Mes rues d’enfant (Villers-lès-Nancy)

Salut mon vieux quartier!

Ici, mes arrière-grands-parents ont vécu. Mes grands-parents aussi. Et puis mes parents. Et moi, j’y ai grandi. C’est pour te dire que Baudricourt, Haussonville, l’avenue France Lanord, le Placieux, Sainte-Thérèse, le boulevard Cattenoz et tout ça, à cheval sur Nancy et Villers, pas loin de Laxou, c’est un peu important pour moi, ces quelques rues. J’y ai laissé des bouts de moi, et j’ai toujours avec moi des bouts d’elles. C’était chouette, là, dans le quartier, avec les copains, à faire nos trucs, nos histoires, on baguenaudait les rues et c’était bien. On se fabriquait nos futurs mythes d’adultes.

L’autre jour j’étais quelque part dans Nancy, et je me disais quelque chose comme «quand même, madame Machin son gamin n’est qu’en CM2 et il se trimballe tout seul dans le quartier bla bla bla». C’était avant qu’une petite voix me rappelle: «Dis-moi couillon, tu faisais quoi de tes mercredi après-midi quand t’étais au CM2? C’est ça, tu traînais dans le quartier avec tes copains, dans les rues ou les uns chez les autres, et j’te rappelle qu’il n’y avait pas d’adultes avec vous..

Alors bien sûr, les gens te disent: «Ah mais oui mais à l’époque y’avait pas tout ce qu’on voit aujourd’hui…».

Vexé d’avoir flirté avec cette pensée marécageuse, j’ai envie de répondre avec une véhémence mal placée: «Ce que tu vas voir aujourd’hui, c’est ma main dans ta gueule!».

Parce que où que tu vives, à la ville ou à la campagne, quand t’es gamin, pouvoir baguenauder avec tes copains dans les champs, dans la forêt, dans la rue, c’est sacré, un point c’est tout. Et accessoirement avec du recul, c’est réconfortant de comprendre que les grands t’ont fait confiance, tout en gardant un œil sur toi.

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Autour et depuis la fac de sciences

La fac de sciences de Nancy, en fait à Villers-lès-Nancy et aussi à Vandœuvre, est un bâtiment étrange. J’avais un copain ultime qui habitait dans un lotissement voisin, quand j’étais gosse. J’étais souvent fourré chez lui. A chaque fois, mes pas me menaient devant ces bâtiments, paquebots géants et étranges, que j’ai toujours bien aimé; leur vaste bizarrerie me permettait de les classer dans les bases spatiales potentielles. Mais figure-toi que je n’y avais jamais foutu les pieds. Ah, gredin, idiot, enfoiré, que ratais-tu là! La fac de sciences à Nancy est une cour de récréation visuelle assez étonnante, et j’ai très envie d’y retourner encore. Je ne sais pas comment sont les intérieurs en général. Ceux que j’ai pu voir étaient somme toute assez déglingués. Ajoutant à mon excitation. Sans compter de jolies vues depuis les étages. Ah, un coup d’essai qui valait la peine! (mais peu de vue de la fac en elle-même au final…)

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