Le(s) collège(s) Verlaine à Malzéville

Ces photos ont pas mal d’années, et ont été prises avec un petit compact. Mais quand même, je voulais vous montrer ce collège, perché sur les hauteurs de Malzéville, non loin de la Côte Rôtie. Ce collège qui a un moment a été double: au fond de la cour du nouveau collège, restaient les bâtiments inoccupés de l’ancien collège. Autant dire une cible à caillasse d’une taille respectable. Et de fait, à proximité des grillages les vitres avaient été salement démolies par les juvéniles locaux, que ce soit depuis le nouveau collège au grand dam de l’équipe locale qui, comme dans tous les établissements, ne peux avoir des yeux partout, ou depuis l’extérieur, voire en s’y introduisant sournoisement les dimanches à la con où ton emmerdement se mesure au nombre de vitres que tu défonces.

C’est une ambiance curieuse d’avoir ton vieux collège mort au fond de la cour de ton nouveau collège. Enfin, je suppose… en passant, nouveau collège assez bien branlé, avec des solutions intéressantes trouvées par les architectes pour gérer la forte pente, et quand même poser là un gros bâtiment qui doit être fonctionnel. A part peut-être un grand escalier qui doit foutre des sueurs froides aux adultes en cas de bousculade.

Allez, place aux vieilles photos avec un vieil appareil de qualité discutable.

 

Le foyer du collège Jean Lamour peu après sa fermeture

Le vieux collège Jean Lamour, boulevard de Scarpone à Nancy, a fermé ses portes il y a un moment déjà. Il n’existe plus. Il a disparu. On ne sait pas trop ce qu’il s’est passé. Quelqu’un est parti avec, il a décidé d’aller prendre sa retraite en Polynésie, va savoir (mais ne reviens pas trop tard et pense à ramener du Picon et des bières). J’ai eu la chance de le visiter l’été qui a suivi sa fermeture. Mais depuis, hop, il est parti. On en construit un nouveau à sa place. Un nouveau Jean Lamour. J’aime bien me dire que j’ai des photos à montrer du fantôme qui est là, invisible et inconsistant, à travers le nouveau bâtiment qui sera bientôt terminé. Une ombre qui ne passera pas.

Quelques photos de l’intimité du foyer des élèves du vieux Jean Lamour, tiens, pour illustrer ça.

Sur les hauts de Villers-lès-Nancy

Quand j’étais môme, j’habitais en bas. Les quartiers récents dans le marigot. Si tu crois que j’en rajoute, je te dirai que l’un de mes grands-oncles n’a pas failli se noyer pendant la guerre pour rien, au carrefour entre l’avenue de la Libération et le boulevard Cattenoz. Car oui, on pouvait se noyer à cet endroit à l’époque, même si aujourd’hui, ce serait un sacré défi. Quoique, quand il pleut très fort, comme lors de cette nuit hallucinante du 22 mai 2012, le carrefour se retrouve immergé et devient une gigantesque flaque. Y’a pas de hasard. Mais alors. Moi, en bas, dans le marigot, j’allais à l’école d’en bas, et plus tard au collège d’en bas. C’est comme ça que pendant très longtemps, pour moi, Villers, c’était un tout petit quadrilatère compris entre l’avenue de la Libération, le boulevard Cattenoz, l’avenue de Brabois et le boulevard d’Haussonville (ce dernier étant déjà à Nancy). Voilà, ça se limitait à ça. On ne montait pas souvent sur les hauts. On n’avait pas la moindre raison de le faire. J’avais bien un copain qui vivait sentier de Hardeval, mais pour moi, c’était ailleurs. Un autre rue des Coteaux. Bon, à la limite. C’est rigolo les représentations qu’on a quand on est môme. Maintenant, je sais que le haut, c’est la même commune que le bas. Oui. Même si ce n’est pas du tout le même endroit au demeurant… Nancy et ses histoires de côtes et de plateaux…

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Frouard: le collège Jean Lurçat

Un jour y’a longtemps, c’était la grève. Dure, et tout. Avec des coupaings, on avait été faire de la retape dans plusieurs établissements de l’agglomération, pour discuter avec les collègues de leur situation et voir où ils en étaient. Souvent on voulait pas trop nous laisser rentrer, vu que quand des pas chefs se mettent à parler entre eux, ça fait peur aux chefs. Comme quoi il leur faut pas grand chose. Alors on rusait, et on a pu rencontrer des collègues. A Lurçat par exemple. Chez le tapissier, Jean Lurçat, hein. Le nom du collège. Pas son frangin André Lurçat, l’architecte délingos intégriste que j’aime vraiment bien, qui est mon bon copain. Bref, de ce collège où à l’époque la situation était d’ailleurs visiblement vraiment limite et le service un peu compliqué à faire fonctionner, je me souviens aussi d’un endroit vieillot un peu, mais charmant beaucoup. Y’a pas que la militance bon teint dans la vie, y’a aussi ce que voient nos yeux en même temps.

Ce collège, il est cool à voir. Il sent fort les années cinquante, avec son style « institution ». Il s’accroche avec ambition dans la pente. Avec des solutions marrantes dans la cour étagée pour compenser ce farfelu relief de côte. Il se trouve d’ailleurs sur le site de l’ancienne école et hôtel de ville. Ces anciens bâtiments ont été ravagés par l’explosion du dépôt de munitions qui s’y trouve alors. Nous sommes dans la nuit du 30 août au 1er septembre 1944, et les soldats allemands balisent grave, ça sent la retraite précipitée. Les gaillards font sauter le dépôt en pleine nuit et prennent la poudre d’escampette. D’ailleurs, sur l’événement et ses dégâts dans la ville, avec photos à l’appui, on ira faire un tour ici.

Le collège Lurçat, j’aime en particulier ses fenêtres allongées légèrement asymétriques pour cause de rue en pente. Des fenêtres comme dans la cage d’escalier des greniers de l’usine Lerebourg à Liverdun, ou du tout voisin Théâtre Gérard Philippe de Frouard. Qui a une programmation chouette, en passant.

Donc, nous voici à Frouard avec notre école toute cassée. Le collège Lurçat sera entamé en 1949, et l’inauguration aura lieu en 1952. Le site du collège, avec sa partie historique sympa à laquelle je me réfère pas mal, nous indique comme architecte un « Vallin de Nancy ». Nom de dieu! Un Vallin! En 1949! Est-ce un fils du grand Eugène? Bon bah en tous cas, il a fait du joli boulot.

Toujours est-il que voilà, je l’aime bien ce collège. Pour sa gueule. Après… ça vieillit bien un bâtiment comme ça? Comment sont organisés les sous-sols avec une telle pente? Le terrain est-il bien stable? Des infiltrations d’eau, ça s’envisage, non? Bref, des questions pratiques qui touchent ceux qui y étudient et travaillent que je me pose tout de même…