Sainte-Geneviève, sortons du village

Enfin c’est pas obligé non plus, on peut y rester. Je ne connais personne à Sainte-Geneviève, mais il doit bien y avoir des gens sympas avec lesquels boire des coups et manger des navets. Statistiquement c’est presque obligé.

Mais quand même. Sainte-Geneviève est un village perché sur sa colline, qui a le bon goût de dominer la vallée de la Moselle. Et aussi la centrale électrique de Blénod-lès-Pont-à-Mousson, majestueuse comme pas deux. Elle ruine la vallée, mais elle est majestueuse. C’est comme ça, ça serait trop simple si c’était pas compliqué dans ma tête. Mais ho, on va remonter sur la colline et sa belle vue. Sainte-Geneviève, quand tu en sors dans l’axe de la crête, il y a un chemin. Et sur ce chemin, outre le fait que ta vue porte par-dessus la rive gauche de la Moselle vers les hauteurs du Toulois qui moutonnent avec leur talent habituel dans le couchant, tu croiseras un terrain de foot en pente, un monument aux défenseurs du Grand Couronné avec des panneaux pour t’expliquer comment ça a flippé sa mère côté français sur cette colline coupée du reste du front fin août 1914 et même un petit belvédère pour regarder vers l’est, de l’autre côté. Parce que la vallée de la Moselle c’est bien, elle fait sa belle genre regardez-moi je suis une vallée de la Moselle avec des tas de clins d’œil déplacés, mais il y a aussi à voir vers la Seille et sa vallée qui se prend pour une plaine. Bon, vers le nord-est tu auras aussi non loin la butte de Mousson. Non négligeable. Ah aussi si tu pousses un peu, tu passeras sous la blinde de pylônes assez fascinants soutenant les lignes à haute tension qui escaladent et franchissent la colline depuis la centrale électrique sus-citée. C’est bien hein?

Ouais c’est bien Sainte-Geneviève.

D’ailleurs on y reviendra.

C’est pas tout ça mais…

… le Festival de chant choral arrive doucement à son terme, et il est temps de faire une pause. Juste dire que j’ai entendu d’autres choeurs entretemps, et que les Biélorusses, mazette, ils se promènent gentiment devant tout le monde. C’te tuerie, toi.

Sinon à force d’aller à Loisy plusieurs fois dans la semaine, bien entendu, je reste à chaque fois pantois devant la vieille centrale électrique de Blénod, là-bas, de l’autre côté de la vallée.

Ça nous fait une série, dis-donc.

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Vues depuis la butte de Mousson

Tu viens de passer une journée dans une région industrielle sinistrée, à patauger dans des ruines, et même à fréquenter de trop près de l’amiante gavée d’eau, improvisant avec ton camarade de promenade qu’en Lorraine, on est des vrais hommes, quand y’a pas de neige, on fait des batailles de boules d’amiante, que c’est ça l’humour lorrain. Mais quand même, ça te pèse un peu, et puis tu as eu le malheur d’écouter un peu la radio dans la voiture et d’apprendre une fois encore qu’en ce moment dans ton pays y’a des embouteillages de connards qui parlent sans tourner ne serait-ce qu’une fois leur langue dans leur bouche de braquages, d’Arabes et de Rroms à longueur de journée, rendant difficile la circulation des idées. Tu as une sorte de coup au moral, et en plus tu as encore vu passer sur le bord de l’autoroute la centrale électrique de Richemont mutilée, amputée de ses cheminées, parce que les hauts-fourneaux ne lui fournissent plus de combustible, parce qu’ils sont fermés.

Alors tu quittes l’autoroute, et tu grimpes prendre l’air à la butte de Mousson, parce que, à la butte de Mousson, c’est bien. Tu regardes vers l’Est et la douceur tranquille de la vallée de la Seille, ou tu regardes vers le Nord et l’Ouest, et à tes pieds la vallée rumine, la centrale électrique de Blénod-lès-Pont-à-Mousson, les fonderies, l’A31, le TGV et Pont-à-Mousson, mais c’est un peu loin, ce n’est pas grave, c’est mieux, même, tu es un peu haut, et tu peux te laver en partie des scories. Être « au-dessus de la mêlée », quelques temps, c’est possible à Mousson, et réparateur, être au-dessus de la mêlée pour mieux y redescendre et foutre ses mains dans la merde comme tout le monde, parce que je suis pas bouddhiste non plus, ho, faut pas déconner.

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Un joli soir à Loisy

J’allais à la rencontre (heureuse) des Hurteloups. Et tu sais quoi? Ils répètent juste à côté de la centrale de Blénod, le soir. Au bout du parking, c’est comme si on pouvait la toucher. Sauf que si tu tends un bras, un trente huit tonnes lancé à fond les ballons sur l’A31 te l’arrache. A une époque je jouais à un jeu de stratégie en ligne. Un gars qui intervenait toujours tard dans la nuit m’intriguait, il avait l’air de connaître le coin. Oui. Il travaillait de nuit à la centrale pour quelques mois, et s’y emmerdait d’ailleurs copieusement. D’où le jeu en ligne. Il me racontait que son Sud lui manquait. Bon, bah moi ça m’a marqué, ça. Voilà.

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En arrivant à Loisy (non, je ne fais pas de pub pour Adlersberg. Je ne sais même pas ce que c’est, tiens)

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En quittant Loisy, deux heures plus tard.