Nancy, autour de la tour Thiers

Ce coin de Nancy est appelé à changer bientôt. Un second bâtiment doit venir épauler la tour Thiers, face à l’Excelsior, Flo ou va savoir, au gré des propriétaires égocentriques qui rachètent le lieu. Un nouveau bâtiment? Moi je fronce les sourcils. Après je te l’accorde, je fronce toujours les sourcils face à un projet qui vient d’en haut. Ils m’annonceraient le Nancy de mes rêves, si ça vient d’eux, je me méfierais encore. Un nouveau bâtiment? J’ai peur qu’il ne gâche la jolie solitude magistrale de la tour actuelle, qu’il ne casse les perspectives, et n’étouffe la rue juste en face du Flo. On verra. On a le choix? Non. Enfin, si, on a toujours le choix, mais je suis pas franchement motivé à faire de la tôle pour vol de bulldozer, destruction de chantier et incendie de l’ensemble. Et puis c’est un peu moins classe que d’avoir envoyé la loi se faire foutre pour aider et abriter des réfugiés. Ça vaut moins la peine on va dire.

 

 

La neige artificielle

A la demande générale d’une lectrice qui se reconnaîtra, à moins qu’elle n’ait perdu la mémoire ces dernières heures, et aussi pour se faire un peu de bien et oublier cet hiver ridicule, on va mettre un peu de neige au centre ville de Nancy. Ah bah c’est pas la belle neige immaculée de la campagne, mais je l’aime quand même. Je pourrai même mettre de l’immaculée, les jours qui viennent. Alors? C’est ça aussi le service client de Un Dimanche en Lorraine Inc., être réactifs au service de notre public, pour une meilleure prix client consommation rentre dans la boutique tu vas prendre froid, avec encore plus de les offres promotionnelles de marge pognon.

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Manger du Nancy, hyper centre

Là encore, quelle drôle de relation avec ce quartier, dont j’ai connu certains côtés affreux, mais aussi cette sorte de jouissance à glisser dans le ventre-ville, ses recoins, ses mystères, ses lieux inaccessibles et où pourtant l’on va, pas très loin finalement d’un bon niveau de jeu vidéo, sa face nocturne qui a été mon lieu de travail quelques mois, et avant, dans les années 90, le parcourir entre éthylisme, vandalisme sans envergure, méfiance et inquiétude quand j’étais adolescent, ses lumières trop vives, ses lumières glauques ailleurs, ses arrières-cours lépreuses où l’on arrive sans faire exprès, parfois, ses travailleurs invisibles, qui nettoient les magasins et les bureaux dans la vieille nuit, quelques heures avant que nous n’arrivions, ses patrouilles du SAMU social, du SAMU tout court, ses rondes de flics, ses prostituées, ses éboueurs, ses nettoyeurs de trottoirs du samedi à l’aube… ses parkings souterrains et leurs habitants permanents, qui pour certains travaillent clandestinement sur un chantier voisin destiné à faire rayonner la ville, et puis ses façades sous un grand soleil, son animation, son vacarme, sa générosité vulgaire et sans limite, son obésité contagieuse. Le ventre-ville, l’affreux, sale et méchant, le ventre-ville, le grouillant, l’anonyme, dans lequel j’aime errer quand il est calme, le dimanche, la nuit: il est tellement truffé d’absurde et d’improbable que somme toute, c’est dur aussi de s’en passer, aussi inhumain soit-il. Peut-être justement parce que c’est plein d’humains inaudibles accrochés à des milliers de petites îles désertes au milieu d’un océan de constructions sauvages, et que ça résonne, quoiqu’en dise le centre-ville.

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