Désensabler le Tréport

Il paraît que c’est une boîte hollandaise qui drague le port. Au Tréport. Paraît que l’entreprise précédente faisait n’importe quoi et allait larguer non pas au large, mais à 200 mètres de l’entrée du chenal la vase qui du coup ne tardait pas à revenir dans le port à vitesse grand V. Paraît que c’est pas fun comme boulot, que tu bosses à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, en fait, dès que le temps et la marée te le permettent. Moi, je les regardais attendre, faire deux trois bricoles, depuis la fenêtre du petit appartement sur le port, pendant que le vent était furibard, ils s’ennuyaient ferme, les gars, dans leur poste. Je les regardais aussi en pleine nuit, quand le temps était clément et la marée haute. Je me relevais à trois heures du matin pour aller faire une tempête dans un bénitier de faïence, et en passant devant le minuscule balcon, je les regardais à travers la porte fenêtre de longues minutes, inlassablement déverser la vase das la grande barge, à la lumière du projo halogène, au milieu de la ville profondément  endormie. Avant d’aller me recoucher, et de me dire que ça me parlait.

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