De passage à Custines

Moi tu sais pendant longtemps Custines, toute mon enfance en fait, c’était le chemin du mercredi, du samedi ou du dimanche. J’allais avec mon grand-père ou avec mes parents dans la vieille maison pourrie et chouette paumée du côté de Sivry. On partait de Nancy, alors tu vois. On sortait à Custines et on s’arrêtait au supermarché sur la route de Faulx (mais on prenait à gauche à la patte d’oie) parce qu’il fallait bien acheter des choses à manger. Bon, un supermarché, tu vas me dire, c’est pas… hein? Voilà. Mais c’était le petit supermarché de Custines, porte de ces contrées cambrousses où j’ai passé des journées dehors, souvent seul, à faire connaissance avec les limaces, les fourmis, les trucs qui volent plus ou moins gros et les orties dans la gueule. Custines, c’était quitter l’autoroute, et c’était bon signe, c’était signe qu’on allait bientôt traverser la forêt épaisse et mystérieuse avant de redescendre sur Belleau. Qu’est-ce que j’ai pu fantasmer cette forêt, entre sourde inquiétude et fascination désarmante. Voilà, Custines, dernier avant poste avant la Forêt Noire (Mirkwood!) et au-delà l’Erebor. A moins qu’il ne s’agisse de la vallée de la Natagne. Les deux valent le détour.


Quelques images rapides de Custines, de l’avant-poste, ou de la dernière frontière

La Vadrouille #7 // Du noir et blanc à Novi Sad

J’ai déjà eu l’occasion de te raconter ici comme j’ai aimé la Yougoslavie, et j’utilise le terme à dessein, quand l’année 2001 m’y a amené pour la première fois dans un flou artistique et aléatoire improbable ? Je t’ai déjà parlé des chocs formidables que furent Sarajevo en Bosnie ou Novi Sad en Serbie ?

Oui, je l’ai déjà fait. Mais je m’y colle à nouveau. Parce tu es à ma merci, car si tu fermes cette page, un papillon risque de battre des pieds à Tourcoing et je te raconte pas les conséquences. C’est toi qui vois.

Bref, ces endroits me manquent beaucoup, et voilà quelques trop longues années que je n’y ai pas été. J’aimerais bien revoir Novi Sad et sa langueur plate et rassurante, Sarajevo et ses montagnes qui me font penser aux Vosges, c’est pour te dire comme c’est chouette. Et puis, faut aussi que je montre ça à ma fille qui n’était pas là lors du dernier voyage yougoslave en date (elle avait piscine ou un autre prétexte foireux genre «je suis pas encore née gnagnagna»).

Donc aujourd’hui c’est Serbie, un peu de Novi Sad, en noir et blanc, et majoritairement dans les vieux quartiers.


Si t’as du Paolo Conte à mettre en fond sonore, ça va bien, hein. Genova per noi ou Jimmy ballando par exemple. Si tu les connais pas, arrête d’être bête et va écouter ça tout de suite. Bon dieu. C’est beau comme du Andrés Calamaro (qui chanterait No tan Buenos Aires). Tu connais pas? Naaaaan? Arrêêêêête? Mais naaaan?

Bah t’attends quoi, je te pète pas des liens pour rien. Faut vraiment tout t’expliquer, c’est pénible.

Aller vers Toul mais s’arrêter à Dommartin

Dommartin-lès-Toul, c’est une commune pas simple je trouve. La parcourir à pinces, ça désoriente, on ne sait pas comment quitter l’axe principal et puis finalement on se dit que très simplement il suffit de s’enfiler dans une rue latérale. Mais les zones sont floues, on ne comprend pas quoi va où, on termine dans des friches végétales ou non, y’a de la vieille voie ferrée qui fait un faux obstacle, et la Moselle qui en fait un vrai. C’est un endroit de la France du fond, et je l’aime beaucoup.

Un peu de Nancy, et un bord de Vandœuvre

Le coin Oudinot/Louis Barthou est une frontière communale assez chouette entre Nancy et Vandœuvre. Pleine d’immeubles aux façades remarquables, art déco, années 50, de bien jolies choses. Il y a aussi le chemin de Prébois dont Einstein a dit qu’il n’était «pas négligeable» (vérifiez quand même l’info, hein). Et c’est vrai que c’est un coin de Nancy que j’aime bien. Tu me diras que je dis ça à tous les coins de Nancy. Je te le concède. Mais je ne les aime pas tous de la même manière. J’aime ici les longues rues et leurs façades, les arbres tout du long d’Oudinot, les espaces un peu flous (qui m’ont valu un permis de conduire raté) de la place Gérard d’Alsace, l’enfilade de Louis Barthou (vue de la place, parce que à parcourir c’est pas folichon, même si en photo y’a des choses à faire)(comme partout). J’aime les petits passages assez inattendus dans ce coin qu’on parcourt peu à pied, comme le chemin de Prébois cité ci-dessus, la petite rue du docteur Lévy, la rue du Cimetière… sans compter maintes entrées de garages, cours intérieures, anciens ateliers en deuxième corps de bâtiment. Tous ces endroits ne sont pas nécessairement reluisants, intéressants, beaux, mais c’est leur présence peu repérée dans un tissu très passant que j’aime bien.


Saint-Dié-des-Vosges, la tour de la Liberté, mais pas en entier

J’ai pas envie de te faire un cours d’histoire de l’architecture. T’as vu c’est malin hein? Comme ça sous-entend que j’aurais les compétences et tout. Alors que pas du tout.
Sinon j’ai juste envie de te faire voir la tour de la Liberté à Saint-Dié par petits morceaux et quelques vues depuis cette dernière. Oui, c’est un billet super anodin. C’est comme ça.