Autour d’Amance, attendre l’orage, guetter l’orage, rentrer brocouille (Bouchonnais style)

On a toutes et tous nos marottes. Moi j’aime bien guetter l’orage. Pas faire 548 kilomètres pour le chasser, je ne suis pas de cette tribu que j’aime bien cependant. Juste le guetter. Je chasse l’orage à l’affût. Je le croise peu, par conséquent, et j’attends beaucoup. Parfois il surgit salement de derrière la colline comme un album de Lou Doillon sur le bon peuple et me tombe allègrement sur le coin de la gueule, en poussant des grands cris venteux et en tapant ses éclairs dans tous les sens, et je ne fais pas trop le fier. Il m’arrive d’avoir peur. Il n’a pas besoin d’être géant, il n’a pas besoin d’être tentaculo-giga-méta-cellulaire.

Il fait juste crac boum et tout mon cœur bat plus vite. Comme devant un gorgonzola, un risotto ou une bière bien gaulée (et il n’en manque point dans la région). L’orage c’est chouette, et le guetter dans le Grand Couronné de Nancy l’est d’autant plus, avec ses paysages de collines fauves, en été, t’as l’impression que quelqu’un s’est endormi sur le bouton saturation. Et ces collines, et ces plateaux, c’est l’occasion de te perdre et de te faire surprendre par le bestiau électrique et perturbé.

Sinon ça faisait un moment hein? Ouais j’avais plus accès au blog, j’ai tout tenté en béotien sans succès, après la procrastination m’est tombé dessus, j’ai tout tenté pour la vaincre mais j’ai perdu comme à chaque fois (à vrai dire j’ai pas tout tenté, à cause de la procrastination: c’est un genre de boucle infinie…). Et puis à la faveur du confinement, j’ai réussi à aller extirper le problème de la base de données du blog en donnant des grands coups de marteau un peu partout, et grâce à la chance, me revoici (procrastination et chance sont les mamelles de la réussite, il faut croire). Je vais pas vous dire que vous m’avez manqué, vu que c’est pas vrai, parce qu’on ne se connaît pas en fait. Et les ceusses que je connais, bah on s’est sûrement vu ou donné des nouvelles depuis. J’ai beaucoup utilisé Facebook et Instagram pour planter les photos faites avec le crétinphone (c’que c’est moche, crétinphone, on dirait une blague de quand j’aurais 80 ans). Je continuerai. Mais entre nous, il n’y a qu’ici que je me sens vraiment à la maison.

Et hop, l’orage est tout barré. Caramba, encore raté (cette photo est garantie 100% mensongère, la position du soleil montre bien que c’est le lendemain, au mieux…)

Ah, pour finir, pendant ces mois sans accès au blog, j’ai appris à connaître et à aimer le travail de m’sieur Jacquot. Suis donc ce lien, tu pourras voir ses photos et lire ses mots. Tu peux même faire l’inverse, comme quoi c’est super optimisé.

Soirée inquiétante dans le Grand Couronné

Tu es chez toi, tu bouquines dans un fauteuil récupéré chez un ami, qui lui-même l’avait récupéré dieu sait où; il est vieux, moche, pas mal défoncé. Autant dire confortable. Il t’aspire. Et puis, toujours avec un peu de retard sur les événements, ton cerveau fait surgir deux évidences à ta conscience, interrompant ta lecture: il fait anormalement sombre, et le vent a fraichit. D’ailleurs, il y a deux minutes, il n’y avait pas de vent n’est-ce pas? C’est le moment de jeter un œil dehors et de voir que pendant que tu suivais les aventures de Pete Fromm dans son parc naturel, saine lecture, les choses se sont considérablement dégradées par chez toi…