Du côté des Grands Moulins

A Nancy, si y’a bien un monument que j’aime bien, n’en déplaise au gros Dédé faiseur de verrues et de beautés, c’est celui-là. Les Grands Moulins. Ils ont une dignité toute verticale qui m’accompagne depuis le milieu des années 90, tant je suis souvent passé devant, à côté, en dessous. J’y ai même passé une partie d’une nuit de février, en dessous, à regarder tomber la neige en buvant des reubiés en joyeuse compagnie. C’est pour dire.

A côté des Grands Moulins, le quartier Oberlin, et puis la rampe de la VEBE, la voie rapide qui se transporte au-dessus de la Meurthe et depuis laquelle la vue vaut la peine. Comme j’ai vu aujourd’hui une photo des Grands Moulins d’origine -ceux que l’on voit aujourd’hui sont une reconstruction d’après-guerre-, ça m’a tout ému, même si j’ai pas pleuré quand même, hein; c’est pas non plus la une politico-fessière et racoleuse du Républicain Lorrain.

Bref, quelques images de nos jours, et un lien pour en voir une des ceusses d’avant lors de leur incendie en 1944.

16 Replies to “Du côté des Grands Moulins”

  1. L’histoire de nos Grands Moulins par un étudiant en architecture :

    http://picktureen.unblog.fr/2007/05/21/les-grands-moulins-vilgrain/

  2. Je crois qu’on a déjà évoqué, ce super texte.

  3. Oui, oui, il était sur le « Blographic », si je me souviens bien, et je suis bien content de savoir qu’il est de nouveau en ligne. Vu qu’il est super, en effet.

  4. ah, arpenter la V.E.B.E, vision à 360° et par temps nuageux se croire dans une ville perchée en altitude, enjamber la Meurthe et le canal, se casser la gueule en hiver sur le verglas du petit chemin piéton-cycliste, s’y faire fouetter par le vent de la tempête (un tantinet dominatrice la bougresse)…
    La V.E.B.E ? Total respect (enfin pour le moment… on verra après son prolongement through Malzéville)
    Pensée pour le « clochard » qui avait creusé un trou dans un pré, à l’aplomb du parapet, près des Moulins, deriière un muret de jardin et qui vivait là, ermite à la grotte creusée dans la terre meuble maintenue par des carrés de plastique… le trou un jour fut rebouché… me suis toujours demandé si l’ermite avait été enterré là par la force publique, car je ne l’ai jamais revu (barbu, il arpentait les rues de Nancy, barre à mine à la main, drapé dans un grand caoutchouc vert et portait des bottes du même métal… que celui de l’imper pas de la barre à mine bien sûr)

  5. « l’ermite » avait creusé son trou un peu à gauche de votre dernière photo (celle du bas avec les jardins) tapi entre jardins et Meurthe en fait, sous un grand arbre aux branches duquel il pendait ses sacs plastiques où il rangeait son rata et le soustraire ainsi à la voracité des animaux de mauvaise compagnie…

  6. Tiens, je ne l’ai jamais connu cet ermite… jamais rencontré? En tous cas ça ne m’évoque rien. J’ai connu le campement juste sous la VEBE, en contrebas du talus du canal… mais on parle bien de deux établissemets différents?

  7. oui, je pense, le mien (d’ermite) était seul, adossé à un mur d’aglos gris, sous un arbre, entre la Meurthe sortie des Moulins et proche des jardins que l’on voit sur votre 4° photo… il est resté là quoi ? 2 ans ? Je revois son trou sous la neige… c’était quand déjà ? Il y aura bientôt une grosse dizaine d’années ? Je ne me souviens plus bien, je ne me souviens que de ce trou creusé dans la terre, un vrai terrier tapissé de plastique d’où sortait ce type, gigantesque ver de terre humain !

  8. Sacrée image… il y a dix ans, il est possible que je ne me souvienne pas, et plus probalement que je ne le connaisse pas; et puis j’avais pas encore travaillé avec ces gars-là à l’époque, loin de là. Mais il a du connaître du monde, je demanderai tiens.

  9. en parlant de « ces gars là »… au début des années quatre-vingt, une nancéenne (Marie-Ange Beaucé ??) avait réalisé un curieux film (« droit de cité » : http://www.nova-cinema.org/spip.php?article4022) sur les clochards de Nancy… il y avait l’homme de Pixérécourt qui vivait dans un tipi de matière plastique avec les rats, le Johnny « Mirador » qui lui était dans une voiture sur cales, etc, etc. well, well, well… « outre tombe, autres morses » comme dit le croque mort terre-neuva

  10. Ah merci pour la référence… je me la garde sous le coude.

    Y’avait aussi un série de portraits avec recueil de témoignages.

    http://www.tierslivre.net/atel/DdA/index.html

  11. Et Pollu, qui assistait à tous les concerts gratuits dans les grands salons de l’hôtel de ville. Prenait des notes, d’une écriture toute serrée. C’était pas n’importe qui !

  12. Un personnage, oui.

    Et bon.

    Il y a tous les « personnages » visibles. Faut pas oublier tous ceux, invisbles, qui sont en ville. Qui dorment n’importe où, en particulier dansels parkings souterrains. Qui sont très discrets.

    Mais souvent dans une panade subie et -on le comprend un peu- mal assumée…

  13. Je suis à la recherche d’informations concernant le clochard Pollu, philosophe aux caddys, ancien prof de philo qui a tout plaqué. Pour quelles raisons? Ces renseignements me seraient très utiles. Je suis en train de travailler à un roman où il a une place importante.
    Merci!

    1. J’ai effectivement croisé le bonhomme dans ma jeunesse comme maints Nancéiens. J’ai entendu dire qu’il était aujourd’hui en maison de retraite, et toujours en vie, mais je n’en sais pas plus.

  14. Merci!
    Si vous avez des infos à son sujet, je suis preneur.

    1. Je n’en sais pas plus…

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