La faune du Grand Couronné

Nous sommes à Eulmont du côté de la Compagnie des Ânes. Quelques bestioles du coin, dont une chèvre lorraine endogène. Certain(e)s se demandent comment on les reconnaît? Bah justement, on ne les reconnaît pas, et ça c’est chouette. Parce que la race n’a jamais été « standardisée », les critères jamais posés, donc la génétique, même la old school, ne s’en est pas mêlé. C’est une illustration de cette chance qu’on a de vivre dans une région qui n’attire pas encore trop les projecteurs et les hordes de touristes et de communicants, qui normalisent et adaptent et taillent dans le gras. Notre foutu gras lorrain trop gras. Tout Lorrain conscient devrait arracher les affiches dans le métro parisien, dont le but est de draguer le Parigot sympathique au demeurant en lui vendant du rêve. Alors que nous, ce qu’on a vendre, c’est du gras pas normal, qui ne respecte pas la chaîne du froid ou de la norme, et ça c’est vachement plus cool que du rêve sous blister. Il faut se préserver de la grande concurrence provinciale productiviste. Et il faut aller rencontrer les gars sympas de la Compagnie des Ânes à Eulmont. On notera que l’âne le plus sombre sur la photo du trio m’a un jour planté avec lui, c’était le bel été 2010, au bord d’un fossé. Têtue la bête. Je tirais, il râlait et on ne bougeait plus. J’aime bien les ânes pour le côté chaotique, imprévisible, hargneux et foncièrement improductif, comme Jean Yanne dans ses rôles récurrents. Quand l’âne t’énerve, au moins tu sais pourquoi. Enfin, je dis ça, on était quand même bien content qu’il porte le bât sur le plateau tout le reste du temps.

Allez âne, viens manger les affiches du métro, si t’es un vrai.

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