Saint-Dié-des-Vosges, la tour de la Liberté, mais pas en entier

J’ai pas envie de te faire un cours d’histoire de l’architecture. T’as vu c’est malin hein? Comme ça sous-entend que j’aurais les compétences et tout. Alors que pas du tout.
Sinon j’ai juste envie de te faire voir la tour de la Liberté à Saint-Dié par petits morceaux et quelques vues depuis cette dernière. Oui, c’est un billet super anodin. C’est comme ça.

La Vadrouille #4 / Novi Sad, Serbie

Si y’a bien un endroit qui me manque hors de la Lorraine, où je voudrais retourner, c’est Novi Sad. En fait des endroits qui me manquent il y en a plein. Vézelay, Le Tréport, le Havre, Portsmouth, Rimouski et la Baie de Somme et Bruxelles et quelques autres, d’accord.

Mais comme je parle de Novi Sad aujourd’hui, on va parler de Novi Sad, parce que j’ai de la suite dans les idées, et la cohérence c’est mon truc. Novi Sad c’est cette grande ville serbe posée au bord du Danube, face aux contreforts des collines musclées de Fruška Gora. La ville dans la plaine, s’tu veux, toute plate, le Danube au bord et bam sur l’autre rive, direct ça monte. J’adore ce contraste.


Alors vue par un Français qui aime se pignoler sur son patrimoine au vu et au su des étrangers, c’est sûr que Novi Sad c’est plein de blocs, plein d’avenues toutes droites, plein de coins chelous, plein de trucs approximatifs. Et en fait pas tant que ça. Il y a quand même un centre historique et des faubourgs avec du patrimoine côté collines. Mais va falloir nous lâcher un peu la grappe avec le patrimoine bon dieu. Une ville ça n’est pas que ça. Une ville c’est déjà les gens qui y vivent, et l’ambiance qui s’en dégage. Et de ce point de vue, et pour avoir séjourné dans d’autres villes de Serbie, j’ai trouvé à Novi Sad, oui, entre les blocs, une certaine douceur de vivre, quelque chose de paisible. De la fraîcheur, si c’est possible. Des très chouettes personnes. Je m’y suis toujours senti à l’aise, en sécurité, alors que je suis un gros flippé de la vie dès que je quitte mon fauteuil. On nous avait, mon camarade photographe Sylvain et moi, sous-loué un petit studio dans un de ces blocs à moitié tours. J’ai des souvenirs parmi les meilleurs de ma vie avec Sylvain sur le balcon miniature en béton, on avait à peine la place pour une table de bistro pour lilliputiens, on ne savait même pas quoi faire de nos genoux, et on a eu tous les deux des moments fameux arrosés à la Slivovica ou au Raki, face à la ville toute grise. Avec aussi un peu de bière de chez Grenaille qu’on avait ramenée dans notre escarcelle, pour penser au pays lorrain dans ce pays serbe qui a étrangement pas mal de points communs avec le pays lorrain (y’a pas de suspense: l’alcool et la bouffe).

A nos pieds y’avait une salle de sport, tu sais, les trucs de crétins avec des baies vitrées pour que tout le monde puisse bien te voir quand tu souffres vu le prix de ton abonnement. Ça surplombait un petit supermarché. Notre exégèse sur ces deux sujets, portée par l’alcool, a atteint je pense un niveau de perfection rarement égalé. Mais on y reviendra un jour dans un autre billet.

Un fois on a passé le grand pont sur le Danube, le pont de la Liberté, pété par les bombardements occidentaux en avril 1999 et reconstruit jusqu’en 2005 avec des sous du coin et aussi des sous Européens. C’est ironique, tout ça. Toujours est-il qu’il enjambe le Danube, et le Danube, c’est un fleuve qui impose un tout petit peu le respect. Rien qu’un peu. On a été de l’autre côté, on est revenus, on a erré, et voici deux trois photos de ce moment parmi d’autres qui font que Novi Sad est fichée dans ma mémoire et aussi pas mal dans mon cœur.

Fénétrange, entre Sarre et open space

On partait (mal) sur un truc entre un étrange Fénelon, ou des faînes qu’il faudrait ranger . Moi tout de suite j’ai déboulé dans l’open space où 10 000 ingénieurs de haut niveau travaillent chaque jour que les actionnaires font sur la rédaction des billets d’Un Dimanche en Lorraine. J’ai poussé une gueulante, forcément. Parce que je sais bien, moi, et ça n’a aucun rapport avec le fait que Wikipedia en arrive aux mêmes conclusions, que Fénétrange viendrait soit du latin («habitations au bord d’une courbe»), soit, selon Ernest Nègre, du germanique avec le nom de personne Filisteus, suivi du suffixe -ing. Punaise les ingénieurs, j’te jure, moi perso, vu mon niveau, j’ai l’impression de bosser avec des teubés de maternelle. Note que la Sarre passe au milieu, car au milieu bla bla bla. Et que ces photos datent de pas longtemps après le passage à l’euro. Ouais, elles datent.

Bref, quelques images de Fénétrange, bourg bien rangé au fond de la Moselle, avec ses 700 âmes et quelques, et son remarquable patrimoine. Certes, la bourgade a parfois bien du mal à gérer le dit patrimoine et je n’en connais pas les raisons. C’est dommage, quelle que soit la personne à qui jeter la pierre (qui se cassa la gueule des remparts). Ça ne doit pas être évident au demeurant. Ah aussi c’est le coin tu peux trouver des fours à pizzas au supermarché. Quel beau pays.

Chez les Gaudassiens, à Jouy-aux-Arches

Nan mais les Gaudassiens, gentilé des habitants de Jouy-aux-Arches, ont comme tout le monde le droit de se promener pieds nus hein. Voilà, je fais la blague direct, comme ça on n’a plus cette épée de Damoclès qui pèse sur notre sérénité.

Dis-donc. C’est pareil, tu crois qu’il va rien se passer, et bam! Un aqueduc! Gallo-romain! Comme ça! Moi je voulais juste aller à Metz via Nomeny parce que l’autoroute ça craint et que je l’évite quand je peux.

Mon objectif était de retrouver ma cousine qui sur l’échelle des gens cools est indéniablement dans le haut du panier, et de nous rendre ensemble dans une librairie où un autre éminent camarade, venu de Marseille pour l’occasion, signait des bouquins ou vendait des trucs je sais plus.

Je ne l’avais pas vu depuis longtemps, et on a passé un moment assez fameux, engoncés dans des fauteuils stylés entourés de livres comme si on était des stars de la critique littéraire, à parler de tout ce qu’on n’avait pas pu se dire depuis des années. On a pas mal parlé de la mort d’ailleurs. Étonnant.

Alors forcément j’avais pas l’air con, en route, avec mon aqueduc impromptu sur le râble. Pourtant je le sais bien que Jouy-aux-Arches ne s’appelle pas comme ça parce qu’il y a des archers ou des gros bateaux plein de bestiaux. Même mon grand-père l’avait photographié, cet aqueduc. Il m’était juste sorti de la tête. En scred, d’ailleurs, parce que vu la taille du machin, j’aurais dû m’en rendre compte.

Bon, tu vois, j’étais contrarié. J’allais juste à Metz bon sang. C’est tout! J’avais pas prévu de halte. Comme j’étais très énervé, et on le serait à moins, j’ai tenté de le mordre et tout pour le faire fuir, mais j’m’ai fait mal les dents, hein. Du coup, face à mon échec, je me suis arrêté histoire de tirer le meilleur parti de la situation pourtant effroyable (si j’en fais trop, faut me dire) et faire quelques photos. Hop. Feu de tout bois.