Les Éparges

Lieu emblématique de la guerre de mines pendant la Première guerre mondiale. Il y en a d’autres, plus ou moins connus, comme à Vauquois, à la Haute Chevauchée en Argonne ou encore à côté de Leintrey. L’idée, c’est de creuser des galeries jusque sous les lignes ennemies et de faire exploser une très forte charge. La tranchée ennemie nous gêne? Eh bien, volatilisons-là! Les cratères sont plus issus de la désagrégation de la cohérence du sol, et donc de la réduction du volume occupé, que par une projection lointaine de matériau. Incluant des humains. Genevoix, encore lui, raconte tout ça très bien dans « Ceux de 14 ». Moins romanesque, tout aussi bien écrit, Pézard en donne quelques descriptions dans « Nous Autres à Vauquois ». Quand la mine a explosé, l’assaut est lancé, et quand on atteint, pas si loin que ça, la lèvre de l’entonnoir face à l’ennemi, on se fortifie, sacs de sable, barbelés, et on repousse les contre-attaques jusqu’à ce que ça se tasse, ou qu’on se replie, ou qu’on meure. On progresse ainsi, avec ce coût pharamineux en énergie, en matériaux, en vies, en désolation, de quelques mètres avec ces techniques, dans des zones par ailleurs totalement verrouillées. Pour preuve, les Français visaient aux Éparges le « Point X », à quelques centaines de mètres de là… et qui ne fut jamais pris. Plus de 70 mines de diverses puissances explosèrent sur cette crête qui n’atteint pas le kilomètre de longueur.

Absurdité? Sans que cela n’enlève rien au drame et aux pauvres hères qui connurent ces événements, oui, ça confine à l’absurdité. Les cratères dans la colline, sont, encore aujourd’hui, au-delà de ce que l’on peut concevoir.

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2 Replies to “Les Éparges”

  1. Terrifiant !

  2. tes photos ravivent les fortes émotions ressenties quand je suis allée à Verdun …

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