Les dix ans du Festimad à Haraucourt: feu d’artifice et feu de la saint Jean

Les festivals, je n’aime pas ça. C’est pénible, c’est musicalement décousu, c’est plein de cons (d’après mon analyse statistique pertinente certifiée par moi-même), pas moyen de se concentrer sur rien, et cette injonction extrêmement pénible à arborer une attitude festive en grappes, à être sociable coûte que coûte, ça me rend triste comme un portrait du président dans une mairie. Voilà. C’est pour ça que c’était pas gagné, ces dix ans du Festimad. Alors que. Quand un festival ressemble plus à une grosse fête de village, ça devient plus intéressant.

Alors certes, malgré une prestation pleine de qualités, un groupe de reprises de standards de Woodstock, c’est pas mon truc. Les groupes de reprises, j’ai jamais compris le concept. Ça m’échappe, complètement. Du coup voilà, musicalement, j’ai pas vécu un moment dingue. Mais c’est l’ambiance générale qui m’a plu. Oui, voilà, le côté fête de village, fête de quartier. Il faut savoir que depuis gamin, véridique, parmi d’autres plus ou moins exotiques, un de mes rêves a toujours été de tenir un stand de frites merguez dans une brocante ou une quelconque fête patronale. Ces gens suant la mort sous des tonnelles par 40°C et se démenant pour faire des sandwiches à la saucisse en beuglant afin de satisfaire un client qui en retour est heureux, avec l’aide de sa sixième bière, de bouffer de la bidoche premier prix dans du pain sec trempé de ketchup, va comprendre, je les ai toujours trouvés héroïques. D’ailleurs, j’ai eu l’occasion de me retrouver, l’âge adulte ouvrant quelques perspectives, sous ces fameuses tonnelles à servir des gens en perdant 700 litres de sueur à la minute, et j’avoue que j’ai pas été déçu. C’était super.

Alors voilà, comme c’était un peu ça aussi les dix ans du Festimad, crois-moi que j’ai trouvé ça chouette. Sans compter qu’Haraucourt est un chouette patelin dans un joli coin, là-bas, sur ce plateau infini qui triangule avec Nancy et Lunéville. Mais le clou, c’était le feu d’artifice. A Nancy, quand tu viens voir un feu d’artifice, faut venir 8 ans en avance, et être prêt à te faire une place à la machette. L’avantage à Haraucourt, c’est que tout le monde se pète dans l’herbe au bout du champ, et que partout tu es aux premières loges. Et un feu d’artifice vu à 100 mètres à tout péter de la zone de tir, c’est quand même merveilleux. Alors ouais, c’est pas les shows de la capitale, mais comme t’as le nez dessus, ça vaut vachement plus.

Et puis dans la foulée, bam! feu de la saint Jean. Bah, c’est un feu comme un autre en juin, mais comme tous les ans, je ne suis, et ne serai jamais blasé. A chaque fois, je suis fasciné comme la première fois. A chaque fois, je me rappelle que je pourrais être pyromane en cas de reconversion professionnelle. Et à chaque fois je me dis: «ah bah non merde, j’oublie toujours, c’est interdit de foutre le feu à des trucs pour se jouir dessus à mater les flammes goulues faire leur office, raaaaah, c’est con, tant pis, je vais garder mon métier actuel, faut dire qu’il est bien aussi». J’ai une vie intérieure aussi crétine que riche. Bref, hein, les feux du Festimad d’Haraucourt, ça envoyait du bois. C’est tout ce qu’il faut retenir. Ça et le fait que tous les gens qui se remuent le cul comme des oufs pour faire vivre nos bleds, dans les comités des fêtes, les foyers ruraux, les structures d’animation des territoires et tutti, voire quanti, mine de rien, c’est des gens qui donnent envie de croire en des trucs, comme la puissance du collectif, que ce soit pour faire des fêtes du gras, ou des manifestations contestataires… Merci à eux, dans tous les cas. Ils se bougent quand même vachement plus les roustons que les gens qui les traitent de gros beaufs depuis la ville ou pas.