Marsal en morceaux

Marsal, c’est ce gros village dans le Saulnois, en Moselle, sur la route de Sarrebourg quand tu viens de Nancy. C’est ce gros village qui s’est endormi, et qui l’a bien mérité, parce qu’il a beaucoup donné. Derrière sa belle porte de France, made in Vauban, reste de ses fortifications bastionnées, ce village a une apparence particulière, agglutiné, loin du plan du strassendorf, le fameux village-rue lorrain très commun dans ce secteur. Si Marsal est ainsi agglutiné, c’est à porter au crédit de son passé militaire, et la citadelle de Marsal est très bien expliquée au Musée du Sel. Du sel? Oui, du sel, car ici le sel est partout dans le sol, créant des prairies humides et salées où poussent aster et salicorne. C’est dire si depuis fort longtemps, on y a exploité cet or blanc, et l’on ses aussi battu pour lui. Plus intime mais plus curieux, ce coin génère chez moi quelques sautes d’imagination, avec ses grands bâtiments du XVIIe et du XVIIIe partiellement vides, sa grande église Saint-Léger, ancienne collégiale, sa brume récurrente en hiver -marque de fabrique de cette vallée de la Seille-, ses remparts dont on ne distingue plus que des talus et quelques pierres, ses maisons abandonnées, et toutes les légendes que l’on peut espérer autour des mares salées… Marsal, pour plein de raisons, vaut la peine de se faire déambuler par tes pieds.

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De passage à Marsal

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En passant, visitez le musée du sel: c’est pas trop glamour comme ça, et moi non plus j’étais pas trop motivé. Mais en fait c’est vachement intéressant. Et puis l’exposition des dessins de Sandor Kiss, un sculpteur que je n’ai jamais aimé (on voit une de ses œuvres à l’entrée du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, et dieu que je la trouve moche), mais j’ai donc découvert ses dessins, et là, je m’incline, il y a des choses que j’aime vraiment bien, dont deux trois carrément beaucoup. Enfin, deux zouaves dispensables sont également en expo temporaire (nommée « Salina »), et je ne les cite pas car des gens qui méprisent autant leur public/établissement d’accueil ne le méritent pas. Ils sont de ceux qui contribuent à décrédibiliser un art contemporain pourtant passionnant, mais qui se noie d’un côté dans l’entre-soi, l’auto congratulation, la force de vente et la paresse intellectuelle, ne respectant même pas leur note d’intention quant à cette expo; art contemporain qui sombre d’un autre côté sous le poids du discours démagogique et crasse de certains populistes réactionnaires très tendance, dont le moulin est paradoxalement alimenté par des « artistes » très institutionnels et pédants comme ces deux tristes sires à la créativité absente, à l’audace inexistante et à la force molle.

Entre délateurs et contempteurs de l’art contemporain, on a bien envie de les renvoyer dos à dos dans leurs ghettos et de pratiquer le travail d’artiste, contemporain ou non, sans eux.