Nancy en dix photos jamais bien loin du canal

Le truc c’est que quand tu as vécu pas trop loin du canal à Nancy, tu y restes attaché. Le canal, c’est de l’eau et l’eau ça se traverse pas fastoche comme tu traverses la rue. Traditionnellement, et quitte à verser dans le conformisme, l’eau ça se traverse sur un pont. En plus le canal j’vais t’dire j’ai moyen la motivation pour m’y baigner, c’est quand même un coup à donner dans le développement personnel de mycose et le coaching de puanteur.

Ce qui est rigolo avec un canal, c’est que quand tu te promènes sans but, ça a tendance à conditionner tes balades selon des axes récurrents. Parce que les ponts. Tes errances sont donc assez longilignes, et parfois tu as envie d’aller à tel endroit spontanément, mais de fait, tu vas devoir longer le canal jusqu’au pont. Ça favorise de passer souvent au même endroit, et de le connaître bien. De le voir évoluer dans sa végétation, sa population féline pouilleuse, ses tags parfois surréalistes, sa lente dégradation, parfois sa reprise en main brutale par les services de normalisation de la ville. Et moi c’est ça que j’aime. Voir le même endroit souvent dans ses infimes variations quotidiennes ou dans ses révolutions saisonnières. Bref, la «zone de confort» qui paraît-il doit être quittée, selon les gens qui aiment bien dire aux autres ce qu’ils doivent dire/penser/faire*, peut être quelque chose de très chouette et d’épanouissant. Moi j’aime bien en tous cas peupler mon quotidien des cycles doux et parfois crades qui animent une routine un peu magique dans la ville magique.


*que crève le coaching d’une mort lente et douloureuse

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