Souvenirs des résidences Gamma (Nancy)

Aujourd’hui disparues, les résidences Gamma venaient apporter une touche futuriste à ce bon vieux vallon de Boudonville, qui incise le plateau à l’ouest de Nancy, avec ses parois abruptes et ses falaises. Ces résidences arrivent dans les années 70 au moment où les expériences d’habitat modulaire fleurissent, comme à Ludres avec le projet S.I.R.H. du clan Prouvé. Expériences qui tourneront court, leur industrialisation n’ayant pas suivi pour des raisons économiques évidentes dans cette décennie de choc pétrolier. Restaient les Gamma dans la pente à Boudonville, abandonnées, en partie déconstruites, avec des projets de réhabilitation, et puis finalement détruites et oubliées. Adieu les Gamma, je vous aimais bien dans le paysage…

Demain on ira voir dedans, et on lira les messages laissés par quelques anciens habitants nostalgiques (et véhéments).

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Le vallon de Boudonville

Tu sais qu’à Nancy, il y a ce vallon. Un vieux vieux vallon, qui a intéressé les gens bien avant le site marécageux et topographiquement moisi de Nancy, du moins dans une vision toute antique de la chose. Comme je retrouve plus mon bouquin dessus, à cause du trop plein de bouquins dans mon espace, je vais pas te donner de données précises. Mais tu dois savoir que dans ce vallon, très tôt, les sources attirèrent le populo celte, et qu’à travers les âges on y construisit des forges, des moulins, qu’on y fit pousser de la vigne et toutes ces sortes de choses. On y chercha et on y trouva même du fer. Il est rigolo de nos jours ce vallon, tout blotti comme ça entre le Haut du Lièvre et le Haut de Chèvre, avec ses constructions acrobatiques, ses jardins en terrasses, ses falaises, ses sentiers… un endroit de Nancy très dense dans sa cohérence, très caractérisé, que la géographie a rendu particulier. L’urbanisme local suit donc à travers les âges les chemins sinueux de l’adaptation au relief. Bref, Boudonville, un coin à voir, et ci-dessous deux images de son versant nord, celui qui fait arriver les Parisiens* à Nancy par l’autoroute, via l’avenue de la Libération, Parisiens qui se paument en arrivant du côté de la fac de lettres et demandent régulièrement leur chemin aux étudiants souvent vosgiens comme mes cousins, qui n’en savent pas plus qu’eux, vu qu’ils viennent d’un pays sans panneaux et sans routes en dur. Ah ah ah.

*(et les Toulois, qui sont paraît-il à Nancy ce que les Nancéiens sont à Paris…)

Les rues hautes de Nancy

Tu marches le long du boulevard de Scarpone. Tu suffoques, c’est plein de voitures, le boulevard n’en finit pas, c’est monotone. Donc, tu tournes à gauche rue de Mars-La-Tour. Et là, vinguette, un nouveau monde s’ouvre à toi. Le monde qui défonce. Le monde des petites rues qui se promènent entre la rue de la colline et le Haut du Lièvre, dans la pente, et quelle pente. Tu trouves une très vieille croix, la Croix Gagnée, tu trouves de vieilles villas, des villas contemporaines, des maisons modestes, charmantes, des falaises, de la forêt, des sentiers, du calme, des mollets (si t’en avais pas t’a pas pu venir là à pied), des expériences architecturales Gamma, des maisons à Prouvé, des escaliers, des jardins, au bout, même, des Chemins des Sifflets et des Allées des Jardins Fleuris qui rattrapent sans scrupules la rue de la Côte en contrebas, te tirant de cette impasse surréaliste au bout de la rue de la Croix Gagnée, juste sous les immeubles du Haut du Lièvre, pourtant inaccessibles depuis ici… un coin chouettos en ces journées printanières…

Sur cette dernière photo je triche un peu: c’est rue de la Cure d’Air. De l’autre côté du flanc sud du vallon de Boudonville…