surface du site des brasseries sous la douce pluie de septembre, où j’me sens quand même comme un poisson dans l’eau.

_DSC5819 _DSC5820 _DSC5821 _DSC5926 _DSC5930 _DSC5932

Le caveau de dégustation de Maître Crafon et une digression imprévue

Nous sommes toujours dans les anciennes caves des brasseries de Maxéville. Devenues locaux des Vins de la Craffe à la fin des années 40. Et de leur innovant personnage publicitaire, Monsieur Crafon. Craffe? Crafon? Bien. Un « F » manque. J’incrimine hypothétiquement le marketing paléolithique, ferment de toutes les horreurs de la Terre, y compris les caniches blancs super mignons écrasés sur la route et les pauvres souris démantelées par des chats cruels mais gentils quand même à cause ils sont mignons. Tout ça c’est le marketing, tu sais. Le même qui a changé « Alsthom » en « Alstom ». Même si vues les conditions de travail au début des années 90 à Nancy, organiquement expérimentées à la chaîne par ma mère, dont je me souviens les grimaces pseudo-dissimulatrices quand elle voulait utiliser ses mains le soir sans se plaindre jamais, on va pas pleurer sur Alst(h)om. Elle n’y a fait qu’un an. Juste un an. Et je pense toujours à elle quand j’entends ça: http://www.youtube.com/watch?v=gnO6n2Pg0pM. Oh oui, il faut cliquer, et écouter, et sentir. Ma mère elle avait les mains comme ça. A faire des bobines. A peine un an. Tu penses à celles qui étaient là depuis des années? Gamin, ça m’a marqué. J’avais quoi? 12 ans? Va comprendre aujourd’hui que le travail, le Travail avec sa majuscule sarkozyste, mais pas seulement, sa majuscule sociétale tout court, il me fait peur et il me fout dans une rage noire le travail. Le môme de 12 ans il s’est dit c’est ça le travail? C’est ma mère qui retient ses larmes le soir en faisant à manger tellement elle a mal aux doigts? Eh bah c’est pas bien beau le travail. C’est pas bien beau. Et ça me fait dériver. Euh… oui. Maître Crafon et son caveau. Voilà. Quelques images du caveau de dégustation des Vins de la Craffe, à l’usage des clients, et fort marqué par son époque pré-post-coloniale…

 

Maître Craffon, Maxéville, Sylvain et moi (expo le 15 et le 16 septembre de votre serviteur)

Tiens tiens tiens. Je consulte mon agenda sur lequel en fait ce n’est pas marqué, donc je le consulte pour rien, mais bref.

Ce qui n’est pas marqué, c’est que avec copain Sylvain Raybaud, on a fait des photos des parties intimes des caves des Vins de la Craffe, aux anciennes Brasseries de Maxéville. Et c’est là que moi je trouve ça cool: on les expose ce week-end, dans le cadre des journées du patrimoine, dis-donc. Ce samedi 15 septembre, et ce dimanche 16 septembre, tu viendras entre 10 et 12H, et entre 14 et 18H assister à la visite guidée des caves, et à la fin, tu verras notre exposition globalement orientée sur les zones du site interdites au public.

Ça se passe où?

Il va falloir te pointer à la MJC de Maxéville. L’entrée est gratuite, mais il vaut mieux réserver au 03 83 32 30 00. La MJC on la trouve rue des Brasseries, mais c’est planqué quand même. C’est juste à côté du TOTEM. Oublie pas que c’est des caves. Il fait froid dans les caves. J’dis ça, j’dis rien.

Version synthétique: http://www.spectacles-publications.com/NANCY/MANIFESTATIONS/28775/Ouverture-exceptionnelle-des-Anciennes-Brasseries-de-Maxeville-

Sans parler des photos, la visite vaut vraiment le détour en soi. Tu verras, tu te feras plein de un nouvel ami. Pas inquiétant du tout.

Mais il a du vin. Plein de vin. Ça pardonne des tas de choses.

Alors tu VIENS.

Tout ira bien…

Les manettes des caves de Maxéville

Aux anciennes brasseries de Maxéville devenus Vins de la Craffe puis plus rien après fermeture, ce qui est chouette, c’est pas seulement les caves obscures qui font froid dans le dos un peu, c’est aussi les manettes. Comme ma prof d’histoire-géo appelait les télécommandes. D’ailleurs ici, c’est des armoires en fait. Bref. Y’en a plein, et le vin industriel, ça se fait pas comme ça… c’est comme la spéléo, c’est du boulot (obscure référence).

 

Dehors, les brasseries!

Car les anciennes brasseries de Maxéville, ce ne sont pas que des caves, c’est aussi du dehors. Ici la façade côté chemin de fer, que l’on voit quand on arrive à Nancy par le nord. Elle se trouve à l’emplacement de la terrasse où l’on servait bière et rafraichissements, face à la voie ferrée, qu’enjambait une passerelle permettant aux visiteurs d’y accéder directement depuis la route de Metz. Enfin, la charpente d’un entrepôt plus tardif.

Et oui, j’ai eu la main lourde sur les contrastes de la première.

Brasseries de Maxéville / Vins de la Craffe: les bas-fonds

 

C’était marrant de faire ces photos tout seul. Avec juste la lampe de poche à batterie. Parce que voilà, quand y’a pas de lumière, tu fais pas ta diva à vouloir ramener des tas de projos machin. Si y’a pas de lumière, tu en prends ton parti. C’est comme ça, tu vas pas dénaturer tes sensations avec des watts. Et puis ce serait bien trop social-démocrate (si). Le côté exploration anarchique est plus rigolo, tu fais vingt réglages par photos, tu râles tout seul dans le noir, ça résonne, du coup tu te tais et te fais tout petit. Tu en prends ton parti. Le noir, c’est bien. Les projos, c’est l’diab’ (sans compter que j’aurais la grosse flemme d’en installer, note. C’est peut-être la raison principale, mais si c’est frustrant, je peux aussi te faire trois paragraphes sur une supposée « démarche artistique », hein. C’est pas l’soucis).