Metz, la crainte suave

La cathédrale de Metz, elle est sombre. Vraiment. C’est d’ailleurs pour ça que je l’aime. T’as le poids des ans. T’as l’impression qu’elle est construite sur un ancien cimetière indien (ou médiomatrique, allez, comme quoi l’acculturation a des limites), et qu’une drôle de malédiction plane dessus. Et c’est vrai partout à Metz. Metz est ancienne. Nancy fait sa fringante moderne (à peine plus de mille ans, c’est une bacelle de l’année!), avec son École et sa pierre blanche… mais Metz est tapie, obscure, Jaumont lui donne sa teinte mate, un peu hostile… mais avec assurément plus de musc, plus de rugosité, plus d’histoire(s), plus de peines.

C’est la vision subjective que j’ai de Metz, où je ne me sens jamais vraiment chez moi, moins qu’à Strasbourg, ou Sarre-Union, ou Saint-Avold… Metz, j’ai une drôle de relation avec, plus qu’ambigüe, Metz me fait un peu peur, Metz m’inquiète, et Metz me fascine. Metz est une ville de vampires (Nancy est une ville de poneys). Metz, ça me débride l’imagination avec une puissance savoureuse, aux confins de la lumière et de l’ombre. Metz est gothique dans ses tripes saturées, Nancy est classique dans sa permanente frivole.

Metz c’est une ville rôlistique.

Et c’est tout.

Et tout ça culmine dans la cathédrale.

Cette obscurité qui attire, attire, attire, celui qui en a peur.

Oui, oui, c’est moi.

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