Retour à Remiremont pour vérifier cette histoire de cercueil

Je passe juste un petit billet sur Remiremont et son église, parce que, il y a quelques temps, un lecteur averti me demandait si le cercueil de la bienheureuse Alix y reposait toujours. On verra en fin de billet une photo pas formidable, mais qui servira d’illustration: oui, il est toujours en place!

Je fais référence à ce billet (allez voir dans les commentaires, il y a quelques liens très instructifs…).

En tous cas, par ce temps, la crypte de l’église Notre-Dame est un endroit dont la fraîcheur est salutaire.

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Dans la crypte du prieuré de Blanzey (Bouxières-aux-Chênes)

Même par temps caniculaire, la crypte du prieuré de Blanzey reste toujours fraiche, peuplée de vampires limaces qui entrent par les fenêtres enterrées qui autrefois devaient ouvrir sur la vallée. On y descend par un escalier bancale, étroit, bas, glissant et éclairé de peu. Que cela ne change point est souhaitable: l’endroit gagne à rester relativement confidentiel.

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Chapiteaux verdunois

Verdun. Ah, en voilà une petite ville lorraine que tout le monde connaît. Les mêmes raisons qui la rendent célèbre l’ont aussi bien abîmée. Y compris sa cathédrale. Mais en l’occurrence, on va parler de la crypte, et la crypte, rien à voir avec la guerre mondiale chapitre 1, elle a été comblée au XVIIIe pour être restaurée entre 1920 et 1935. Bien sûr, les délicates colonnes originales ayant été détruites, de nouvelles ont été façonnées, avec des chapiteaux du normand Gaston Le Bourgeois, remarqué à l’exposition internationale de 1925. Les thématiques sont assez évidentes quant à l’histoire récente de la ville, victime au premier chef comme toute la région des ravages de la Première guerre mondiale.

Le prieuré de Blanzey

Si tu es rôliste, ou si tu aimes l’histoire, ou si tu aimes tout simplement les « vieilles pierres », ou si tu aimes le calme, ou si tu es porté sur la méditation, ou si tu as de l’imagination, ou si tu aimes les enceintes, ou les cryptes, ou les chapelles, ou si tu aimes le Grand Couronné, bref, si tu es comme moi (fastoche, hein?), tu aimes le prieuré de Blanzey. De toutes manières c’est un ordre.

Alors comme tu as un air chafouin, je le sais, ne nie pas, je suppose que tu te dis: « qu’est-ce que c’est encore que ça, là, son prieuré de Blanzey?« . D’abord je te ferais remarquer qu’il n’est pas à moi. Ensuite, j’en ai déjà causé. Aujourd’hui, je me concentre un peu sur la chapelle de ce bel ensemble qui se trouve sur la commune perchée de Bouxières-aux-Chênes. Le clocher et le chœur du prieuré, ils sont du XIIe siècle. Ça en impose. Les ouvertures de la nef sont du XVe. La façade est classique en diable, ce qui est fort peu à propos pour une chapelle.

Moi je ne te ferai pas un historique, vu que d’autres l’ont fait, et qu’un doublon est toujours inutile. On ira chez monsieur Jouaux pour en savoir plus. Pensez bien à aller en bas de chaque page sur son site, il y a le lien vers la suivante. Vous rateriez l’essentiel. Je te vouvoie? C’est le concept humain en toi que je vouvoie. Détrompe-toi.

Moi, je me bornerai à te dire que si j’avais voyagé par ici pendant la guerre de Trente Ans, par exemple, en sachant que des bandes de Suédois, au hasard, étaient en maraude dans le coin, à la nuit tombante, j’aurais sûrement été soulagé de voir là-bas, perché, le prieuré, et d’aller y demander l’hospitalité pour la nuit. Par exemple. C’est ça qui se passe, avec le prieuré.

Je te raconterai comment on tombe en amour avec lui, à moins d’être insensible de la pire manière, quand on découvre pour la première fois le lieu. Quand on observe avec délice la simple ordonnance de la chapelle, rustique et évocatrice. Tiens, tu sais quoi? Faut faire un tour sur la Base Mérimée, pour trouver une photo de l’aménagement antérieur. Que même si tu cliques sur la photo, elle est dispo en un peu plus grand.

Je ne t’offrirai pas des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas, vu que ça doit coûter un œil, mais je te raconterai que quand tu descends dans la crypte, bah tu te sens tout con, avec l’escalier inégal où on ne tient pas à un de front (en fait si, mais la formule me plaisait), et ce sol, en bas, en terre battue, cette odeur d’humidité chlorophyllienne, ces limaces qui font des concours lents de stock car sur les murs, avec toutes le carbu de bave qui fuit, qu’un harmonica y sonne avec joie, et que les chapiteaux y sont moins délicats que dans le chœur, mais c’est normal vu que tu es dans un monde souterrain peuplé de vampires.

Je te dirai que ce matin c’est la dame d’en face qui est sortie de chez elle en robe de chambre pour nous ouvrir, en nous voyant devant, vu que d’habitude c’est son mari mais qu’il est malade et qu’elle se sent responsable. Je l’en remercie ici vivement. « On se dit tous les jours que c’est un bonheur de vivre ici alors on en fait profiter« . Qu’elle a dit.

Et pour profiter, ça profite, et c’est tant mieux.

Bientôt j’habiterai pas bien loin. Alors des photos du prieuré, t’en auras beaucoup d’autres. Sauf si le chaos s’empare de moi, ce qui est régulier, et qu’en fait non.