Claude Prouvé, Ludres, la SIRH et les Aliens dans tout ça -2-

On entre? Bon, on entre. En réalité, entrer est un bien grand mot. Comme je suis un peu con, j’ai tenté de reproduire ce bâtiment dans Minecraft. C’est là que tu réalises que c’est bien plus compliqué qu’il t’avait semblé. Et surtout que tu ne sais pas par où on entre. Mais entrons tout de même, car ici, dans la vraie vie ludréenne, des entrées, y’en a partout étant donnés l’inachèvement et bien plus encore la dégradation du site.

 

Au niveau structurel, c’est vraiment l’éclate totale. A tout malheur peau de l’ours est bonne, comme dit le dicton, et le fait que des modules soient manquants permet de voir la structure en coupe, et c’est pas qu’un peu intéressant. Avec, je suppose, des colonnes sanitaires qui viennent s’intercaler entre les modules et parcourent tout le bâtiment verticalement. Les coquines.

Alors aussi on avait dit qu’on parlerait de la SIRH. Le lien avec les Prouvé va être vite fait, tu vas voir. Jean Prouvé avait des ateliers à Maxéville. Mais dans les années 50, l’entreprise paternelle connaît un certain nombre de déboires, et se fait piéger au jeu de: « Le Progrès et les expériences c’est bien gentil mais faut faire des sous quand même ». L’entreprise familiale se fait défamiliariser et Jean est évincé un peu à la barbare. Le Claude Prouvé, en 1954, commence à travailler directement avec son père, le Jean, chez « Jean Prouvé Constructions », modeste cabinet qui va quand même pondre des bâtiments notoires. Il travaille, le Claude, en même temps avec Dominique Louis, puis devient associé des frères André -c’est pas rien- et enfin crée avec son père et Georges Quentin la SIRH, qui portera son projet de modules. Voili voilou.

Cette sortie était planifiée depuis un moment. Claude Prouvé est mort entretemps. Quelque part, ça peut servir d’hommage. On parle un peu de lui ces jours-ci. Pis c’est quand même « L’Année Prouvé » à Nancy (merci Mamléa pour le dossier de presse dans les commentaires du billet précédent). Mais quelque part, je me dis que c’est dommage qu’il faille attendre sa mort pour que les Nancéiens aient une chance de le redécouvrir. Parce que dans le discours commun, quand même, qu’est-ce qu’on a gueulé sur lui: c’est sûr qu’il n’a pas donné dans le fadasse à Nancy, et que ses réalisations sont très marquées. Forcément, ça fait réagir. Mais qu’on aime ou qu’on n’aime pas, bon, dans le fond, ça vaut quand même mieux que des banlieues de lotissements insipides, sans créativité, copiées-collées à perte de vue. C’est ce que je pense, même si c’est loin d’être exempt de vastes contradictions insolubles, qu’il est d’ailleurs peut-être bon de ne pas vouloir dissoudre (tudieu, c’est quand même une langue rigolote le français…).

Bon partez pas, y’en a d’autres à venir, hein, des photos.

7 Replies to “Claude Prouvé, Ludres, la SIRH et les Aliens dans tout ça -2-”

  1. A ce sujet, bel article dans l’Est Républicain de ce matin: Opération « Sauvons un module ! »…

  2. Ca c’est du reportage original sacré bon sang … chapeau !

    1. Bon bah tant mieux si c’est cool alors.

  3. Bravo, belles histoires, belles rencontres, belle visite sur ce site …. encore un rayon de soleil sous ce bas plafond gris et pluvieux

    1. Ah bah ça, tant mieux!

  4. Très bel article, la première photo est juste terrible.

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