Metz, derrière la gare, derrière le Pompidou

Cette drôle de relation avec Metz. Not’ bonne voisine. Moi je suis le Nancéien, alors Metz, je t’avoue que je ne sais pas vraiment de quoi je parle. Ces derniers temps, pour des raisons familiales non dénuées de franche camaraderie, je vais plus souvent à Metz. Si en un sens je reste un peu hermétique à cette ville si proche et pourtant si différente de la mienne, il n’en reste pas moins que cette incapacité que j’éprouve à m’en emparer, à la toucher, à la laisser me toucher, ça crée de la fascination. La fascination de cette inconnue exotique et pourtant si voisine, exotique et pourtant si froide. Je survole toujours un peu Metz, je ne m’y sens jamais totalement à l’aise. Je me sens chez moi au Tréport, à Caen, à Auxerre, au Havre. Pourquoi Metz se refuse à moi?

Finalement, sortis des beaux quartiers pittoresques, Metz me parle, tout de même, quand elle déploie ses blocs. Me voici en terrain mieux connu, plus familier, moins inquiétant. Malgré une diversité bien plus grande qu’on ne croit dans ces quartiers aux arrêtes tranchantes, il n’en reste pas moins que ce sont des textures, des grammaires qui ont à voir ensemble. Et comme à Nancy, comme ailleurs, comme à Metz, j’ai cette affection pour ces quartiers de béton pesant qui me sauve et me rassure. Alors allons-y, un peu de Metz, un peu de blocs.

Metz, la crainte suave

La cathédrale de Metz, elle est sombre. Vraiment. C’est d’ailleurs pour ça que je l’aime. T’as le poids des ans. T’as l’impression qu’elle est construite sur un ancien cimetière indien (ou médiomatrique, allez, comme quoi l’acculturation a des limites), et qu’une drôle de malédiction plane dessus. Et c’est vrai partout à Metz. Metz est ancienne. Nancy fait sa fringante moderne (à peine plus de mille ans, c’est une bacelle de l’année!), avec son École et sa pierre blanche… mais Metz est tapie, obscure, Jaumont lui donne sa teinte mate, un peu hostile… mais avec assurément plus de musc, plus de rugosité, plus d’histoire(s), plus de peines.

C’est la vision subjective que j’ai de Metz, où je ne me sens jamais vraiment chez moi, moins qu’à Strasbourg, ou Sarre-Union, ou Saint-Avold… Metz, j’ai une drôle de relation avec, plus qu’ambigüe, Metz me fait un peu peur, Metz m’inquiète, et Metz me fascine. Metz est une ville de vampires (Nancy est une ville de poneys). Metz, ça me débride l’imagination avec une puissance savoureuse, aux confins de la lumière et de l’ombre. Metz est gothique dans ses tripes saturées, Nancy est classique dans sa permanente frivole.

Metz c’est une ville rôlistique.

Et c’est tout.

Et tout ça culmine dans la cathédrale.

Cette obscurité qui attire, attire, attire, celui qui en a peur.

Oui, oui, c’est moi.

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