Un après-midi d’été en Lorraine -3- Liverdun

Bon, c’est sûr que vu la gueule à septembre, pas très indien, ou alors bien du nord, mon après-midi d’été paraît loin. Mais il n’empêche. Me voici soudain à Liverdun. La Moselle papillonne là. Au pied de Liverdun. Sur son cours, les arbres s’inclinent, et c’est toute la lourdeur étouffante de cette journée d’été qui se trouve sous ce couvercle. L’eau a une couleur profonde, elle semble profonde, elle est épaisse, même elle ne saurait être fraîche, mais pourtant sa vue rassure. Les insectes volent comme au ralenti, parfois un léger souffle vient rider la surface. Filtré par les arbres, se reflétant dans l’eau, la lumière semble vaporeuse, glissante, la rivière ne coule pas, elle suinte. La Moselle en été.

Le bonjour de Lerebourg

A Liverdun, on fabriquait quand même une quantité étonnante de produits à base de fruits, qui inondaient la France. Lerebourg, Materne… des confitures, des fruits en bocaux… l’usine est fermée depuis plus de quinze ans, et elle est toujours là. Le paquebot qui avait cap sur la Moselle a perdu de sa superbe, mais superbe, il l’est, sans aucun doute. C’est sûrement l’endroit abandonné que je connais dans lequel je me sens le mieux. J’aime Lerebourg, j’aime son histoire, son site, dans la belle boucle de la Moselle, j’aime son architecture, ses volumes, les peintures de Guingot, les gouttes de pluie qui tintent à tout propos, les trains qui frôlent et grondent dehors, j’aime Lerebourg à Liverdun, et puis c’est comme ça et pas autrement. Pour une fois, quelques photos de dehors, sur la terrasse du château Corbin.

DSC_8027 DSC_8028 DSC_8029 DSC_8032 DSC_8033