Bienvenue chez toi #1 / La vieille maison dans les Vosges

Les vieilles maisons. Je les aime tant, je ne saurais m’en cacher. Et je sais m’y cacher. Il y a quelques vieilles maisons que j’ai l’occasion de voir comme ça, au petit bonheur la chance. Chacune, indépendamment de ses habitants, est un genre d’obscur refuge. L’enfance est toute proche. En voisine. L’enfance et ces heures passées dans les vieilles maisons, à jouer, explorer, tomber, avoir un peu peur, avec des autres mômes, et surtout seul. Seul, dans une maison, dans une ville, dans un livre, c’est là qu’on découvre pour de vrai. Il y a des vertus au groupe. Il y en a d’autres à la solitude.

En Lorraine, souvent, dans les vieilles maisons, on a de la chance, parce que qu’il y a ces immenses charpentes sous lesquelles gisent ces incroyables espaces qui surplombent l’habitation en elle-même. Et puis tous ces recoins, partout. La grange, l’étable quand elle est conservée. Quand j’étais gamin j’avais déjà de ces vieilles maisons à parcourir, pendant le week-end, pendant les vacances. Ces vieilles maisons dont un quart est l’habitation, et tout le reste, un lieu de découvertes infinies, de bazar, de bordel, d’objets mystérieux, anciens, dangereux, poussiéreux. Le bonheur d’aller enfin d’aller visiter ce recoin, armé d’un courage nouveau insufflé par le visionnage de ton premier Indiana Jones, par la pensée de cette fille de ton école dont la vue te tord le ventre, par le simple besoin de savoir ou de te faire peur. Ce recoin où tu n’as jamais osé aller avant, parce qu’il est sale, parce qu’il y fait sombre, parce qu’il est envahi d’objets effrayants, parce qu’on te l’a interdit. Le tremblement de l’aventurier qui explore un tombeau maudit. Ce recoin impossible avec ses toiles d’araignées sans âge, croulant sous la poussière et les morceaux d’insectes morts, secs comme une pelouse calcaire dominant la vallée de la Meuse, à la fin août. Des générations d’araignées se sont ingéniées à te planter le décor. L’aventure au coin de la grange.

Mes vieilles maisons de môme, celles que je fréquentais, elles étaient à Sivry, près de Nancy, elles étaient à Uzemain, dans les Vosges. En Normandie aussi. Puis, adulte, j’ai fait connaissance avec celle de Xures, qui s’endort au bord du canal, celle de Bulainville, en Meuse, qui naquit des ravages de la guerre. La Meuse, tu sais, c’est fameux. En Meuse il y a aussi celle de Béthelainville, fort vieille et redevenue neuve, et cette autre de Béthelainville, bien plus récente mais devenue vieille. Celle de Rouvrois, d’où l’on entend de partout les peupliers bruisser langoureusement au bord du canal, comme on entend la mer de partout, sur l’île d’Houat au large de Lorient. Et puis la grange de Louppy-sur-Chée sous laquelle on se réfugie pour regarder le déluge tomber des entrailles de cet orage. Les deux de Vigneulles-lès-Hattonchâtel: dans la première on mange du sanglier jusqu’à l’endormissement de 15H. Dans la seconde on goûte les alcools dans les bombonnes en fatras pour retrouver cette fameuse mirabelle de la dernière fois, et souvent on n’arrive pas jusqu’à elle, parce que la sieste guette, une fois encore, vers 15H. Je me suis aventuré dans celle d’Hattonchâtel, même: étriquée, renfoncée, misérable vue de la rue, elle réserve ses vastes mystères et ses merveilles sans fin seulement pour qui y pénètre. En Moselle, je fréquente parfois celle de Château-Voué, avec son long et étroit couloir préservé, aux dalles usées, lisses, brillantes. Et de retour dans les Vosges, j’ai eu l’occasion de fureter celle de Fays, accompagné par la voix de stentor de son propriétaire tragiquement merveilleux. Celle de Fays, que l’on voit dans ce billet.

Si tu n’y prends pas garde, tu peux y passer des heures, pourquoi pas ta vie. Ça fait un peu peur, dans les zones non-habitées de ces vieilles maisons. Le temps ne passe plus, lui aussi est comme retenu, captif, grillant lentement derrière cette vitre douteuse qui filtre l’été, se cognant au carreau comme une abeille égarée, qui ne sortira plus d’ici, et qui sèchera, en se souvenant de son enfance. Il faut s’ébrouer, et tendre l’oreille, pour en sortir, pour ne pas s’y déposer comme la poussière épaisse que soulèvent tes maigres pas. Il faut tendre l’oreille pour entendre, étouffés, les rires de la bonne compagnie, là-bas dans la cuisine, dans la salle à manger, qui joue aux cartes, qui joue aux dés, qui pérore sur l’état du pays et refait le monde sans rien y connaître. Alors tu te souviens que tu es parti cinq minutes prendre l’air, car on n’aime jamais tant les gens que quand on revient d’un congé qu’on s’offre comme un rêve de sieste d’après-repas. Cinq minutes ou cinq heures, c’est ça le piège. On ne sait jamais dans le monde immobile des vieilles maisons, ce monde magique, magnifique et inquiétant que peuplent depuis ton enfance des oiseaux morts, des crottes de souris et des trésors sans limites. Il faut laisser ce monde bizarre, et replonger dans la douce tourmente de la bonne compagnie.

Vous en êtes où alors? Sarkozy? Ah m’en parle même pas, de Sarkozy, on va encore s’étriper. Mais non, j’te dis, ça n’a rien à voir avec les 35 heures, c’est pourtant pas compliqué à comprendre. Et en même temps tu veux qu’ils fassent quoi les Palestiniens? De toute façon la PAC c’est vraiment une sacrée entourloupe. Oui. Voilà. Pas plus haut que le verre, le Picon. Merci. Ouh. J’ai sommeil d’un coup.

Pendant ce temps, dans le monde parallèle de la vieille maison, qui sait ce qui se passe, ce qui se murmure, ce qui se trame ?

La vieille maison en Meuse

« Bien entendu, grâce à la maison, un grand nombre de nos souvenirs sont logés et si la maison se complique un peu, si elle a cave et grenier, des coins et des couloirs, nos souvenirs ont des refuges de mieux en mieux caractérisés. Nous y retournons toute notre vie en nos rêveries

[…]

Alors, du fond de son coin, le rêveur se souvient  de tous les objets de solitude, des objets qui sont des souvenirs de solitude et qui sont trahis par le seul oubli, abandonnés dans un coin. «Songe à la lampe, à la lampe si vieille qui te saluait du plus loin à la fenêtre de tes pensées, à la fenêtre toute brûlée de soleils anciens…»

(Merci Gaston Bachelard, merci La Poétique de l’Espace)

_DSC7002

_DSC7009

_DSC7010

_DSC7021

_DSC7023

_DSC7024

_DSC7025

_DSC7030

_DSC7031

_DSC7036

_DSC7038

y†5f?Ô…$‹SÓdå;-.-¸[ItY½!<Q˜r­GŽJ›U¹¾BMnBA¨îûP+xÛÿÔóvóÌÔPXÁÿo*$ YE®‡{'EâÛlv®ÕÊüPÏÃ(™'{íJœ”q€Ä̔×Deþ©¬kN,­^ÍR[`5›(:×XÔ%¬w'àZН¶cZüð‹ÂôÉVÖ3­æ¡prà»K'ÙWZqr™H–ÈD2MFfÔï-ôÚ#*9xTpMˆ'‘¢œŒae‘˜7Õ-4=D´ò¾Â]^úîÔnË®€ãU«d…g.< p†‘ÄM•Ÿššî¨‹og-ўác•¼4Q«¬B¨«Jã`e²vÌāò—•lô}ÊãT‘Ö™nJÁ83+p‹™¢îÇõk"d­ù‡¡Ø].ÎÚÙé»Ã¸”Ÿõ߄uÿ‚Àrn8äx‰ZL¡H–jv­@Û#j¡uuoo-ÃaˆÓ“wÛ$ï-[ú÷wº´‘˜c»!-ã"„¢þÛò²R=ôÉtdI²žðÍon¶|íeŒò¦‘Ëpp¿3ìåøþ–³ÍŽj~`‘Û[êP[n¥	eÊXý§ßí|²ÅH®|»grË,2íÈKV£r܁Ž»­?ip%5Ôüáæ;ÝZÂÊX’I)Œ5d0n$5۞ç¡É™ÄD¶3©.³ys0I$¼Së¡5I!7SÛT…ëfC躴ÌC‡‹áâkJQ²	Ko4öpÀKpCIHø”Rµ®õ”¶{e1”¨MT×â OÇaPñÅi`á‚ä†?Ê?g-Œ6k'vKjª—A´¨žiŠµGòŸÚm±¾‰Øsz§‘íí,&Öµë„2²«-¹n1FÌ¢•²wÀC"vcRÕ<Ãô¶š1Xtۀ«úZB±Fé ÷m Zü$}žM„D­Eå//^Åeq{©*ÚO·×î^…£ý/µñQ«þJ'ìàõ6™#­ì-õO6Z•7Qòd‰ò%¢ETŽü¿á¤våÆ<z‚1¤ZÊz7éÑúnõc©ŽT‘	‘Gæ´ý’?h·ÚË@'vcçÈü¸Úº¦“®®¡e	wfAF……PìÈÔãðäeÜ ¼Î_5ZǤ[ZÚ³Êò•xQ#­B·$û9.Õx­«-:ÿVÔíîµsg§Û¿$…èÒHÇ`Ì£ p¹!•½ª*»Vˆ*Õmµ#å•Õ”§ùºæãL¾²·†	´Ù—µÑfR#@âøºTfHÖÁ5M	uHREi-çRP=A"Ú„ü-Û%j:ji÷áïXÉPË:)Uæ£bJø÷¨y½Xn¥yÕ&^~Œ•SëMèiŠ¦Úǘ‡¢¬&Ê&âÔ! ªÓ”tøëˆTŽîí"•ÝƒÚËÈ*Z¢µªÓ¦ îeõ.JÁD>?ƒí°¯mðªMªÍ·2É0Êò&”PIXŽj÷ðÜ ·_L€yŽd‚äD//‡ÿÖód3X”!|XŸá•[l/’òÉd¸æµø¨Æ´ö­qá+ÄaÕÄNʨ«P¡V»øšdLĉ_0ʖرڃ®ÔȜL¸ÔÞîöòJ‚îV€©òDŽkÄShῸ‰H·t šÑe£6Ûïöºd=!–éߕ´ÛýR_J)Qv¡û@šñ§íaâèí͞ØùÃKÞj+#Š}²C5­7Ùxä뽨Êù1½[Î6z¯q5Ÿ¤ìш᷄¬¦2hC4Äqæ?⿋w3ï_¤yçÌÚͯ£ÊX Œ§×&ýã€~Õ9Õ*ÿåd£eÃi†«j—·RiúzA«GÉZêêý=T$~4ø®JÓÁlÏ̖š^œÐ‹KqtÞ£ZÙÛ©E^i»õ¡à«ðWáÿePP,ƒÉ>]»ÓfV¸€+Ú `ÊÓʼ¤!¡à¦‡ör"-‘[¼ËÍWË©þcVç—(´ûI'ÿ‡|¯#KüòZ]°’¢ÆIÔ^•ìƒp¦›!´çHºÑo!ã§L’¤J¿TS°í퀂‚ºÿWҬеÕÔvÀtœr?@©Æ“/˜>¹)ý§Üꗏ¥ÒÏÛ$"…óhZµÒz÷֖ע±‡‘pè£ì¹P)¿Å‰¤‰7%ý•Åá‡]`¾’b¤ˆÚ8ªV4T5jr/VË#фŠ¦Ÿ6wp¶úV“:YuKŽ>ÝjkJ`%m0»»“MÓe»‚ؼP3E4­F³ð_ö?µË,myl^ÅæËå,æ!·jÆBË uýÐþ^|i„rdy¦QMh‘݇g°{G­ýË+ҧáÉ1jâöæsÙȑ9Ôü*HªšW™LÅnåˆÙFc’5CF1¹©©uۖ+I¹¬Û>¥;ўPÛ'à*9VÀ•¦êbIø¢»!Ž~F:0ØTµ‰…d¹“FYXÀfŠGaø˜+…ý¬i6•júÊٙÐ÷‰µiH~(Çáb:téŠÍíåË#¬R(ԄŠ?¡ÄÐý^Š%sÉeܱ$lӊ¿ÿ×óKe—©©ý¹Ù7êÙ+Š!`-Ú¾#+a¿­Û'©Èü5âµè1¥´JKo¼_:Í»€>5*wÕñÈYZkg¨è–°µGž⃸ef,¸™Ž™uk™uK‘½¸žŸ,2”`üÌÓ4‹ck¡Ù…øB	dØü=QŒE38ïšGw­yÓÌîÉ$Ҙ ¨ª§½lšF0‚›FÓmSӚs5Í@Ǹ,{W$£ôo-ͨÈ>·(µ·Z“®È»šâ˜ÅêR³¶6ßSò╃ýß©2U|9u'ÌÖï@Ò&us$“XélZâáI-4ÀÑøžª˜	O>æGw©ÉŠ÷ô†íâi£„1¤hÌ)ß~G+JCwä=1o..SQ¹²²˜òžÖ&HcÛüªT¢Ò©nÿ-ôJµ´qÞ)?ƒq%G‹¿Ãøä„I`d_þeê&vk(Pñ*«)CZ׊п&1w Éjgóô§×¾ £pSÅNûŠ.X"	dZTK<qȬԶû£.o©?/ô-Ì—¨j—2[½”Ì»–1Å[çö%чWk–’áús[I!ýôwŠG@ä+rræ2ªm¶¢ëzo£#DgRfŽÍVB#cŹ‚Å~Ï&ä¿êå|‹o0›¥í»ÚO*HŽò–H£”†Uh=6ÛùrLö—7°]ªÜZ…·*8²š:¹ZqeÅ)›­TC$F˃òüDR¼ÚêáUtûÉÐÝK8Ó.èÁŠq­r4ñûXeΝ4:<×2OCê2ۈÜrg-ZúlvUZöÅBLžeôl&†òÜLäú°]ƒG»P€hW¾*“ÛFº”²‰åh®X¶ü€ùþ×J`%@Q´‰MåÍ¢ÉësŒðvêw¦FHçMÜ}M^&"óõ(hÿµJ~Ë~Î?ÿÐóÕ%=E¹ë‚ÓK…£R¥‘~l0ZiV+{ejÌëƇ¥OôÅirǧ¨¯&bzìÛïȒ[#Õ3·Ô‹ðŠ‹ñVƒâ¡í¶WE´p£I½™D—2­´?´Ì}ñl´‘èºsD77õv?ÑŠ¢ãÔ5Ýbu†Ê?IpUŒqZR„×®FéÕ®‹åíœ4!¦fbc¯_´~?õr)°Mç­_‚e‰#k˜Ì…mېŠH¡#åð·n{µ“q¦wy§—üÇw¦½åüos=%ߐÍ#Šò'ùxÓ qÛ*Loÿ2üÃpYˆ¬×±AÉÇû&ÿšrCfLjþçSÔývæYÁûnå‚ 1´2ZPÚ»ÜáT¥»Å´IÆÉÙjí *¡:ýŸø,…n¢v‡ó&µk¡Å:“™u)k3B‚«Pî?ÙqørÀæÅ"ò‰m9ӍÅɂçPY/"¤êLªÌº±¯ñq¡ûY	ÚÙ¿Í"Íamì0„E•£* ì%øÀ¯Cü¹w&žo3’ÎUuäÊÄ×±Ú»aU6³“£©äMš‘_ׁVKkv„ˆ‡·Ä{—|R±à,£‘ šÔ㊬Kºœ°†	%a°TFjýÃS¿*y;ÎߐâÞà&Ö;<Í!<ÐI{™,lÏšJ³&ÿfŠªr3 ×¼ªh÷åý2H¯î%Qz5(ÙS„cádܞ¡a)¯!Uy=$ú¼oA //ÛÿW*êÕљyúïÊZ—Û@šD7wIÍò4YHy>/µðü?k2% LbX%¯ä}­÷§y}¨z<¨±¬6¤+Pãm‹æÆ*JûÏʏËÍe}Râòh˜…‰bˆ-I©‘iUmðØFëaп%­f‘JÃ|GNSKp?•aäDƒ*)†–ÞB±·Hôÿ-ÏzPž2&œîí_æ’p€ÓOG™/Ä!¬<«5ºtçs-­ §¸Rí8P2ù·^ä^yô=-V£ý"òK–ùñ@˜8–‚çÎËõÒw'f¼Ôf¼5>+—+2À/.óö°“ù¯P{(£°DU·h,Áà@®Cñ×,CºÔd]¹³l/REÃèÅPO7­'¦X‰:þ85Ôⶎá4û‹˜§ŠÚðÏnµ«6áõ4Å)Ä졐Ñ	§@q¥r¿ú4±Ë+FFDQ^|{Û*¶¤Ñm‘åm”Ó²”jñÚ»S¦4¶‚ªK1ВÄÛínj1ê«Qäà)°©þ]Žõ?FÿÓóÜ2ΐÆT}‘ß1Ë°uÄz¤¯C³tðL„Š¤Z^°ãu(¾,ÁŽ$Մ×˧Íd¸„TQ¾"Ô4ù`Y@©ú¶q¨¹’‡fUOk;°¡Þˆ‚+˲ªwþӚÐâˆӫ9´#—Ρ¨tJî íó®™E•—š5Áš•Ïè½èTÉN¬»xS$ȞiŒpi­ÊÛÊÖk¨ÞKÂ/Cš|a‰å#Ú_³„†¨_6Qå+(¬äžÒÞ1u«¨¥î¦hñFÇz^ª¿°2d§šnÏL–á%^q³(‘ÈÁ²©ýž?ïÇý”@i&”™týËCS¼c5î¬ÏÀGÈBQcXŠÕb‡§¶ïÏöpô·›)w–uë«ø~µ¦]Çk«G®¤} ܉	^g‡%_µ•ÞìˆÙ(Ó|Ë¥Üy‚9õ^òúe.­s1Áĕy¦ƒÙ°ž{±dú´	nÍÖ"”É}~üXWn0ÃʟJd¸ƒ),žsÑÙn"¶°ÓlãbU.¢·šy™iöªþ•§¯,|@„®™÷ðEÂ+©ªFï­¼è.f§üDæ	ðÒMOócQ[ۚžÓÞt+ëÁâ“È/†´ÿ˜6ìÌd–Ýùôd¹"¾£><Rîe¿Ç7®´¶{¯õ[e‹oõ•WÉh%wÚαp­,ö×ÒDƒ“úó×N;÷¥SF6”´<=Jï °÷ÈHœèzz.µo%Í¥¯+™è6á™|~ÎnVGf¬ë÷—Þ`ŸQf<¥‹:Š(aO³)¡.º„Á/ë,«:*H ЩÁiBòUÄâ0¡ZG¸‘À¸* WáP>Ö¾ø¥±ä‹]öæJá´/(-&pËWŽ¨k¿PAýxó^OÿÔóÚkRPTÜ­@öŒa³°wS7·.]9·+±÷Ã@/‘ÙŽ§*|l"Zmê0ZøPdIˆm™{_Ó]!ÑtÖ½ÕJ€&sÍ9×săQÿ’°ÄD‚ÉìtoPWΫ´ IõÜ"Ó°â]˜´Â ,ƒHó?ébövÖ£HÑ+KyOH¼Q‚V€æO*ý¬<IŽ:å͐éeqÉQòÌjU¤?ÜØ°?`æÛÈPb¾yÖõ½CTžÂ( ±Ó¬PL#äÔ6ÐI^?9ª'ùóq2”'œ=”bÚcß¹g z6I¨kò$úm4¨†ÔùE97nG	5ñ(jš–¤u(b“ŠBñJÐ>‚·Úi?•¶ûCý_ÚÄ3ÈÆ Ô¥ËË#þ”:‹5´-3U>>)B¨Š9”Üp—‹6ó_5ù‰õ&³²’?HÚÉ8ZUX(o…Jý•¡³†íÛâÉ»¬…R›W´Xįpˆ¤90wb¤þ”Ò°{ÀëÙPýY1܋_ iš3jO{u¥R'ÒÕ¥0…Rvf;Sž2xSm_X±BþÒͲ°uº¶šeeGV (ýYNQt¢šŸ™f +YۓÓwÿÆ£Z<h“ê+êúˆ»†h•cŽ£a΅˜ü°&6ˆÕüÁ¥[Bƒ2ÅD"%<AëJýžø¼á5ÉL#{”ÎÚiå+…¨E=g`z{±ÈÞÝtˆm´ÈA¨]	Xš}Z³õ؎Õ>ù i®@žl×ÊZG˜%±ú´r.“§¨2K/³2€XüDŠl>*aæYÀ)’ùzÿHµ©ùfßëZ‰aëj²ÔÇ?i‰ÜÉíˆe#¹"¾³q&£ëEv×Wq#%Ýì¡Z(d$Ž«ÄôÅ>ÎaÅòA¥ž“¨êO5ËElœ}b¿ÌÎeàw%”Õ›àáþ®L4Hî‘y¦ýl,®o¤[ò‚ÒÝ@ӓY€€Yj2$ ¼rþúKFK‡Èđê1©n܉ÿ+®N#mÜyKvu¡ùšÞÓMfsFyIÑUGêÌIÀÛle³Sy·Hå,’ñ’iSÓwc_ƒÀÓÇ%2~][AÆ«+AÚ0ò÷!&&A`×tÔ[éêdzHñ&¸xz8’æÕåúÃÉj¼¨(ŸÛåLŸ‡³$Wé­vp!µ8Ž(I»ä|8¤JHË/Îwäàׯã·ÓLŒ{IfZ/äïžoJüÃSá[†â¦¢›€Xã^H·¦yGþqóÌéiuõ›È`[¨}%–8än,Än+Ší÷â¨Uª±Y{t8U͕aËuØ|M^çîÈò*ßÖn¦XÔTȌ=NÛ1ªM¦z˜µ=;›hå~n¯öÁ¥)¿l’SÌós^S—&ޔcЄ졻©ˆH%s&„{lïR‡reŠ…ªCƒ·þÞO’ÿ×ào?˜J+[§û€8u÷4ÌP"ìIŸ@…¹P™Ë<bFÞ­ $}Ç ‰	Í@XEêÇÍÒðPK:U‰'ç¶K‹¸0ðùQq}FÙ¿s×Uf%Mi½FDÙlˆÍ5ŠÛW¹¶!VŽ+N†Ÿ,†Á´YþŠ3HÔ´›[†‹L³:÷$ÏSJ€	â6NMûG$Krª4È~µo	-%Ï6¤…$#—¤›Žj¿îÏÚÿ‚ÆؐÀÿ1)+ÀM#M!89”‘WãɾŠ(ÁâIxBg§h–Ò7¦št×~Ç©÷rD™¬¨w2?ÈÚ§¤%–ÁmaÖya€éÐs8ð÷”q2½DÓ­‘ÍƋléѤš[§?ìcà2qˆ`dY>«X[ÝuPñÔ©6oâ­7!–	1¤Õüå¡C‹ýfVÚªg³µßä…_˜^—ꘚ2Æ#ŠÏÕkþ—¨]N̊ÇÉr> d †¶üËÒÅÈúfEgw6²IÅPbÒJÊzw㈝•0/Ô5çÔî&n-%^g@¡íÙMX…u4®ûS,*Ý?Κù9ìZÅ¡ÖÀ¡^U¯¨EI+ö±CÖ->²(HãI0R¼Cº‘O‡Çcim ”™X«®è¤T¹ÅQ02Ç"µÔá(Yué‘J$NN‹ÉP78@ÜÔv®*_j3=ÃM#Õß~&„+¶1Š’¢V9>:’>ã½ím°Â«dãõ†E5Zôë¸ÛÉVòN4SÄ×ðÅ_ÿÐó…Ü7.Áèl>.O¹'

Autour de la rue Turinaz

Nancy, rue Turinaz. Turinaz? Quel nom étrange. Ce garçon de Chambéry a été évêque de Nancy de 1882 à 1918. Il radine son drôle de nom de sa Savoie natale. Manifestement. Un gars d’ailleurs un peu trop catho comme pas deux à mon goût, qui lutta activement contre la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les inventaires etc… il a sa rue à Nancy -admettons- juste en face de la basilique Notre-Dame-de-Lourdes qu’il a décidé de faire sortir de terre et où mon copain Criqui (qui est mort en tombant d’un échafaudage) a mis de sa main.

Cette basilique a commencé à sortir de terre en 1908, pour s’achever tardivement en 1929, après avoir été consacrée en 1924. C’est que la Première Guerre mondiale n’a pas fait que du bien aux édifices ambitieux, d’où ce retard. Moi je la trouve moins intéressante de Sainte-Thérèse à Villers, par le Jules Criqui aussi, parce qu’elle est bien plus classique et ne « tente » rien de bien fou. Après, ça reste un monument d’une taille appréciable. Mais ce qui m’intéresse dans ce coin, c’est cette période d’édification du quartier. Années 20 et années 30. Dans la rue Turinaz, plusieurs couches se superposent. On en reparlera si j’oublie pas entretemps, mais y’a par exemple cette maison, un rien sévère.

Moi personnellement, elle me donne pas envie de faire le con, et j’aime bien ça, les maisons qui me parlent, même pour me dire de la fermer un peu et de m’asseoir droit. On la doit à des noms importants à Nancy:

Je pense en particulier à André César-Millery, à qui l’on doit aussi un grand immeuble avenue du général Leclerc, juste à côté, mais qui a surtout participé aux plans de l’usine Lerebourg à Liverdun! Que si tu fouines un peu ici, sur ce blog, tu verras que c’est pas d’la merde. Pour sacrifier au langage de l’époque, comme disait l’aut’. Un peu plus loin dans la rue, on se détend, on hume quelques fleurs.

Ah, et puis aussi cette perspective, le long du gymnase de l’école Gebhart, j’aime un peu bien aussi.

Enfin voilà, un coin de Nancy que je connais mal, je ne passe pas souvent ici. Je l’ai un peu découvert l’année dernière quand je rentrais quotidiennement à pinces de Vandœuvre, c’était l’une des nombreuses alternatives que je pouvais envisager. Niveau monumental, y’en a plus qu’on pourrait croire, dans les rues qui partent vers le nord depuis l’avenue du Général Leclerc. On va creuser le truc. Et en parlant de creuser, plein de trucs intéressants et de photos de construction sur Notre-Dame-de-Lourdes, et même, des faucons. Si.