L’église Sainte-Anne de Beauregard au petit matin

Je sais bien qu’elle est mal-aimée, l’église Sainte-Anne, à Beauregard, en haut de Nancy.

Mais moi, elle a le prénom de ma grand-mère qui habitait pas bien loin, déjà. Ça fait le petit 1 si je ne m’abuse pas.

De deux, et c’est pas un petit deux, en 1956, quand Pierre Prunet la faisait construire sur ses plans, il ne se doutait pas que trois ans plus tard, mon grand-père la photographierait en voisin. Dis donc. Moi non plus je m’en doutais pas, d’ailleurs. Vu que j’étais fondamentalement pas beaucoup né. Je te joins à ce billet la photo du grand-père. Que même, mon grand père a photographié l’intérieur à l’occasion d’un mariage. Qu’on y découvre (vas-y, hé, je te joins aussi) le mobilier super chic en plus.

Alors c’est quand même un deux pas trop mal.

Que trois, quand j’ai compris qu’il y avait un clocher minuscule qu’on ne peut pas voir depuis la rue, je ne sais pas pourquoi, mais tant de soin pour de l’invisible, ça m’a plu.

Que quatre, et fin, tout-à-l’heure quand j’ai repris ma voiture garée devant après une fort bonne journée, j’ai entendu son carillon… qui a les mêmes notes que celui de l’horloge de la maman à mon grand-père qui est chez moi (l’horloge, pas l’arrière-grand-mère, si tu suis…).

Bon, bref, primeur aux deux photos du grand-père, puis aux trois miennes ce matin vers 6H15. Ouais c’est tôt. Pas de repos pour les braves, hein, qu’est-ce que t’veux… au passage, si je ne me plante pas, et rien n’est moins sûr, le bloc qu’on voit sur ma deuxième photo au fond, mon père y a vécu par la suite, à une époque où il ne soupçonnait pas qu’il connaîtrait un jour ma mère, donc mon grand-père, qui prenait les deux premières photos. Si je ne m’abuse, hein, je crois que c’est ce bloc. Mais il saura me corriger au besoin, le paternel, en lecteur averti vaut mieux deux que un que tu l’auras peut-être ou je sais plus comment on dit.

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Ce matin…

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Beauregard

Ah ah, Beauregard. Tout en haut de Nancy, là, près de chez les richards de Buthegnémont, il y a Beauregard. J’ai un genre d’affection pour ce quartier, parce que:

– Mon papa à moi, c’est pas un gangster, mais, eh bah il a habité dans un bloc à Beauregard quand qu’il était un genre de jeune.

– La brocante elle est cool, détendue et bon enfant, vachement moins cul serré qu’à Laxou-village, par exemple.

– Ma maman, elle a joué Roméo et Juliette dans des conditions un peu disco à la MJC du quartier dans la glorieuse seconde moitié des années 70.

– L’institution Saint-Joseph, c’est quand même un sacré terrain de jeu depuis quelques années.

– L’urbanisme y est bizarre, comme il peut l’être dans une cité étrange perchée en haut de Nancy, coincée entre un dénivelé scandaleux, une entrée d’autoroute pleine de sièges sociaux de banques à brûler et un quartier historiquement cossu, le déjà cité Buthegnémont.

– Parce que les jeunes de Beauregard, dans les années 70, allaient déjà draguer les minettes de bonne famille de Buthegnémont en faisant exprès du boucan avec leurs mobylettes pour épater la gueuze et scandaliser le papa bourgeois, ce qui était redoutablement efficace et provoqua bien des vocations de Jean-Pierre Pernaut qui s’ignorent.

– Parce que l’église Sainte-Anne de Pierre Brunet n’est pas si quelconque qu’il y paraît et que en prime une photo prise par mon grand-père Roger Hatier à la toute fin de sa construction en 1956 dans ce billet.

– Parce que ce quartier est au débouché de l’avenue de Boufflers, et que quand tu t’es tapé l’avenue de Boufflers qui monte un peu à pied ou en vélo, t’es amoureux de tout ce qui sera plat à l’arrivée, par défaut.

– Parce que je l’ai un peu découvert en 1997 quand je m’y promenais, curieux, entre mes épreuves de bac, que je passais à Georges de La Tour.

– Parce que c’est moi qui décide, aussi.

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