Aujourd’hui, c’est Nancy banale, touristique, et belle quand même

Et puis tu ne peux pas toujours cracher dans la soupe. Je chouine souvent, je fais mon malin, en disant ouais, moi, je suis pas l’Office de Tourisme, moi je vais te montrer Nancy comme tu ne l’as jamais vue, avec des bons plans inconnus. Mais hé, c’est un coup à finir par monter une saleté de startup mignonne avec des visuels tendance axés sur un cœur de cible beaucoup trop branché et aisé pour moi. Bref, rien d’intéressant. Alors je fais tout le temps la navette entre la ville évidente, et la ville farouche. Je ne sais pas où me poser tant j’aime les deux, alors je me pose partout. Je ne peux ignorer le plaisir que j’ai à passer place Stanislas ou en Vieille Ville, mais on connaîtra cependant largement l’affection intense que j’ai pour les ruelles du quartier Oberlin, pour deux trois petits parcs perdus, pour les bas-fonds de Maxéville ou de Vandœuvre.

Aujourd’hui, c’est la Vieille Ville qui tient le haut de ses pavés, et c’est quand même bien. Quand même.

 

Nancy, la Saint-Nicolas jusqu’au bout de la nuit

Jusuq’au bout de la nuit, bon. Il devait être 21H30 quand je suis rentré en faisant ces photos. Ouais bah on s’fait vieux, hein, c’est bon.

Comme j’étais énervé de l’annulation du défilé, à cause, nous a-t-on dit, de la menace terroriste! Mais vener à mort, j’étais! J’aime pas trop les abdications en rase campagne (ou les économies déguisées, va savoir). Nancy, ville historiquement bourgeoisement modérée, vire dans l’hystérie feutrée de la pondération radicalisée, faut croire. Enfin, c’est aussi à ça qu’on se rend compte que les fêtes populaires n’ont plus grand chose à voir avec le peuple depuis longtemps, hormis leur consommation par ce dernier le jour J.

Mais bon, je râle, je râle, mais en vrai, c’était chouette, en particulier la Soupe à la Marmaille place de la Carrière, et toute la fête qui allait avec. Parce que ça, c’est de la fête, hein. Et la fête c’est quand les gens doivent mettre les mains dans le cambouis et faire des choses ensemble. La fête c’est voir les gamins ravis de faire du manège AVEC leurs parents, d’être poussés par eux sur des bordels créatifs et bidouillés mais requérant la participation de tous pour fonctionner. C’est de les voir en fait se bidonner ensemble, au lieu de rester passifs à regarder bêtement tourner leur gamin au regard vide sur des grands manèges électriques à 800 000 000 $ (et je n’exagère pas, c’est vraiment pas mon genre), en faisant coucou ou en essayant de faire une photo pourrie avec leur smartphone, sans finalement rien partager avec le mioche.

Et même si je regrette, un peu par principe, le vrai grand défilé, faut dire que les zouaves qui faisaient de l’ours polaire («des Indiens qui font de la fumée qui pue mais qui ont un PUTAIN d’ours polaire», c’est ainsi qu’un camarade me les a vendus) étaient assez magiques, et un peu punks sur certains bords. Dans le contexte, au final, le défilé me manque, c’est quand même le moment important de ce bon vieux copain Nico, avec sa barbe, ses bonbons et son Père Fouettard (qui d’ailleurs a disparu des écrans radars à Nancy, pour ce que j’en ai vu… ah, bah il devait pas faire bien dans la vitrine… la communication et l’image de marque, quelles plaies!). Même, le défilé aurait été plus logique que les «Indiens» qui puent avec un ours: c’est mon côté conservateur. Après, objectivement, ça fait du bien aussi de voir des trucs super créatifs, merveilleux au sens cool à mort, qui changent de la routine plan plan. Y’en aura des photos de la fête dans un autre billet.

Enfin bon, allez, j’vous laisse, je vais prendre mes cachets contre la schizophrénie, hein.

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Entre nous et la Craffe…

Je vais te faire une démonstration, tu vas voir. Ça commence:

Bonjour à tous! Aujourd’hui, je vous confie une petite photo de la porte de la Craffe que j’aime beaucoup, car elle date de 1997, une année importante pour moi, prise en argentique, en plus, avec mon père, de surcroît. C’est vraiment entre nous, car je ne la ferai point paraître, comme la plupart des mes billets de fin de journée, sur la page Facebook « Un Dimanche en Lorraine ».

Fin.

Je t’ai filé un coup de coude complice, je t’ai casé qu’il y a une page Facebook, je n’ai pas donné le lien, mais l’intitulé, donc elle est vraiment trouvable, je suis un produit. J’ai obtenu le label Stromaé, fastoche.

Et au final? J’ai eu une remarque cynique complice à propos de Facebook dont je me sers pourtant tout en t’y attirant objectivement. Donc?

Donc vivement que Fukushima donne son maximum, que ma dignité revienne aux fondamentaux.

(Amis optimistes, bonsoir)

 

NB. Ah ah ah, à faire mon malin désabusé alors que non, je viens de me rendre compte que cette photo ne date pas du tout de 1997, qu’elle est faite au Reflex numérique, et sans mon père, et que je me suis tout gouré de photos lors de la mise en ligne. Ça m’apprendra à faire le rebelle en carton pâte.

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Le caveau de dégustation des Vins de la Craffe

Retour aux caves des anciennes brasseries de Maxéville, avec le caveau qui avait été installé par les Vins de la Craffe afin de bichonner les (gros) (bons) clients. Il faut se souvenir que nous sommes dans les années 50, à peu près à l’époque où le Marty McFly de 1985 revient dans le temps pour tenter d’empêcher la compromission de la rencontre de ses parents. Oui, désolé, j’ai très envie de revoir Retour vers le futur, du coup ça pèse. Il faut aussi se souvenir que pour la France, la décolonisation est loin d’être terminée, que la vision du monde est toute autre avec des stéréotypes différents d’aujourd’hui et que la norme sociale avait d’autres visages. Dans cette décennie, mon grand-père était déjà entré à Pont-à-Mousson S.A., et ma grand-mère se remettait lentement de la mort de son premier mari et de sa mère. Mon père naissait à Lunéville, et De Gaulle n’était pas encore revenu, mais il s’y préparait activement (tout comme les paras d’Algérie…), Bigeard, lui, était entre deux guerres et n’avait pas le temps de nous infliger l’affligeant fardeau de ses ouvrages (point de vue de 2013, hein), la Quatrième agonisait déjà, les femmes françaises ne votaient pas depuis dix ans, on envisageait l’A31, je me demande si ses nids de poules étaient prévus dans les plans, et Seichamps n’était qu’un petit village rue à l’Est de Nancy. C’était le mitan des années 50.

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