De passage à Custines

Moi tu sais pendant longtemps Custines, toute mon enfance en fait, c’était le chemin du mercredi, du samedi ou du dimanche. J’allais avec mon grand-père ou avec mes parents dans la vieille maison pourrie et chouette paumée du côté de Sivry. On partait de Nancy, alors tu vois. On sortait à Custines et on s’arrêtait au supermarché sur la route de Faulx (mais on prenait à gauche à la patte d’oie) parce qu’il fallait bien acheter des choses à manger. Bon, un supermarché, tu vas me dire, c’est pas… hein? Voilà. Mais c’était le petit supermarché de Custines, porte de ces contrées cambrousses où j’ai passé des journées dehors, souvent seul, à faire connaissance avec les limaces, les fourmis, les trucs qui volent plus ou moins gros et les orties dans la gueule. Custines, c’était quitter l’autoroute, et c’était bon signe, c’était signe qu’on allait bientôt traverser la forêt épaisse et mystérieuse avant de redescendre sur Belleau. Qu’est-ce que j’ai pu fantasmer cette forêt, entre sourde inquiétude et fascination désarmante. Voilà, Custines, dernier avant poste avant la Forêt Noire (Mirkwood!) et au-delà l’Erebor. A moins qu’il ne s’agisse de la vallée de la Natagne. Les deux valent le détour.


Quelques images rapides de Custines, de l’avant-poste, ou de la dernière frontière

Bouxières-aux-Dames, tout en bas

Bouxières-aux-Dames, c’est typiquement le genre de coin que tu peux voir mille fois depuis ta caisse sans jamais t’y arrêter. Le genre de coin qui s’est fait balafrer par une autoroute, ou tout du moins une bretelle de celle-ci. Bouxières on en a même modifié le cours de la Meurthe tellement il a fallu rendre tout parfaitement calibré. Ainsi, quand tu arrives de Lay-Saint-Christophe et tous ces coins, pour prendre l’autoroute à Bouxières, au carrefour qui précède la montée sur la bretelle, il y a droite un long creux occupé par des jardins et des taillis. C’était l’ancien lit de la Meurthe. Toutes ces maisons qui surplombent légèrement les jardins entassés contre le talus de la bretelle d’autoroute étaient en fait, auparavant, au bord de l’eau. Les hauteurs de Bouxières sont riantes au loin, sous le plateau luxuriant. On le sait. Moi, j’ai eu envie d’aller voir, pendant ma pause de midi si tu veux tout savoir, à quoi ressemble tout en bas le coin de cette avenue Foch qui rampe en bas de Bouxières, étouffée par l’autoroute voisine.