Champigneulles All Stars

En bas de Champigneulles, y’a les alentours du port et de la gare. Même si en haut de cette petite ville juste au nord de Nancy, y’a des gens chouettes dont il faut séance tenante aller voir le travail ici et , il n’empêche que le bas me fascine. Le bas de Champigneulles, il a le même problème assez chouette à l’oeil que Maxéville: c’est tout étriqué. La vallée de la Meurthe fait comme un goulot, de bouteille de bière, on peut le supposer, étant donnée la présence historique de brasseries dans les deux communes. Mais ce rétrécissement, vu de l’ère glorieuse de la technologie qui va plus vite qu’un cheval (qu’au final on se demande aujourd’hui si c’était une si bonne nouvelle d’ailleurs), ce rétrécissement, il a obligé les ingénieurs à tout tasser la route, le canal, la voie ferrée et même l’autoroute dans ce petit espace, que la Meurthe occupait déjà. Moi, opportuniste, je m’en contente bien, ça donne une densité de motifs qui me plaît vachement.

Alors, visite en pleine canicule du goulot de Champigneulles (où mon arrière-grand-père fit son apprentissage de serrurier dans les années 20), pas toujours glamour, mais à la fois, le glamour, c’est pas vraiment mon affaire.

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Les brasseries de Champigneulles (en 2011)

Eh bien! Si le mouvement des micro-brasseries a fait des tas de rejetons de qualité, faisant en tous cas notre plaisir par sa diversité, n’oublions pas qu’il reste une grande brasserie industrielle en Lorraine, survivante d’une époque maintenant lointaine où elle étaient nombreuses. Champigneulles tourne toujours, se reflète toujours dans les eaux de la Meurthe, et pas de la Moselle, comme l’expliquait pourtant de manière ostensible et pathétique à ses camarades un vieux bourgeois parisien dans le train ces derniers jours.

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Quand je reviens de Nancy (et du Faubourg…)

Le Faubourg des III Maisons, et plus encore la rue Vayringe, c’est mon quartier, c’est comme ça, même si je n’y habite, c’est encore mon quartier, celui que je me suis choisi il y a huit ans. Quand je repars, pourtant, les jours de belles lumières, je suis aussi content de retrouver ma rue toute calme, comme j’aimais entendre les voitures rue Vayringe. Je suis un schizophrène de l’habitat.

Faisons la route ensemble, comme on dit à la radio locale.

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Le long de la Meurthe au nord de Nancy

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Moi je suis à Champigneulles. Je suis les brasseries de Champigneulles, et je refais même de la bière qui s’appelle Champigneulles comme la Champigneulles d’avant dis-donc…

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T’as vu? Je suis même une brasserie au bord de l’eau.

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Moi je suis la zone alluviale sous Pixérécourt. Quand on me fait pousser des trucs dessus, je te dis que ça dépote. Sauf quand je m’inonde. Mais bon. Faut savoir ce qu’on veut. Dans le fond, c’est la Fourasse, qui se dresse comme ça, éperon barré pleine de Celtes. Et au milieu, on dirait pas comme ça, coule une rivière. Donc.

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Moi je suis la vue au sud depuis la passerelle du Moulin Noir, sur la Meurthe, en bas de Bouxières-aux-Dames, sur les terres cossues de Lay-Saint-Christophe. A mon pied, quand il était gosse, Dadu Jones venait se baigner et chercher des fossiles. Même que en 2010, il est revenu se baigner là. Et comme quand il était petit, il était beaucoup plus sale et puant en sortant de l’eau qu’en y entrant.

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Et là, je te montre comme je suis une passerelle qui déconne pas. Je ne sais pas trop ce que c’est une passerelle qui ne déconne pas, mais puisque Dadu Jones me fait écrire ça, c’est sûrement que ça a du sens.

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Et moi, je suis Lay-Saint-Christophe dans le fond. Parce qu’il faut bien remplir le fond.