Nancy Gros Cul

Alors… ce titre. Bon. Je ne sais pas si il a un intérêt particulier, mais comme j’ai quand même un problème très sévère avec les expressions marketing de type « Nancy Grand Cœur » (ah ah ah), par contraste, ça me faisait plaisir. Et puis, l’hyper centre de Nancy, faut quand même dire qu’il est gros cul, un peu. Après, moi, ça me gêne pas, bien au contraire, même, les jours de soleil froid, ça lui donne une certaine gueule minérale qui ne manque pas de classe, quand on se recule un peu. Ou quand on prend du recul. Peut-être bien les deux. Autant Nancy Grand Cœur, j’ai l’impression qu’on parle pas de ma ville, ou qu’on essaye l’air de rien de me vendre un truc pas clair, avec un côté police du goût, autant Nancy Gros Cul, ça me cause, ça me plaît, ça pue, c’est sale, rebondi, incontrôlable: c’est vivant et c’est ce que je connais. C’est une ville. C’est ma ville. C’est le Nancy que j’aime, parmi d’autres. D’ailleurs, Nancy Gros Cul, c’est pour assouvir mes besoins scatophiles, hein. En vrai, c’est Nancy Gros Bide. C’est le ventre de la ville, l’expression qui correspond plus à ce que je veux raconter. La ville qui grouille, qui s’écoule, qui suinte, viscérale, pour le meilleur et pour le pire, cette part de densité humaine chaotique et hors de contrôle, qui échappera toujours à toute politique urbaine, urbanistique, sociale et architecturale. La part des anges, peut-être. Celle que ne génèrent pas encore les ARTEM et autres centres des congrès, toutes ces bondieuseries clinquantes, trop neuves pour être usées, marquées, lisibles: il faudra du temps pour que les humains tordent tout ça. Tu me diras, dans trente ans, quand les projets architecturaux eugénistes et nécessaires d’aujourd’hui seront devenus déglingués et immondes faute d’entretien, de pognon, de pérennité des institutions et des matériaux, voire faute de goût, y’a moyen que ça commence à bien me plaire. Le temps long, Dark Braudel, l’École gothique des Annales, Goubert le punk, tout ça. Vive la crise, quoi.

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Lui je l’adore. Affreux, sale et méchant, comme filmait l’autre. Il vient te couper la route en sortie du Pont des Fusillés, comme une sorte de grande porte du centre, où tu vas payer un octroi en métaux lourds.

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Le cimetière israélite de Préville

S’il y a bien un cimetière à visiter à Nancy, c’est celui de Préville. Pour les gloires locales ou non qui y reposent, et aussi pour son carré allemand ou sa partie israélite, qui rappelle que Nancy a longtemps été le siège d’une forte communauté juive, souvent pauvre, centrée sur le quartier Saint-Sébastien, mais aussi que Nancy abrite une des plus vieilles synagogues de France, inaugurée en 1790…

Nancy: le gros centre qui fourmille et qui tabasse

Ouais, la rue elle fourmille pas en fait. J’attendais un moment de calme pour mettre en valeur les travaux de l’ex-tri postal futur centre des congrès derrière. Mais faut que j’arrête de faire des trucs comme ça, ça serait quand même plus cool avec plein de gens. J’ai pas la New York attitude, c’est nul.

Au pied de la tour Joffre, la synagogue est noyée dans le tissu urbain, synagogue dont on sait d’ailleurs trop peu qu’elle fut la seconde reconstruite de France, en 1788, depuis les édits du XIVème siècle interdisant le culte puis expulsant les juifs du royaume de France. La première fut celle de Lunéville. Lunéville et Nancy avaient une importante et ancienne communauté juive, très implantée, qui donna du personnel politique et de maison aux ducs de Lorraine, mais constituait également à Nancy une classe populaire particulièrement pauvre. Leur histoire est intéressante, alors tu liras « Les juifs de Nancy » par Françoise Job aux PUN et tu iras voir la collection afférente au Musée Lorrain. Et sans regimber, encore. J’aime pas ça, moi, les gens qui regimbent. Regimber c’est nul. Bon. Maintenant je vais voir ce que ça veut exactement dire en plus de faire bien dans une phrase, ce qui est un peu court jeune homme.