De Gérardmer à l’Alsace en passant par le Grand Ventron

Au début je pensais y aller en licorne ou en bateau, mais au départ de Gérardmer, pas de service de licornes, et ça m’arrange, la licorne c’est tape-cul comme c’est pas permis, je suis pas pour. Même si ça fout un doute sur le niveau de services de cette ville, je lui mettrai pouce moins caca boudin sur Trip Advisor, le site des petits chefaillons délateurs consommateurs.
Bon bah en bateau, alors. Mais il se révèle que le bateau à Gérardmer manque d’audace et se limite à faire le tour du poulailler, petitement.

Alors quoi? Après avoir mangé à la Gérômoise, et bien mangé à vrai dire, il a fallu se rendre à l’évidence. Le voyage serait long. Il fallait donc prévoir une étape à la ferme-auberge de la Petite Chaume au Grand Ventron. Ambiance morose de restrictions sanitaires qui paraissent tellement étranges dans un endroit comme ça. Ambiance morose d’un personnel en fin de saison, mais sympa, chambres dans leur jus mais suffisantes, bouffe copieuse. Y’a eu débat sur où c’est qu’on mange le mieux tout ça. Certains de mes camarades plébiscitèrent cette ferme-auberge, moi un peu moins même si c’était fort honnête. Mais j’avoue que pour moi, rien ne remplacera la tourte ou le potage de légumes de l’auberge de Huss. Le soir, au milieu de la montagne, la fenêtre ouverte sur la nuit noire malgré la fraîcheur, une nuit parfaite.

Le lendemain, montée au Grand Ventron, tour par le Petit, puis retour à la ferme-auberge. Le Grand Ventron est un sommet accueillant et fastoche, et la balade qui relie le Petit Ventron est bucolique et aisée. Au Grand Ventron, tu peux aussi décider de redescendre vers la vallée de la Thur et Kruth (l’endroit est fameux, je le conseille) via les cascades du Bockloch. C’est bien plus raide par là-bas, mais ça vaut le détour. Comme le groupe comptait des compères et des commères à l’âge canonique, et aussi une enfant aux courtes jambes, les brèves balades et les retours rapides furent de mise. Et l’usage de voitures. A ce moment, le groupe se sépara. Ceux qui franchissaient la Frontière pour pénétrer en catimini en Alsace, et ceux qui renonçaient, préférant retrouver le confort proverbial de leur Meuse, de leur Moselle ou de leur région nancéienne (y’a autre chose que Nancy en Meurthe-et-Moselle? Ah bah première nouvelle!). Moi, vous me connaissez, j’ai pas hésité, l’aventure ça me connaît, j’écoute de la K-pop, j’ai peur de rien, autant dire que l’Alsace pour moi c’est une promenade de santé. Ainsi j’allai me taper la ruche à Steinbach, à côté de Thann, en buvant de la bière faite dans le garage de mes hôtes. Ça s’est terminé à l’Hirnlestein avec une vue sur la plaine d’Alsace.

Puis, ce fut le retour en Lorraine, le pays des gens qui causent normal. En toute objectivité.

Le récit en images, comme on dit dans les rédactions à court d’inspiration

Making of

Les photos des photos de la mise en abîme du futur des prises de vues des tissages de Cornimont, que vous avez déjà vues chez moi, et que vous verrez sûrement bientôt chez Güt’ (Scraps of the World) et Xophe (L’Exil), je suppose…

Merci messieurs…

(photos du 3 août 2010)

Tarkovski dans les Vosges

En 1979, monsieur Tarkovski réalisait en Union Soviétique dans des conditions complexes un sacré film. Stalker. Dont on s’est inspiré très librement il y a quelques années pour un jeu, S.T.A.L.K.E.R., de fort bonne facture ma foi. On ne croirait pas comme ça, mais ces éléments d’ambiance, je les retrouve un peu à Cornimont. Dans les Vosges. Il y a un supermarché. Dans l’enceinte d’un tissage rasé. Et si on fouine un peu en suivant les siphons qui traînent encore, oh! Le sous-sol du tissage existe toujours sous le supermarché, ou peu s’en faut. Et on y entre comme dans un moulin, après deux trois contorsions humides (j’me comprends). Pas même une pancarte de danger attention risques mourir périls pièges privé. Dans les Vosges, faut croire que chacun doit assumer. Et c’est tant mieux. Le lieu est beau, suinte de tous les côtés, des tas de matériel entassé, rouillant, pourrissant, sans intérêt pour un pilleur, mais ô combien précieux pour nos yeux, nos imaginations et nos objectifs… mes camarades et moi y avons passé, dans cette unique grande pièce, une bonne grosse heure plutôt silencieuse, entre contemplation et réglages photographiques acrobatiques…

(photos du 3 août 2010)

Les anciens tissages de Cornimont

Mais pour tout dire, des tissages, y’en a eu tellement dans le coin… quand on parle de la Lorraine industrielle, on se voit tout de suite dans le Pays Haut, à Villerupt, à Auboué, à Longwy… on oublie les Vosges, et leur souvent précoce industrie du textile (qui a fait tellement de mal aux rivières…). Le textile, c’est moins spectaculaire qu’un haut fourneau. Mais dans les vallées de Ventron, de la Moselotte, de Saulxures à La Bresse, ça grouille de petits établissements dans tous les coins, la plupart à l’abandon, ou menaçant ruine. Parfois déjà rasés. Ici, nous sommes au Faing, à Cornimont, juste au nord du centre de la ville, sur la route de La Bresse. Mes camarades et moi sommes restés en arrêt devant ces bâtiments perdus dans la montagne. Le gros bâtiment au bord de la route semble en bon état, mais la halle qui l’épaule (et qui soit dit en passant est à vendre, mais bon courage…) voit son toit bien effondré sur une importante surface… un lieu que je rêve de visiter plus amplement… et tout ce qu’on pourrait faire là d’dans!


(photos du 3 août 2010)

Sous le col du Brabant

Du côté de La Bresse, on trouve le col du Brabant, qui via Xoulces, vous fait redescendre sur Cornimont par des chemins détournés. Au nord-est du col, juste sous la Tête des Corbeaux, on trouve les écarts de La Bresse, accrochés aux pentes, et qui portent des noms vosgiens charmants, comme je les aime. Les Bouchaux, le Pré Martine, le Pré Golet, Le Calvaire, La Besonfaing, au milieu desquels les « Gouttes », ruisseaux de ce coin, se frayent un délicat passage. Les photos sont prises des hauteurs de la Basse des Feignes, au lieu-dit « La Truche ».

Sur le même sujet, je signale les messages de Nägut’ ici et même ici. Avec du rab’ chelou ici.

(22 mai 2010)