A Saint Jo…

Retour à Laxou. Le commentaire d’un lecteur me rappelle que j’ai encore beaucoup de photos de l’institution Saint-Joseph, qui a été abandonnée par l’évêché comme un vieux chien galeux, permettant un saccage incroyable des lieux, et la destruction de beaucoup de matériel, sans compter, ce qui me fait le plus mal au cœur, une partie du CDI. Quand j’y étais allé, tout gisait à l’abandon, dans un désordre incroyable. Perdu. Gâchis, assez irresponsable, je trouve. On notera, mais c’est modestement intéressant, que sur l’avant-dernière photo prise de la terrasse, l’immeuble qui apparaît au loin a été habité par mon père quand il était ado.

16 Replies to “A Saint Jo…”

  1. Elle a l’air fondue la savoyarde bénie par le pape, non ?

  2. Huhu.

    Ouais.

  3. St Jo, toute une histoire pour moi…
    D’abord sans St Jo, j’aurais pas fait d’études… D’accord c’était tenu par des frères Cathos, strictes et pas rigolos, mais c’est grâce à eux que j’ai eu mon Bac ! 🙂
    Ensuite St Jo a longtemps abrité une association qui m’est chère: La Société Lorraine d’Astronomie et sa magnifique coupole d’observation. Que de nuits entières à observer le ciel et ses merveilles dans une très grande convivialité… Après les relations avec la nouvelle administration se sont dégradées, jusqu’à l’expulsion….
    C’est une autre vie, mais quel dommage d’avoir laissé tout cela se perdre…
    Merci pour les photos partagées
    Bonne soirée.

  4. Je reviendrai dessus ces jours-ci.

    Ci-joint le lien du billet avec l’intervention en commentaire d’un (récent) ancien de Saint-Jo. Comme je le lui sous-entends ouvertement, ce serait chouette d’illustrer les billets à venir avec des étmoignages d’anciens de Saint-Jo…

  5. De passage sur ce blog j’avais remarqué cet article, la mairie de laxou donne des nouvelles du site de Saint Joseph en page 2 –> http://www.laxou.fr/UserFiles/File/publications/la163.pdf

    1. Merci! J’ai vu ça aussi, mais n’empêche que c’est sympa d’être passé déposer le lien.

  6. Je vais rejoindre Big-Bear pour dire que St-Jo c’était vraiment quelque chose. J’y suis allé de ma 4ème jusqu’à ma 1ère année de BEP. Pourquoi jusqu’à la première année ? Parce que j’ai vécu la fermeture de l’établissement, il y a eu beaucoup de choses de cachées, notamment un arrangement entre le lycée de Bosserville et St-Jo pour garder les portes de notre cher bahut ouvertes. Je peux vous dire que tout le monde à vraiment été jeté comme des chiens galeux, sans établissement pour nous reprendre, beaucoup d’enseignants on perdu leur poste (hé oui c’était privé donc pas de sécurité à l’emploi…), les élèves sans issues de secours, certains comme moi dans l’obligation de changer d’orientation, d’autres qui ont arrêté leurs études.. Bref. C’était quand même sacrément magique comme endroit. On pouvait tout faire, que ce soit de la musique, de l’art, de l’astronomie, du sport, chacun avait son compte et ne pouvait pas s’ennuyer. Je me souviens, c’est grâce à St-Jo que j’ai commencé à jouer d’un instrument de musique, grâce à M. Lerouge, sans lui je n’aurait sans doute jamais commencé la musique. Et les rencontre, n’en parlons pas, tout mes amis avec qui je parle encore maintenant viennent de St-Jo eux aussi. Ce bahut a clairement bousculé ma vie. Mais à chaque fois que je passe devant, je ne peux m’empêcher d’avoir un pincement au coeur, une petite larme, devant tant d’années de bons souvenirs complètement saccagé, détruit, brulé, cassé… A l’instant où j’écris ce commentaire, St-Jo est « envahi » par les roumains. Je n’ai rien contre eux, mais ça fait tellement longtemps que je n’y ai pas remis les pieds dans cet endroit… Enfin vous l’aurez sans doute compris, St-Jo était pour moi, le meilleur endroit sur terre quand on est collégien et lycéen. Merci pour ces photos au passage, même si ce n’est plus du tout pareil que l’endroit que j’ai connu, cela reste tristement magnifique.

    1. Bonjour,

      Merci pour le témoignage. Je comprends bien le genre d’impression que l’on peut avoir, pour l’avoir expérimentée devant des lieux où j’ai passé du temps, voire habité, et qui sont aujourd’hui abandonnés ou détruits.

      J’ai bien conscience de la brutalité de cette fermeture et de l’émotion qu’elle a pu provoquer. Je recueille des témoignages sur Saint-Jo dans un but de « sauvegarde de la parole » dans un premier temps, peut-être dans le cadre d’une publication par la suite. Je vous contacterai par mail, si vous le permettez, pour peut-être pousser avant ce témoignage et éventuellement rencontrer d’autres interlocuteurs parmi vos amis.

      Merci d’avance!

  7. St Jo……..et les personnages redoutés comme Mr Langhor, vous vous souvenez ?! Passage en revue des troupes avant de rentrer en classe, et gare aux bavards ! J’y suis allée de la 6ème à la 3ème, et je n’en garde que de très bons souvenirs. Le site était idéal…c’était une vraie école de vie.
    Je me souviens des randos Nancy-Toul, Nancy-St Nicolas de port, en fin d’année, avec des profs…..Tous ceux qui ont pu dire que St Jo était une école de bigos ne sont pas allés voir. Quel gâchis…très révélateur de notre époque certainement.
    Je n’habite plus Nancy depuis 15 ans, mais je suis une nancéienne dans l’âme….Boufflers, Beauregard, Laxou, la vieille ville, rue sellier, le Blitz des années 90…..VIVE LA LORRAINE !

    1. Chouette, encore un témoignage!

    2. St Jo, moi j’y suis allée de la 6eme à la 5eme.
      je n’avais pas le profil souhaité financièrement et de mon coté j’ai du supporter pas mal de remarques et vexations de la part de bcp d’élèves et même de certains profs. Je ne garde pas vraiment de bon souvenir de cette institution. point positif malgré une éducation à la baguette : les profs ne vous lâchaient jamais et avaient vraiment à cœur de vous voir réussir. Ce que j’ai fait !

      1. Merci, c’est bien aussi d’avoir des points de vue un peu plus négatifs, la nostalgie efface parfois les aspérités…

  8. Quand je vois ce que c’est devenu, c’est bien fait pour eux. J’ai souffert 5 longues années d’internement dans cette « institution », et j’ai le souvenir d’un odieux bonhomme :
    Le frère Bloyer, préfet de la 3ème division avait été surnommé le Boss , ou Boboss , preuve de son autorité incontestable sur les internes qu’il terrorisait. C’était un être faible, lâche mais sadique, foncièrement égoïste, qui n’hésitait pas à user de la force physique et des châtiments corporels pour asseoir son autorité. Il avait l’aller-retour facile et savait vous attraper par les pattes de la coiffure pour mieux vous tirer à lui et vous retourner une paire de gifles magistrale. Il avait aussi une façon de vous malaxer l’oreille jusqu’au sang avec ses ongles qu’il portait longs et acérés. En général, cela calmait les plus téméraires, qui ipso facto devenaient fourbes, afin de ne pas se faire attraper. De combien de coups bas dont il n’a jamais pu retrouver les auteurs a-t-il été victime ! Ainsi, avec Berné, un soir, nous avions craché copieusement dans sa boite aux lettres, dans laquelle il avait l’habitude de glisser la main machinalement pour relever le courrier. Nous n’avons pas pu observer sa réaction lorsqu’il s’englua la main de nos mollards, mais nous avions la satisfaction de savoir qu’il en avait été touché. Vengeance fourbe et aveugle, mais vengeance satisfaite.
    Nous savions aussi qu’il avait des mœurs particulières ; si les frères des écoles chrétiennes faisaient vœu de chasteté, il n’empêche que le Boss emmenait souvent des petits garçons dans sa chambre, afin de les « éduquer » ainsi qu’il le disait. Nous ne savions pas ce qu’il leur faisait, mais le bruit courait que ses marques d’amour refoulées s’exprimaient alors au grand jour. En d’autres temps, il eût été condamné à la prison.
    Il était par ailleurs fanatique de photographie, qu’il développait et tirait lui-même, dans sa chambre noire. Les bruits les plus fantasmagoriques couraient sur ce qu’il y faisait. Certains supposaient qu’il prenait aussi des clichés de ses ébats amoureux avec les petits garçons et qu’il en avait une collection importante.
    Physiquement, il n’était pas bien fort et il cachait son regard de fouine derrière des lunettes à verres fumés, ce qui fait qu’on ne savait jamais bien s’il vous regardait.
    C’était un être abject et dangereux. Je me souviens l’avoir vu torturer un élève qu’il avait mis à genoux sur une règle carrée en fer, parce qu’il avait contesté le parti-pris de Zeffirelli, auquel il vouait une admiration sans borne, dans sa réalisation de Jésus de Nazareth.
    Le soir, il surveillait la cantine des internes, bien installé sur une estrade. Il détestait manger seul, aussi, il invitait soit un de ses frères, soit un jeune éphèbe, choisi parmi la foule des internes, qui constituait alors la proie de sa soirée. Ses rituels étaient aussi nombreux qu’incompréhensibles. Par exemple, il affichait un carton rouge qui indiquait qu’il était interdit de commencer à manger le dessert tant qu’il ne l’avait pas échangé contre un autre carton vert, car il ne souhaitait pas que l’on finisse le repas avant lui, et gare à celui qui s’y risquait. Il nous obligeait à finir tous les plats, quels qu’ils soient. Ainsi, avant de constituer les plans de table— nous étions six—, nous nous assurions d’y inclure un mangeur de tripes ou de langue, que la plupart d’entre nous détestions. Il n’y avait que le poisson pané qui ne trouvait aucun amateur tant il était infect. Pour nous débarrasser de ce plat indélicat, nous enveloppions le poisson dans nos serviettes dès qu’il avait le regard détourné, et nous en débarrassions une fois le repas terminé dans les toilettes, en dessous du réfectoire.
    Le Boss prenait la parole chaque soir, en guise de réflexion ou de prière avant chaque repas, et lorsqu’il voulait demander le silence, il frappait avec son couteau sur une clochette qui trônait sur sa table.

    1. Bonjour et merci beaucoup pour ce commentaire qui jette une lumière crue sur un sujet qui émerge de plus en plus dans l’actualité. La souffrance de ces huis-clos et les conséquences à long terme en font, à mon sens, et d’un point de vue légal, de véritables actes criminels. J’ai espoir que ce récite remonte à fort loin et que le personnage décrit, si l’on vous accorde crédit, n’est plus de ce monde. Et que ce monde parvienne à ne point recréer un jour les conditions de l’exercice de telles tyrannies, là où elles ne sont plus qu’exceptions -mais toujours des exceptions de trop-.

    2. Bonjour,
      Sur la même lignée de ce témoignage, quelqu’un aurait-il des faits à rapporter sur un certain prof d’allemand, surveillant des internes le soir, appelé « le Boeuf » qui pratiquait les mêmes tortues que celles décrites et qui entrainait chaque soir un garçon dans la salle du fond, derrière l’étude, pour lui faire un « cours particulier ». J’essaye d’aider un proche qui a été interne un trimestre à St Jo, un trimestre qui a marqué sa vie au fer rouge.
      Merci par avance pour vos retours.

  9. Bonjour, Merci pour ce témoignage. Quelqu’un aurait-il un témoignage au sujet d’un prof d’allemand surnommé « le Boeuf », tortionnaire, surveillant de l’étude des internes le soir et qui entrainait dans la pièce du fond un élève pour lui faire un « cours particulier ». J’ai besoin d’aider un proche qui a été interne un trimestre de trop dans sa vie, il est marqué au fer rouge, c’était au début des années 80. Merci par avance.

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