Nancy depuis la Cure d’Air

Il y a ce parc, avec lequel j’ai fait connaissance y’a presque quinze ans, et qui reste un des plus beaux de Nancy pour sa vue sur la ville. C’est la Cure d’Air, c’est bucolique, et même que y’avait un funiculaire y’a longtemps, que j’en reparlerai un jour. Peut-être.

 

En haut de Vandœuvre

Depuis le plateau, faut dire quand même que la vue sur Nancy est jolie. Et pédagogique avec ça. Qu’est-ce qu’un relief de côte, le Palais Ducal était-il vraiment au fond du trou, l’habitat celtique en éperon barré, les villages à mi-pente au niveau des sources, l’urbanisation d’après-guerre etc… Tout est clair, vu d’ici. Même l’a chaouée qui arrive par Champigneulles, comme d’habitude…

Vandœuvre, place de Paris

Vandœuvre, un dimanche matin. Il fait moche. Il pleut par averses. Et pourtant, la place de Paris garde quelque chose de guilleret. Et-ce que c’est l’inventivité des dégradés des immeubles l’entourant? Le fait que leurs balcons soient identiques, et pourtant chacun décorés avec des personnalités uniques? Que la forme de l’ouverture me rappelle films et séries de science-fiction adorés de mon enfance? En tous cas un joli moment dans un Vandœuvre dont je regrette qu’on ne dise pas plus souvent aux gens qu’on y passe, comme partout ailleurs, de jolis moments.

Saint-François d’Assise, un nouveau monument historique à Vandoeuvre

Mais dans cette église, le plus intéressant se passe en l’air:

Indisociable du quartier Brichambeau voisin, qui a donné le coup d’envoi du pavillonnaire en série à Vandœuvre, l’église Saint-François d’Assise a fait les beaux jours de cette paroisse, même si le projet monumental, sous la houlette de Henri Prouvé (oui, encore, mais comment l’éviter à Nancy?), est aujourd’hui un poids financier complexe à assumer pour les instances religieuses. Et la gaillarde, inaugurée en 1961, incomplète car le chantier lui-même était déjà trop onéreux par rapport à son projet à l’époque*, vient de rentrer à l’inventaire des monuments historiques. C’était mardi. Jour de la saint François, quel hasard, s’évertue à souligner la presse régionale après une vaste investigation. Moi, les aminches, vous me connaissez, le culte, quel qu’il soit, à part peut-être celui de la bonne bière, des Pixies, du lard et du mauvais esprit facile dont je livrerai un exemple par le truchement d’un quidam ministériel plus bas, c’est pas forcément mon truc. Du tout. Y’a simplement que le projet de faire de cette église un centre commercial, soit de transformer un lieu collectif, si ce n’est public, en galerie des joies de la consommation crasse du samedi après-midi, ça me dérange un peu. Et puis, me faisant, par camarade interposée, actuellement sensibiliser la face à cette architecture réputée moche (et encore, va falloir me définir ce que c’est un truc moche, mise à part la gueule à Guéant), je m’y intéresse, et si je ne parviens pas encore toujours à en éprouver la beauté, le questionnement, voire la fascination sont déjà là. Et comme un brave petit soldat, ça m’ennuie quand même de pas en faire mon affaire, quand je me dis que c’est un bout de l’histoire de ma ville, même si c’est un bout de béton. Ci-fait. Et puis, le volume intérieur de l’église, vraiment immense, m’a très simplement impressionné. Et quand ça m’impressionne, à part la gueule à Guéant, j’ai du respect, car je suis simple(t).

*Le plan d’eau triangulaire jamais réalisé qui devait venir à l’avant de la pointe de l’église en forme d’amande, nonobstant son vieillissement qu’on peut prévoir calamiteux, lui aurait donné de la gueule quand même, un peu comme le « paquebot » Lerebourg à Liverdun avait fière allure fendant la Moselle. En moins aérien à Saint-François, quand même, faut dire c’qui est.

**Cherche pas, y’a pas de notes à deux étoiles dans le texte. Juste, j’me disais: la Patrouille de France au billet précédent, l’église Saint-François d’Assise aujourd’hui… je vous rassure: je ne suis toujours ni croyant, ni patriote. Enfin, j’vous rassure, j’dis ça… après ça dépend. Juste que je crois que tout m’intéresse. Même ce que j’aime pas.

(Octobre 2011)


Variables

Ce fameux immeuble rue de la Colline, d’une fenêtre duquel, adolescent, je m’entrainais avec un copain aussi crétin que moi à faire tourner et à arrêter la Grand’roue de la fête foraine par la force de la pensée. En étant observateur et avec un peu de chance, ça peut marcher. Dans le fond, sur la dernière, le CHU de Brabois trône sur le Plateau éponyme. Je vais essayer de me tenir aussi éloigné de lui que possible, j’ai eu ma dose ces derniers temps… mais il faut tout de même dire que son gigantisme, par endroits (je pense à la cour futuriste du bâtiment des spécialités médicales), a quelque chose de terriblement fascinant.

(photos du 23 juin 2011)


L’adieu et l’hommage à Vandœuvre (quelque chose entre l’adieu à Hemingway et l’hommage à Orwell…)


C’était en septembre 2010 que je suis arrivé pour travailler à Vandœuvre. C’est comme si c’était dans une autre vie, et d’ailleurs, c’était dans une autre vie. En un sens.

Demain, j’y passe ma dernière journée. Je repars changé, et surtout grandit par Vandœuvre, ses habitants que j’ai rencontré au étages impairs des tours, ses grisailles tenaces de Décembre, sa neige pas trop déblayée, ses beautés printanières et ses quartiers en fleurs, et puis aussi à la bande de gens avec qui je bossais, et qui font partie des rares qui m’ont donné envie de continuer. Et pas qu’un peu.

On dit plein de choses sur Vandœuvre, depuis Nancy. Et beaucoup de conneries. Après… après, je ne sais pas. J’ai pas d’argument, juste des tripes en fricadelles, quelque chose de pas très propre, mais de bien intense… oui, je me suis contenté de vivre au maximum mon immersion quotidienne chez les gens d’ici. Et ils vont me manquer les bougres. Et ça va faire tout vide lundi, de pas aller flirter avec la ZUS. Tout triste, et peut-être même un peu chiant, au début.

Alors, des grosses bises à Vandœuvre, qui aujourd’hui explose de couleurs avec le printemps. Et à toutes les rencontres, les sacrées vraies rencontres faites ici, avec une intensité d’une qualité rare.

Faites que ce vendredi soit long.