Aujourd’hui, c’est Nancy banale, touristique, et belle quand même

Et puis tu ne peux pas toujours cracher dans la soupe. Je chouine souvent, je fais mon malin, en disant ouais, moi, je suis pas l’Office de Tourisme, moi je vais te montrer Nancy comme tu ne l’as jamais vue, avec des bons plans inconnus. Mais hé, c’est un coup à finir par monter une saleté de startup mignonne avec des visuels tendance axés sur un cœur de cible beaucoup trop branché et aisé pour moi. Bref, rien d’intéressant. Alors je fais tout le temps la navette entre la ville évidente, et la ville farouche. Je ne sais pas où me poser tant j’aime les deux, alors je me pose partout. Je ne peux ignorer le plaisir que j’ai à passer place Stanislas ou en Vieille Ville, mais on connaîtra cependant largement l’affection intense que j’ai pour les ruelles du quartier Oberlin, pour deux trois petits parcs perdus, pour les bas-fonds de Maxéville ou de Vandœuvre.

Aujourd’hui, c’est la Vieille Ville qui tient le haut de ses pavés, et c’est quand même bien. Quand même.

 

Les fantômes de la Vieille Ville

La Vieille Ville de Nancy brille, aujourd’hui. Plutôt bourgeoise, plutôt coquette, les touristes s’y pressent pour ses monuments, ses musées, mais aussi les Nancéiens, pour ses restaurants, pour ses bars, ou juste pour le plaisir d’y être. Tu es à deux pas du grand parc de la Pépinière, à deux pas des grandes artères commerçantes, à deux pas du Faubourg des III Maisons. Tu aurais tort de te priver. Mais les gens qui braillent sottement aujourd’hui sur «l’insécurité», et la mairie en premier, semblent avoir la mémoire courte. Oui, comme partout, il peut y avoir des problèmes, mais alors que les actes d’agression et d’incivilité ont rarement été aussi faibles dans l’histoire de la ville, ils oublient que jusqu’aux années 1970, et le très gros effort de réhabilitation des lieux, certains coins de notre Vieille Ville étaient fort peu recommandables, voire dangereux. C’est assez logique: le plus vieux quartier de la ville… insalubre, par endroits misérable, où un coup de couteau égaré est vite arrivé. Certains soirs, en hiver, quand la nuit se ramène, et que l’éclairage public tarde à venir, quand le temps est de plomb… j’ai l’impression que ces fantômes d’un passé dit mal famé traînent au coin des rues de ce quartier aujourd’hui aisé.

Tiens, en parlant d’insécurité, j’ai lu un jour en commentaire sur un site local pas passionnant des Nancéiens qui écrivaient: «mon mari et moi n’osons plus sortir par peur d’insécurité». Eh bah, on n’est pas rendu.