Surgir sur le plateau de Chaudeney

Faut se mettre à ma place. Pas tout le temps, hein, sinon tu serais obligé toi aussi de déféquer avec une perfection quasi-divine, et tu risquerais de te faire mal. Non, faut se mettre à ma place juste quand j’émerge de la forêt (litigieuse) de Pierre-la-Treiche-mais-à-Chaudeney-mais-ça-dépend. Là, je me retrouve sur un plateau, qui descend en pente douce vers la vallée de la Moselle côté Toul. Certes, certains champs sont délimités au cordeau et pas la moitié d’un brin de quoi que ce soit ne pousse sur leurs lisières: tout ceci sent bon la chimie. Mais quand même, on ne m’ôtera pas de l’idée que ce que l’on voit alors est fort agréable, en sortant de la forêt de Chaudeney-la-Treiche, ou Pierre-sur-Moselle, va savoir…

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On a marché sur l’Alsace -4-

Il faut rentrer. J’ai eu une nuit un peu tendue à cause de la digestion difficile des quantités de bouffe indécentes de la veille, mais ça va. On remballe tout, on replie les tentes, et nous voilà en route vers la Schlucht. On traverse Munster où les cloches sonnent à pleine volée, dans un vacarme d’enfer: y’avait longtemps que je n’avais pas entendu de cloches aussi bruyantes et aussi bavardes. On reprend doucement l’ascension vers la Lorraine, de l’autre côté du col. On va marcher un peu quand même, ne nous y trompons pas. A la Schlucht, on se gare tant bien que mal: la foule des grands jours. Une dame dans un camping car râle en allemand parce qu’on occupe la place où elle voulait poser une table dehors. Son mari nous sourit, s’excuse auprès de nous pour l’attitude de sa moitié, rentre dans le camping car, lui fait quelques reproches et se barre promener le chien, en nous saluant à nouveau avec un petit air désolé. Bon. On monte, on monte, hop, vers le Tanet. Ce coin est assez formidable aussi. Ces crêtes sont fort différentes de celles de la veille. Plus de chaumes mais des landes rocheuses, des lambeaux forestiers d’altitude, avec leurs hêtres rabougris. Quelques zones humides, du côté du Grand Wurzelstein, que j’affectionne particulièrement. Ce rocher qui domine la vallée, sa manière d’être positionné, comme un dolmen incongru prêt à chuter, ça me parle. On croise les anciennes bornes frontières, à nouveau. Le copain irakien me raconte qu’il est bien content de les voir, et me questionne beaucoup sur 1873-1918. Il me raconte qu’en Irak, quand il était petit, il avait étudié ça à l’école. Je m’étonne. Il m’explique qu’ils faisaient beaucoup d’histoire mondiale, et que oui, il a eu un cours, c’était au programme, sur l’annexion de l’Alsace-Moselle puis la Première guerre mondiale. Ce type m’épate. Et voilà que d’un seul coup, il me parle de Bismarck, cet ancien clandestin (l’Irakien, pas Bismarck), mais  aussi ancien couvreur, au dos cassé suite à une chute depuis un toit d’un sur un chantier où le patron n’avait pas estimé nécessaire de foutre des barrières, le voilà qui me parle de Bismarck et de l’unité allemande, de Sadowa et de la dépêche d’Ems parce qu’il avait vu ça en cours en Irak quand il était jeune. Bah merde alors. J’aime bien quand la réalité flingue les catégories préjugées.

Mais quoi? Ah ah, moi aussi je suis cultivé, et en arrivant en vue du Tanet, je m’esbaudis comme toujours sur la très troublante similitude entre la vue qu’on a à son approche et une mission très immersive du jeu vidéo Opération Flashpoint (un jeu aussi brillant que Bismarck, au bas mot) qui se passe aux Malouines, lors de l’assaut d’un mont quelque chose dont j’ai oublié le nom, parce que moi je suis pas Irakien, ma culture internationale a ses limites. Mais je mange du lard, au moins. Ça compense, d’une certaine manière.

Et hop, très courte sieste sur un rocher, et on descend, par les très jolis chemins sous la crête, qui reviennent vers la Schlucht. Passage très spectaculaire comme d’habitude par le grand escalier du Hirschsteine, qui permet d’assurer le spectacle sans trop se fouler, puis sur le sentier en corniche au-dessus du vide, mais parfaitement praticable.

Et puis… et puis, après un arrêt aux rochers du Spitzenfels, on arrive à la Schlucht. A nouveau. On dirait que ce week-end en apesanteur sur les hauteurs prend fin. On rentre en Lorraine?

Oui, allez, on rentre en Lorraine.

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Salut. Je suis la vallée de Munster.
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Vas-y, ils m’ont foutu la Côte Barine et le Saint-Michel en Alsace. Toul avait plus assez de sous pour les entretenir ou quoi?

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Écrouves, vue du plateau

Comme c’est le matin et que malgré la lumière médiocre t’as besoin d’un prétexte trop bien pour faire des photos, tu dis quelque chose comme « ah oui, mais la lumière comme ça, en noir et blanc, tout ça tout ça, j’aime, démarche assumée, délire de l’artiste, quoi ». Alors que t’as juste pris des photos avec une lumière médiocre, mais que t’avais envie, même si tu l’assumes pas. Et après c’est le soir, t’as crapahuté toute la journée, t’es crevé, tu t’en fous de tout, et du coup tu prends les mêmes en couleur en plus sans la moitié d’un complexe avec une lumière pas beaucoup plus intéressante. Voici donc Écrouves et sa région (soit Toul…) et son bucolique centre de détention depuis les lèvres du plateau éponyme.

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Toul, du côté du derrière

Toul, en fait, c’est un peu compliqué de trouver son derrière parce que tu peux vraiment tourner autour, c’est la faute à Vauban, merde à Vauban et toutes ces sortes de choses. Le derrière est un peu partout de l’autre côté des remparts, quoique comme je suis Nancéien j’en exclurai la Porte Moselle qui du coup est pour moi le seul devant de Toul. Niveau décoration, la ville semble être d’accord au demeurant. Bon, voici du coup quelques images d’un derrière de Toul, qui en compte, vous l’aurez compris, plusieurs. Comme Van Loc et ses cinquante-trois trous de balles. Mais là ça devient scabreux. Donc, un tour du côté de la Porte de Metz avec le lycée professionnel Cugnot, en mauvais état m’a-t-on dit, et pourtant visuellement loin d’être inintéressant, qui pourrait même avoir sa petite classe avec un bon coup de frais. Enfin, m’est avis.

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La petite frangine

Je suis Nancéien et j’aime bien Toul. La petite frangine de Nancy. Non pas son Pré, comme on l’a instauré avec un triste niveau d’à propos assez proche d’une dissolution de 1997, quoique révélateur sur une funeste vision hiérarchique et gestionnaire des territoires, mais sa petite sœur. Tant de coins de Toul m’évoquent un petit Nancy, des couleurs que je retrouve, des matériaux… Toul a aussi une diversité (heureuse ou non selon les avis) dans ce qu’elle nous montre, et même un côté dépareillé tout nancéien. Comme partout? Peut-être. Mais à Nancy comme à Toul, ça me frappe tout particulièrement. Un mélange pas toujours très cohérent, que j’aime bien, et auquel on jette un œil de suite.