La Vadrouille #5 // Quitter l’île d’Houat

Cette île qui se trouve au large de Quiberon, c’est comme toutes les îles, quand tu n’y habites pas, faut partir. C’est toujours un peu bizarre de quitter un caillou qui sur quelques pauvres kilomètres carrés, t’attache autant à lui, et te lie à celles et ceux qui y vivent. Qu’ils en soient, ou qu’ils fussent adoptés. Les amis de l’île. La dernière fois que j’ai quitté l’île, la veille avec des gens de l’île, j’ai trop bu. C’était ma première gueule de bois depuis une éternité, et c’était si malin la veille de prendre le bateau sur une mer chahutée pour retourner sur le continent. Un excellent calcul. C’était une autre fois que sur ces photos. Sur ces photos, c’est après un mariage mémorable, militant et émouvant. Après quelques jours sur l’île, il est temps, chaque jour, d’accompagner au port les convives qui quittent les lieux. Le premier jour, ils sont partis massivement, le Melvan était noir de monde. C’était en avril. Sur le port on a chanté à tue-tête, on s’est envoyé des baisers, on a repêché un foulard emporté par le vent, on eu des larmes dans les yeux à cause du vent frais, bien entendu. Sur le port, tu sais, le port, le cordon, le lieu de passage, de transformation.

Passé ce premier départ, avec chaque nouveau jour, de petites grappes de convives quittaient l’île. Discrètement, par ces fins de journées d’avril. A chaque fois que je remontais au bourg après les avoir accompagnés, je me disais que mon tour allait venir et je n’avais pas envie. La nuit, par le velux entrouvert, j’entendais la mer ressasser son assaut sur la côte, comme partout sur l’île. Elle me berçait tout en m’interdisant le sommeil. Je ne suis pas ilien, tu sais. Ces nuits étaient belles, pourtant.

Et puis il faut partir, descendre au port, atterrir, rejoindre la terre ferme. Débarquer de cette croisi
ère immobile en peine mer, sur l’île d’Houat. Ne pas remonter au bourg et aller s’échouer à Quiberon, pour reprendre une voiture et traverser la France jusqu’en ma Lorraine que je suis toujours heureux de retrouver, malgré tout.

Quitter Houat. Pour mieux y revenir.

Si tu ne prends pas garde, tu vas finir à Eulmont

Mais ça c’est seulement si tu marches jusqu’à Eulmont. Et encore, ce serait moyen grave, vu qu’Eulmont reste quand même un très joli village mi-perché à mi-hauteur (ah, les sources qui cavalent sur les argiles…), même s’il s’est un peu oublié dans la vallée ces dernières années. Nous sommes donc à l’est de Nancy, sur les contreforts du Grand Couronné, et il y fait bon flâner. Voire, il y fait bon errer. Comme dirait l’Emmanuel éponyme, dont la maison apparaît sur ces photos.

(j’atteins le niveau 65 en jeux de mots pourris avec celui-là…)

En tournant autour de Dommartin-sous-Amance

Après faut pas tourner trop vite sinon ça fait vomir. Mais Dommartin est dans le trou, une sorte de trou surélevé, admettons, et ça c’est chouette. Depuis Dommartin, on voit toutes hauteurs environnantes et ça c’est chouette. Depuis Dommartin on peut aller à Laître, parfois à Amance ou à Eulmont pour les gens qui n’ont pas peur de l’aventure et ça c’est chouette. Parfois la nuit, se reflètent sur les nuages les lumières de la grande ville à l’ouest, au-delà du plateau, dont on dit que les grilles sont d’or et les façades de suie. J’irai, un jour, et je deviendrai riche. Et je rentrerai au village les mains remplies d’or. Et je changerai l’ampoule de ce putain de lampadaire en panne depuis des lustres, avec l’argent de la ville.

Fénétrange, entre Sarre et open space

On partait (mal) sur un truc entre un étrange Fénelon, ou des faînes qu’il faudrait ranger . Moi tout de suite j’ai déboulé dans l’open space où 10 000 ingénieurs de haut niveau travaillent chaque jour que les actionnaires font sur la rédaction des billets d’Un Dimanche en Lorraine. J’ai poussé une gueulante, forcément. Parce que je sais bien, moi, et ça n’a aucun rapport avec le fait que Wikipedia en arrive aux mêmes conclusions, que Fénétrange viendrait soit du latin («habitations au bord d’une courbe»), soit, selon Ernest Nègre, du germanique avec le nom de personne Filisteus, suivi du suffixe -ing. Punaise les ingénieurs, j’te jure, moi perso, vu mon niveau, j’ai l’impression de bosser avec des teubés de maternelle. Note que la Sarre passe au milieu, car au milieu bla bla bla. Et que ces photos datent de pas longtemps après le passage à l’euro. Ouais, elles datent.

Bref, quelques images de Fénétrange, bourg bien rangé au fond de la Moselle, avec ses 700 âmes et quelques, et son remarquable patrimoine. Certes, la bourgade a parfois bien du mal à gérer le dit patrimoine et je n’en connais pas les raisons. C’est dommage, quelle que soit la personne à qui jeter la pierre (qui se cassa la gueule des remparts). Ça ne doit pas être évident au demeurant. Ah aussi c’est le coin tu peux trouver des fours à pizzas au supermarché. Quel beau pays.